Economie circulaire, recyclage et réparations

Les initiatives à découvrir

Une recyclerie oui, mais une recyclerie sportive

Recyclerie sportive de MarseilleObjets, vêtements… les recycleries ont une double vocation, économique et environnementale. A Grenoble, au n°3 de la rue Raoul Blanchard, l’association La Recyclerie Sportive a ouvert les portes de sa boutique en août 2022, proposant des équipements sportifs de seconde main à très bas prix, favorisant à la fois le recyclage du matériel (estimé à seulement 2% jusqu’à présent) et l’accessibilité de la pratique sportive. Pas moins de 50 disciplines sont ainsi représentées, chacun pouvant amener du matériel qu’il n’utilise plus, lequel est alors vérifié et au besoin réparé. Ce n’est pas tout, un atelier de co-réparation doit voir le jour, réfléchi de manière participative avec les habitants du quartier. Chacun pourra y trouver des pièces détachées, des outils, et bien entendu de bons conseils pour entretenir et réparer son matériel.

Fondée en 2015, l’association La Recyclerie Sportive milite pour le « sport zéro déchet ». Sur le modèle d’Emmaüs, elle a déjà ouvert des locaux à Paris Bessières, Massy-Palaiseau, Boulogne-Billancourt, Roubaix, Marseille Bougainville et Lyon La Duchère.

Crédit photo : Recyclerie sportive Marseille

GRENOBLE (38) – N°513 – 2022

A la Maison des objets de Vayres, on échange plutôt que de jeter

« Donnez – Prenez – Recyclez » : en Gironde, le syndicat mixte de gestion des déchets de Vayres a installé une Maison des objets au sein de la déchetterie. Les habitants des environs y déposent des objets ou des matériaux dont ils souhaitent se débarrasser, mais qui peuvent encore être utiles à d’autres. Le local où le petit électroménager côtoie du matériel informatique, des affaires de sports, des jouets, etc., est devenu une véritable caverne d’Ali Baba. Les objets y sont classés selon leur état, de « Comme neuf » à « Pour les bricoleurs », et trouvent ici une seconde vie. Un préau accueille de son côté les gros volumes de matériaux (carrelages, huisseries…) et le mobilier. Enfin, des zones de gratuité sont installées au sol pour la récupération de bois, de végétaux, de gravats, etc. 

Pas moins de 218 000 habitants de cette région de Haute-Gironde sont ainsi susceptibles de venir déposer ou récupérer des objets, il leur suffit de présenter leur carte d’adhérent du Smicval Market, qui est gratuite. 

L’installation de 5800 m² a nécessité un investissement de 1,7 millions d’euros, mais le jeu en vaut la chandelle : le volume d’échanges annuel représente 1000 tonnes de ce qui était hier considéré comme des déchets. Au final, une diminution de 60% de l’enfouissement des déchets et pas d’augmentation de la taxe ordures ménagères pour les habitants ! 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de ce Smicval Citoyen – profitez pour jeter un coup d’oeil au blog, plein d’informations utiles. 

VAYRES (33870) – n°404 – 2021

Troc ton truc, l'anti-gaspi du Val de Drôme

Impossible de rater ce container coloré lorsque l’on arrive à la déchetterie de Loriol, dans la Drôme ! Voici Troc Ton Truc, un lieu géré par des volontaires en service civique, qui expliquent aux habitants le pourquoi du comment de l’endroit. Effectivement, le container, acheté en 2014 par la communauté de communes du Val de Drôme (pour 5000€) a été aménagé avec des rayons afin que chacun puisse devenir déposer ou récupérer des objets en bon état. 

Au final sur la seule année 2020, malgré le confinement, 1 000 tonnes d’objets ont été déposés, 900 kg ont échappé à l’enfouissement et trouvé une nouvelle vie.

En parallèle, la CdC a installé la Caverne de l’entraide dans la commune voisine de Livron-sur-Drôme. Ici, les objets destinés à équiper des logements sont déposés par des particuliers, revalorisés, puis distribués à des personnes en situation de précarité.

On vous le dit en Val de Drôme : « Trier et recyler, c’est facile »

LORIOL (26270) – N°409 – 2021

Un atelier apprentissage et réparation vélo, activité écologique et fédératrice

Atelier de réparation vélo à StainsUn atelier vélo baptisé Bicyclo, ouvert au public les mercredis et samedis, est géré par la Régie de Quartier de Stains (93) sous forme de chantier d’insertion comprenant 10 postes. Une activité écologique, novatrice pour les Régies et fédératrice pour le quartier. Les habitants y sont invités à venir réparer eux-mêmes leur vélo.

