Lettre n°34 - Avril 2022

Dans ce numéro

Pour amplifier une nouvelle dynamique, s'appuyer sur les initiatives citoyennes

Une fois de plus, un système institutionnel inique impose aux Français un dirigeant détesté par le plus grand nombre, habile à manipuler avec cynisme et aplomb la peur et le mensonge, déterminé à tout privatiser pour accroître encore plus le profit d’une petite élite financière.

Une fois de plus, la stratégie de la peur a été utilisée à plein, en amplifiant à l’infini un risque imminent de prise de pouvoir par les fascistes, sans évoquer le moins du monde les risques portés par Emmanuel Macron de la catastrophe climatique déjà là, de la destruction de la démocratie et des solidarités.

Il ne faut pas attendre du nouveau gouvernement Macron un infléchissement des politiques antisociales, anti-écologiques et antidémocratiques antérieures, mais plutôt leur aggravation. La destruction systématique des services publics, des droits et de l’État social va se poursuivre, aussi longtemps que la résistance populaire et politique de l’empêchera pas.

Mais le premier tour de ces élections a aussi marqué le retour d’une perspective politique qui manquait depuis longtemps. La mobilisation des jeunes, des habitants des quartiers populaires et des Outre-mer, de très nombreux militants associatifs ou politiques pour faire barrage au duel Macron-Le Pen a failli être représentée au second tour. Cela créé une dynamique, une espérance, qui va se développer dès les prochaines semaines avec la préparation des élections législatives, puis dans la durée au cours des prochains mois. L’échéance des législatives est très importante, car l’arrogance du pouvoir repose sur sa majorité absolue à l’Assemblée nationale. Il faut tout faire pour lui imposer une cohabitation ou tout au moins une obligation de négocier. Trois blocs existent à peu près à égalité: le bloc de la France d’en haut de Macron, l’extrême-droite, un bloc populaire autour de l’Union populaire. Et à égalité avec chacun de ces blocs, les abstentionnistes.

L’amplification de cette dynamique repose sur un dépassement des clivages dans une force nouvelle qui s’appuie sur une espérance partagée, un enthousiasme qui est celui des jeunes générations, un programme de rupture avec le libéralisme. Cela ne peut reposer ni sur un passage en force de la France insoumise, ni sur des négociations d’appareils. Il s’agit de construire ensemble, sans chercher à comptabiliser qui a eu tort ou raison dans la division, de s’écouter et de se réconcilier. Comme l’ont montré les gilets jaunes en 2018-2019, l’entraide, l’espérance partagée et les luttes communes sont de puissants outils de fraternité et d’éducation populaire. Il faut multiplier les débats et les actions de terrain en s’appuyant sur l’énorme travail fait depuis plusieurs années autour de L’avenir en commun, sur les mouvements écologistes, sur les luttes victorieuses, etc. Il existe chez les jeunes des réserves de mobilisation et d’enthousiasme dès lors qu’on ne fait « pas sans eux ».

Il est également essentiel d’écouter la colère des territoires périurbains et ruraux, des petites villes des bassins industriels en déshérence, qui faute de perspectives ont largement accordé leurs suffrages à l’extrême droite. On paie la destruction imbécile, par François Hollande, des dynamiques locales en les intégrant de force dans des logiques technocratiques avec la loi Notre. C’est en répondant concrètement aux problèmes et en écoutant leurs attentes et leurs propositions qu’on pourra reconquérir les coeurs et les territoires.

Depuis trois ans, notre collectif Changer de Cap s’est déjà situé dans cette dynamique sociale unifiée. Nous avons, malgré une grande diversité d’options politiques, syndicales ou citoyennes, travaillé et réfléchi ensemble au service de centaines d’actions locales porteuses d’alternatives, en écoutant chacun et en participant aux luttes locales et nationales.

Aujourd’hui, nous nous sentons concernés et motivés par la dynamique qui s’amorce, tout en gardant notre indépendance et notre spécificité. Depuis un siècle, le mouvement politique a beaucoup perdu à vouloir vassaliser les syndicats, les associations, les territoires. Les partis qui ont procédé ainsi se sont coupés des besoins des gens en faisant prévaloir leurs intérêts d’appareils par rapport aux logiques de solidarité, de coopération ou d’économie solidaire. Ils y ont perdu leur âme.