Côté budget, l’activité repose sur les aides aux postes des salariés en  insertion (60%), le marché public de distribution du journal municipal assuré à vélo (25%), une subvention de Plaine Commune et un soutien du Contrat de Ville. Comme les moyens ne sont pas suffisants pour une activité uniquement centrée sur le vélo, la Régie doit trouver des financements alternatifs.

La Régie ne manque pas d’idées pour développer cet atelier, qu’elle couple d’ailleurs avec d’autres séances de réparation, de jouets ou d’appareils électroménager par exemple. Elle participe à la sensibilisation des enfants, afin qu’ils n’abandonnent pas la pratique du vélo à l’adolescence, et développe des cours pour adultes, en direction notamment des femmes immigrées, qui n’ont souvent pas appris à faire du vélo.

D’une manière plus générale, les ateliers sont le support d’actions pédagogiques autour des questions de développement durable en milieu urbain, d’actions de sensibilisation à la pratique du vélo, et d’accès à la mobilité, mais ce sont aussi des temps de rencontre et de convivialité dans un quartier en plein renouvellement.

STAINS (93240) – N°215 – 2017

Ecoreso Autonomie rend accessible le matériel médical en le reconditionnant

L’accès a du matériel médical est un élément essentielpour permettre à de nombreuses personnes en perte d’autonomie de rester à domicile et de vivre mieux, qu’il s’agisse de personnes âgées devenant dépendantes, d’accidentés du travail ou d’enfants handicapés. 

Des SCIC se sont mises en place au niveau de plusieurs départements, à l’initiative d’EcoReso Autonomie, basé dans la Manche, pour réparer et reconditionner du matériel médical. Les matériels sont remis à neuf et bénéficient d’une garantie. Ils sont ensuite revendus ou prêtés, par exemple en sortie d’hospitalisation ou en attente de financement, à des prix inférieurs à ceux du marché et en fonction du revenu des utilisateurs.

Les solutions apportées par EcoReso Autonomie dans ce domaine crucial de l’aide technique à l’autonomie sont multiples et diverses, des fauteuils aux téléphones adaptés et aux jeux pour enfants. La coopérative propose un suivi à distance et des formations par un ergothérapeute pour l’utilisation du matériel et pour s’assurer qu’il correspond bien au besoin.

Ces initiatives contribuent à l’économie circulaire dans un domaine stratégique face à l’explosion de la dépendance, tout en permettant aux personnes d’avoir accès à la santé et de rester acteurs dans la cité.

MANCHE (50) – N° 365 – 2021

Envie autonomie propose également du matériel médical recyclé

Envie Autonomie qui fait partie du réseau ENVIE, recycler également du matériel médical pour le rendre accessible à tous ceux et celles qui ont des difficultés à s’équiper. Le matériel est distribué sur toute la France, avec 12 sites d’accueil :  Angers – Rennes –  Nancy – Strasbourg – Saint-Etienne – Lyon, La Roche-Sur-Yon, Nantes, Montbéliard –  Niort – Alençon – Evreux,  et bientôt Saint Brieuc – Bordeaux – La Rochelle – Reims.

L'Atelier d'éco solidaire valorise les vieux objets à Bordeaux

La recyclerie créative de Bordeaux est implantée dans un quartier prioritaire afin de faciliter l’accès aux meubles et fournitures aux personnes qui disposent de peu de moyens. C’est à la fois un centre de récupération, de valorisation, de transformation créative et artistique et de revente des objets, à qui on peut donner une autre destination.

La boutique, espace de vente d’objets, déposés par la population du quartier. Elle est devenue un lieu incontournable, et un espace d’échanges. Une relation de confiance existe avec les habitants. Un travail d’écoute de leurs attentes est mené en permanence. Les objets sont revendus à un prix très bas, afin d’être accessibles à tous.

L’Atelier d’éco solidaire s’est installé aux Bassins à flot dans un espace de transformation des objets collectés pour leur donner une seconde vie. C’est un lieu unique de travail et de rencontres, sous la houlette d’une direction artistique et dynamisé par la présence de professionnels de l’artisanat et de la création. Les plasticiens, ébénistes, peintres, tapissières d’ameublement, couturières et autres designers, qui travaillent ici en direct, contribuent à une transformation de qualité permettant de valoriser les objets. 

La sensibilisation à la réduction des déchets et au recyclage créatif est un enjeu majeur, avec de nombreuses visites scolaires et de publics en situation de handicap. Des  temps d’apprentissage sont organisées pour des bénévoles ou des groupes. A chacune des étapes, la sensibilisation repose sur l’échange et le dialogue. Les productions exposées ou présentées sur les réseaux sociaux ont une valeur incitative pour encourager les particuliers à transformer eux-mêmes ce qu’ils possèdent. 