Le renouveau politique, pour s’élargir, doit se nourrir de la créativité des innombrables initiatives citoyennes, les luttes et les mobilisations locales tout en leur donnant une portée globale et une longévité (par la protection de la loi et la réorientation de l’impôt). Cela est d’autant plus nécessaire que les enjeux écologiques, absents de la campagne, vont revenir au premier plan à très court terme. Cela nécessitera la mobilisation de tous.

Notre collectif contribuera à cette dynamique, en apportant aux candidats aux législatives des questions et des témoignages vécus sur les situations d’injustice, de non-droits et sur les ravages provoqués par la destruction des services publics, notamment par les contrôles discriminatoires des CAF, mais aussi sur l’importance des nombreuses actions porteuses d’alternatives qui préfigurent l’avenir.

Ces actions constituent des lieux de créativité populaire, d’éducation et d’espoir retrouvé. Elles changent dès à présent la vie de ceux à qui elle s’adresse, et constituent des sources d’inspiration pour les nouvelles politiques à venir. Elles permettent également de développer l’entraide et la résistance, de préciser les méthodes d’action. Elles dessinent les contours d’un autre monde non seulement possible, mais déjà en cours de réalisation.

Notre implication

Pour être partie prenantes de la dynamique de rassemblement qui s’amorce, nous souhaitons mener trois actions prioritaires :

  • Faire largement connaître les actions de terrain écologiques, d’accès au droit de démocratie renouvelée, multiplier les groupes d’entraide porteurs d’espoir, de résistance et d’actions communes ;
  • Faire connaître les situations d’injustice, de détresse ou de non-droit que nous rencontrons, notamment à travers les contrôles discriminatoires des CAF, mais plus largement face à la numérisation à marche forcée qui impose la surveillance de tout un peuple ;
  • Favoriser les démarches participatives de territoire qui auto organisent l’ensemble des acteurs et de la population d’un territoire autour d’un projet partagé, d’initiatives communes, en réponse à leurs besoins

Changer de Cap sur le pont

Algorithmes et contrôles discriminatoires de la CAF, où en est-on ?

Notre collectif poursuit son action contre les pratiques illégales de la CAF et le contrôle social lié au profilage de la population.

Plus de 1200 signataires pour l’appel « les CAF hors-la-loi, dématérialisations et contrôles discriminatoires »

Suite à la publication de l’appel sur Basta! et sur notre site internet, des centaines de personnes et associations ont validé notre texte. De nombreux signataires qui témoignent de situations de non-droit, d’erreurs répétées ou de harcèlement vécues personnellement. Vous pouvez continuer à signer cet appel.

Restitution des témoignages

Vous pouvez consulter sur la page dédiée de ce site  de nombreux exemples de témoignages reçus (les prénoms et lieux sont modifiés pour respecter l’anonymat).

Nous continuons à collecter les témoignages, à apporter dans la mesure du possible un appui aux personnes, nous travaillons à la rédaction d’un dossier pratique et à la constitution d’un groupe d’entraide. Les bonnes volontés sont les bienvenues !

Une émission de radio pour comprendre

Radio Fréquence Paris Plurielle a accueilli trois membres de Changer de Cap dans son émission Actualité des luttes « Contrôle des CAF : les raisons d’une dérive, les enjeux d’une action ». L’émission est disponible en podcast

Vous pouvez aussi l’écouter directement ici :


Des webinaires pour mieux comprendre

Mercredi 4 mai : « Décisions administrative et numérique : démystifier les algorithmes »

Dans le contexte de la numérisation à marche forcée des services publics, Changer de Cap organise un webinaire pour les personnes, professionnelles ou non, accompagnantes d’usagers en difficulté face aux démarches en ligne, le mercredi 4 mai de 15h à 17h. 

Qu’est-ce qu’un algorithme ? A quoi faire attention quand on y a affaire dans le cadre d’une décision administrative ? Quelles sont les obligations des administrations ?

Ce webinaire a pour objectif de permettre aux participantes et participants de « reprendre le contrôle de la machine ».