En 2021, l’Atelier d’éco solidaire a réemployé 151 des 245 tonnes de déchets collectés sur Bordeaux, 59 autres ont été recylées. 

Cette recyclerie créative est adhérente au Réseau national des Ressourceries et recycleries.

 

Photo : Atelier d’éco solidaire, Facebook

BORDEAUX (33000) – N°271 – 2020 (actualisé en 2022)

Une équipe d’habitants « Encombrants solidaires » à Saint-Herblain

Faire prendre en charge par les habitants eux-mêmes les problèmes de la cité est une des premières priorités de la Régie de quartier Océan à Saint-Herblain (44). En particulier, la gestion des encombrants constituait un véritable problème. Pour que les habitants cessent d’abandonner les meubles et l’électroménager dont ils ne veulent plus dans les parties communes ou sur l’espace public, une campagne « Encombrants solidaires » a été mise en place avec des gens qui habitent le quartier et assurent une présence soutenue sur le terrain.

A partir d’idées d’habitants relevées au cours de réunions au pied d’immeubles, des outils ont été construits : affiches pour attirer l’œil, numéro de téléphone pour des rendez-vous conseils à domicile, informations sur les entreprises qui recyclent les encombrants ou les remettent en état… Depuis 2012, des locataires sont salariés de la régie, avec la mission de trier, stocker et valoriser les encombrants. L’équipe peut donner un coup de main exceptionnel à des personnes âgées isolées, mène une inspection des parties communes et retire les encombrants dangereux tels que les cartons et équipements électriques ou électroniques.

Depuis janvier 2017, vu son succès, l’opération a été étendue au quartier du Grand Bellevue à Nantes. 

SAINT-HERBLAIN (44800) – N°223 – 2017

A la Reynerie (Toulouse), le vieux pain n'est pas perdu

Certains habitants du quartier de La Reynerie à Toulouse déposaient le pain au bord du lac pour les animaux. Une pollution visuelle doublée d’un problème sanitaire, car le pain attire les rats, les pigeons, les cafards et autres nuisibles… et  rend les canards malades. La Régie de quartier Reynerie Services a donc pris l’initiative de faire le ramassage du vieux pain. Cette action originale est réalisée en lien avec des associations de locataires, les bailleurs et Toulouse Métropole. Des bacs sont déposés auprès des boulangeries et associations du quartier, où les habitants peuvent déposer leur vieux pain. Celui-ci est ensuite centralisé – entre 500 et 600 kg par semaine. L’équipe de la recyclerie Cler Verts de Belesta le transforme en granules et farines qu’elle redistribue aux éleveurs de la région.

Des ateliers Pain perdu sont également organisés par la régie, au cours desquels on aborde les questions du gâchis alimentaire et du tri des déchets, afin que le dépôt du vieux pain dans les bacs soit la dernière solution. Un travail de sensibilisation est mené auprès des habitants qui deviennent ensuite des ambassadeurs de cette action, qui préserve le quartier, valorise ce déchet, sensibilise à l’environnement et montre comment faire des économies.

TOULOUSE (31000) – N°210 – 2017

Jerry, l’ordinateur à faire soi-même à partir d'un bidon

Transformer un bidon en ordinateur en utilisant des composants d’occasion, c’est l’idée développée par trois étudiants français. Des « Jerry Clans » un peu partout dans le monde. Si dans les pays développés, l’ordinateur est devenu un objet quotidien, il n’en est pas de même dans les pays en développement. Pour lutter contre cette fracture numérique, trois étudiants de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle ont monté en 2011 le projet Jerry do-it-together. Le principe : construire des ordinateurs entièrement à partir de matériaux de récupération. Le Jerry s’adapte ensuite à tous les besoins. En Côte d’Ivoire, un Jerry sert par exemple de base d’envoi de SMS, il permet de rappeler aux femmes enceintes qui habitent dans les zones rurales leurs rendez-vous médicaux de suivi de grossesse.

En quelques années, des « Jerry Clans » se sont multipliés un peu partout dans le monde, représentant aujourd’hui une véritable communauté internationale. Une prouesse technologique, mais aussi écologique. Mais le coup de génie des fondateurs de Jerry réside sans doute dans ce qu’ils en ont fait : une initiative sociale. En effet, les ordinateurs se construisent lors d’ateliers collectifs, des « do-it-together ». Chacun peut alors s’approprier le savoir-faire technique pour construire par la suite sa propre machine, mais surtout pour diffuser à son tour cette initiative. 

N°282 – 2022