Soizic Pénicaud, spécialiste des enjeux politiques et sociaux du numérique, présentera le fonctionnement de base des algorithmes et des techniques d’intelligence artificielle, les enjeux dans le contexte de l’administration et de la dématérialisation, des questions (non-techniques !) à poser pour questionner ces outils, avant un temps d’échanges avec les participants sur leur expérience par rapport à ces outils, dans le contexte de la CAF.

Pour participer au webinaire, il suffit d’en demander le lien d’accès.

Mardi 10 mai : à quoi servent l’Assemblée nationale et le Sénat, quelles relations avec le gouvernement ?

La méconnaissance des institutions de la République est un obstacle à la participation citoyenne. Pour y remédier, Changer de cap organise chaque semaine un webinaire pour répondre aux questions que vous pouvez vous poser sur le rôle de l’Assemblée nationale, la façon dont sont votées les lois, les pouvoirs du gouvernement, du Premier ministre et du président de la République, etc. Que dit la Cons-titution sur la formation d’un gouvernement, pourquoi peut-il y avoir cohabitation, etc.

Loin d’être des cours ou des conférences, ces webinaires se dérouleront sous forme de conversation, de réponses aux questions que se pose chacun.

Le premier échange aura lieu mardi 10 mai, de 18h30 à 20 heures.

Répondants : Jean-Claude Boual et Didier Minot

Les rencontres suivantes auront lieu chaque mardi à 18h30 jusqu’au 7 juin. On fera ensuite le bilan pour voir sous quelle forme continuer ces cours d’éducation civique émancipatrice.

Ces échanges sont ouverts à tous.

Les rencontres du collectif du 26 au 28 août

Les rencontres du collectif Changer de cap auront lieu du vendredi 26 au dimanche 28 août prochains vraisemblablement dans la Loire – Nous en saurons plus dans les jours qui viennent.

Ces rencontres permettront à tous les membres et sympathisants du collectif qui le peuvent de se retrouver, pour la première fois depuis deux ans. Ce sera l’occasion de faire le point sur les différentes formes d’entraide et sur le travail entrepris par rapport aux contrôles numérisés discriminatoires.

Réservez dès à présent les dates


Changer de Cap sur YouTube et sur les réseaux sociaux

Carnet rose avec l’ouverture de la chaîne YouTube de notre collectif, et son inauguration par une vidéo qui explique précisément comment les administrations utilisent nos données et d’autres systèmes d’évaluation des risques.

L’exemple nous vient du Royaume Uni, Changer de Cap a traduit et sous-titré la vidéo « Data Scores as Governance » en lien avec ses concepteurs, l’ONG Data Justice Lab et l’université de Cardiff.

N’hésitez pas à vous abonner à la chaîne, d’autres contenus sont à venir très prochainement !

Retrouvez également Changer de Cap sur FacebookTwitter et Instagram pour des actualités toutes fraîches et des partages.

Victoires et bonnes nouvelles

La justice pénale condamne Deliveroo

Les livreurs Deliveroo sont bien salariés de la plateforme qui contourne volontairement ses obligations d’employeur, privant ainsi les travailleurs de leurs droits (protection sociale, respect du Code du travail, salaire minimum, etc.). C’est ce que confirme la justice.

Une première en France contre les plateformes ubérisées ! La société Deliveroo et ses anciens dirigeants ont été reconnus coupables des faits de travail dissimulé pour avoir abusé du statut d’indépendant et condamnés aux peines maximales requises par le procureur :

  • amende de 375 000 euros pour la plateforme ;
  • peine de prison avec sursis pour les trois ex-dirigeants ;
  • mention de la condamnation sur la page d’accueil du site internet.

La CGT, partie civile aux côtés des livreurs dans ce procès, se félicite de cette victoire dans un communiqué.

Pas de privatisation du ciel !

La profusion de satellites engendre une énorme pollution lumineuse dans l’espace et mettrait en danger l’environnement terrestre. Elle pourrait également servir d’appui pour les projets de conquête marchande de l’espace. Le Conseil d’État, après la plainte d’associations écologistes, a sanctionné le 5 avril le milliardaire Elon Musk en le privant de ses fréquences hertziennes.

> Lire l’article de Reporterre

Des nouvelles des Fralib

On se souvient de la lutte des Fralib contre la multinationales Unilever-Elephant pour récupérer leur entreprise sacrifiée et la relancer en coopération, notamment avec les paysans régionaux. Leur coopérative tourne depuis sept ans. Basta! fait le point sur ce parcours, entre difficultés et avancées.

> Lire l’article de Basta!

Douai : l'évacuation d'un camp de migrants reconnue illégale

Fin mars, la cour d’appel de Douai a condamné le préfet du Pas-de-Calais pour « voie de fait », après l’évacuation d’un camp de migrants survenue à Calais le 29 septembre 2020. Des exilés et des associations l’avaient assigné en justice. La cour d’appel a estimé que l’évacuation était illégale, le préfet étant sorti de son champ de compétence en s’affranchissant de l’autorité judiciaire pour mener l’opération d’évacuation. Elle a de plus soulevé l’atteinte à la liberté individuelle des personnes, qui avaient été contraintes de monter dans des bus pour être éloignées de leur lieu de vie informel.

Le président de l’Auberge des migrants, l’une des associations requérantes, a qualifié le jugement de « petite victoire » et de « bonne surprise » : « Habituellement, on a du mal à obtenir des condamnations de l’État pour des pratiques illégales ou à la limite de la légalité ».

Le retraité espagnol qui fait plier les banques

Une seule personne peut-elle déplacer des montagnes ? La réponse est oui (avec des soutiens) si l’on en croit le succès de la campagne « Je suis vieux mais je ne suis pas idiot » lancée par Carlos San Juan, un retraité espagnol de 78 ans. Dans une pétition lancée sur Change.org, il dénonçait le modèle « hostile » et « humiliant » des banques ibériques pour ceux qui peinent avec le numérique.

650 000 signatures et une intervention de la ministre de l’Economie plus tard, les représentants du secteur ont annoncé une série de mesures, dont l’élargissement des horaires des guichets en présentiel, la simplification des applications, la possibilité d’une assistance lors de l’utilisation des distributeurs automatiques. A suivre, tout de même, pour leur mise en œuvre.

Le plan stratégique pour la politique agricole commune rejeté par Bruxelles

Dans le cadre des orientations de la PAC, chaque pays doit remettre un plan national stratégique qui doit décliner les orientations communes déjà décidées. La Commission a demandé à la France de revoir sa copie car le plan stratégique national qu’elle a présenté, faisant la part trop belle à l’agriculture industrielle, n’apporte pas de garanties suffisantes aux évolutions souhaitées. En particulier, l’agriculture biologique est rémunérée au même niveau que l’agriculture industrielle. La Confédération paysanne, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB), la plate-forme Pour une autre PAC, ainsi que WWF, Greenpeace et France Nature Environnement (FNE) avaient quitté avec fracas les négociations, dénonçant un « simulacre de négociation » et « un statu quo » qui renforce un modèle agricole « à bout de souffle ».

> Lire l’explication de la Confédération paysanne

Luttes et mobilisations

Indicateurs au rouge, inaction et réponses militantes

On peut s’étonner (ou pas) de l’absence des questions climatiques dans le débat public. Alors même que le dernier rapport du GIEC a une nouvelle fois sonné l’alerte, et que le rapport annuel sur l’état du climat de Copernicus enfonce le clou. Le site dédié sur l’Etat du climat européen 2021 est d’ailleurs particulièrement accessible, traitant les questions par thématiques.

Les militants, eux, ne restent pas silencieux, heureusement. L’Inévitable rébellion d’XR avec des actions partout en France, la journée Retours sur Terre pour stopper les projets toxiques au niveau local font partie des premières mobilisations de l’après-élection.

Symboliquement, le ministère de l’Ecologie a été muré le 26 avril par des militants. Contre l’inaction du pouvoir face à la catastrophe climatique et suite à la réélection de Macron, certains n’attendent plus rien du gouvernement et appellent à reprendre le contrôle. Avant qu’il ne soit trop tard.  


Des raisons d'agir, des ressources pour le faire

Aéroports, fermes-usines, barrages, entrepôts, centres commerciaux… Les grands projets inutiles et dévastateurs prolifèrent en France. Face à eux, des collectifs citoyens se mobilisent pour défendre leur environnement. Reporterre publie une carte de toutes ces luttes locales, réalisée avec Le Mouvement et Partager c’est sympa. Elle peut servir d’outil pour celles et ceux qui veulent empêcher la destruction du monde.

> Voir la carte des luttes de Reporterre

Les Soulèvements de la terre, le collectif en lutte contre l’accaparement des terres par l’agro-industrie est notamment à l’origine de la mobilisation de 7 000 personnes contre les projets de méga-bassines dans le marais poitevin. D’autres actions sont à venir, en particulier les 14 et 15 mai à la ZAP (Zone à Patates) de Pertuis.

> La saison 3 des Soulèvements de la terre

Vous pouvez encore signer la pétition Stop au Béton initiée par France Nature Environnement pour la sanctuarisation des terres agricoles.

Signer la pétition

Les travailleurs sans-papiers ne désarment pas

Depuis fin octobre 2021, trois grèves de travailleurs sans-papiers ont démarré successivement. Ces derniers ont formé des piquets devant leurs entreprises : RSI, une société d’intérim, basée à Gennevilliers (92), DPD, filiale de La Poste pour le colis, au Coudray-Montceaux (91) et Chronopost, l’autre filiale colis de La Poste à Alfortville (94). Ils réclament leur régularisation auprès des préfectures qui, depuis, font la sourde oreille.

Après le rassemblement du 12 avril devant le ministère du Travail, la lutte se poursuit. 

> Le communiqué de Solidaires

Albi : MJC en danger

Dans le Tarn, la MJC d’Albi s’est vue retirer toute aide financière de la Ville à la fin de l’année 2021, aide qui représentait près de 40% de son budget. Cette Maison des jeunes et de la culture créée en 1958 voit de fait son avis compromis « malgré son action d’éducation populaire durable et reconnue par les habitants, ses partenaires et les institutions ».

Sur son site, la MJC détaille la situation et en appelle aux soutiens, sous plusieurs formes dont une pétition.

Comprendre et s'informer

Le rapport du GIEC occulté par l'actualité immédiate et le manque de volonté politique

La guerre en Ukraine et les élections présidentielles ont occulté le 6ème rapport du GIEC. Son contenu n’a pas été débattu pendant la campagne. La presse n’en a déduit qu’une seule chose : « nous avons trois ans pour agir » alors que le rapport ne dit cela à aucun moment. Pour maintenir le réchauffement moyen de la planète à 1,5°C, il fait une série de préconisations en matière d’énergie, d’industrie, d’urbanisme et habitat, de transports et d’infrastructures, d’agriculture et de synergies entre les secteurs.

Face aux nombreuses mesures indispensables énoncées dans le rapport, le secrétaire général de l’ONU Antonio Gutierrez dénonce l’attitude de certains gouvernements et responsables d’entreprises qui « disent une chose et en font une autre. Pour le dire simplement, ils mentent. Les climatologues avertissent que nous sommes déjà dangereusement proches de points de basculement qui pourraient entraîner des impacts climatiques en cascade et irréversibles. Mais les pays et les entreprises fortement émetteurs ne se contentent pas de fermer les yeux, ils ajoutent de l’huile sur les flammes ».

> Lire le résumé (nous n’avons pas trouvé le lien vers le rapport intégral en français)

"La privatisation numérique - Déstabilisation et réinvention du service public"

Dans un court ouvrage (148 pages) publié aux éditions Raisons d’agir, Gilles Jeannot et Simon Cottin-Marx expliquent comment le développement numérique aboutit à une forme de privatisation qui ne dit pas son nom, et ses conséquences. « Il s’agit d’une transformation des relations entre l’Etat et les usagers : substitution d’algorithmes aux agents publics, généralisation des mécanismes de notation, développement de l’ubérisation des tâches (…) Cet ouvrage porte au jour, derrière les sympathiques applis de nos smartphones les conséquences économiques et techniques réelles de cette privatisation numérique, ainsi que les perspectives de résistance et de réinvention du service public ».

Si le sujet vous intéresse, on vous conseille également « Comprendre et maîtriser les excès de la société numérique », de Didier Dubasque (aux Presses de l’EHESP). Le blog de ce travailleur social, qui s’est donné pour objectif de « témoigner des réalités et pratiques de travail social et de tenter à ma mesure d’enrichir la réflexion et la connaissance professionnelle des travailleurs sociaux », est tout aussi intéressant.

Fraude fiscale, sociale, aux prestations sociales, ne pas se tromper de cible""

Dans la foulée du dernier rapport d’ATTAC France, le collectif 2CDR (Collectif citoyen pour la démocratie réelle) a échangé longuement avec Vincent Drezet, membre du conseil scientifique d’ATTAC. 

Une vidéo à regarder/écouter ici.

On peut en profiter pour découvrir les autres entretiens de ce collectif informel dont l’objectif est « d’apporter un éclairage pour la compréhension des enjeux de la situation sociale et des éléments pour la poursuite des mobilisations »

Activisme, un ouvrage mode d'emploi

« Parce que notre crise démocratique est plus criante que jamais, il est indispensable d’agir ensemble pour changer nos vies. Et pour cela nous, citoyennes et citoyens devons avoir toutes les cartes en main pour nous mobiliser efficacement ». 

Entre témoignages et guide pratique, on aime « Changer le monde – Manuel d’activisme pour reprendre le pouvoir » de Sarah Durieux (Editions First) pour le vent de positivité qu’il apporte, avec des exemples de mobilisations citoyennes réussies. Et aussi parce qu’on a du pain sur la planche !

Retour sur l'élection présidentielle, quelques analyses

Nous restituons ici les références de quelques textes analysant les résultats de l’élection présidentielle, pour aider chacun à se faire son opinion. Ce choix est subjectif et incomplet, car de très nombreuses analyses ont été et continuent d’être publiées :

Vie du réseau

Le Relais jeune poursuit son tour de France

Parti le 20 février de Paris, le Relais Jeune poursuit sa route à pied et en vélo à travers toute la France. Dans chaque ville étape, des actions sont menées en collaboration avec les associations locales pour sensibiliser sur les enjeux de démocratie, de justice sociale et d’environnement. Retrouvez les prochaines étapes avant Paris le 11 juin.

Le Manifeste de ce Relais Jeune débute ainsi : « Nous, les jeunes, nous prenons le relais, parce que l’Humanité est engagée dans une effrayante course contre la montre, dans laquelle nous avons déjà pris trop de retard. Parce que notre modèle de société est à bout de souffle, et que nous tardons à esquisser les contours d’un monde nouveau. »

Vous pouvez bien sûr le signer !

Rassemblement des Glières, forum des résistances d'aujourd'hui

Après 2 ans d’absence, le Rassemblement des Glières se tiendra de nouveau cette année, du 27 au 29 mai sur le plateau des Glières, en Haute-Savoie. Au programme, des conférences sur les méfaits environnementaux du capitalisme, la destruction du système de santé, les violences policières et de masse, etc., des projections de films et discussions leurs réalisateurs.trices : « Un pays qui se tient sage », « A demain mon amour » (en présence de Monique et Michel Pinçon Charlot), « Il nous reste la colère » (avec Philippe Poutou), « Hacking Justice, Julian Assange » et « Fedayin, le combat de Georges Abdallah ».

Les Glières, ce sont aussi des expositions, un forum des assos, des soirées politiques et festives, et une journée du dimanche consacrée aux Paroles des résistantes et résistants d’hier et d’aujourd’hui ».

> L’ensemble du programme et les infos pratiques.

"Rien ne s'oppose à la nuit"

Pour conclure cette 34e lettre de Changer de Cap, nous vous partageons un texte de Patrick Chamoiseau écrit le 24 avril 2022 « suite au triomphe de la monstruosité Le Pen dans cette monstruosité politique qu’est l’ »Outre-mer » français »

« En pays trop longtemps dominés — là où le libéralisme n’est pas identifié comme négation majeure ; où les archaïsmes coloniaux s’éternisent en structures ; où l’individuation est un naufrage consumériste ; où l’envie le désir le vouloir n’habitent que la consommation, l’aide sociale ou bien l’économie ; où la déresponsabilisation collective règne ; où les médias demeurent insignifiants ; où le politique s’enlise dans la gestion et ne mobilise aucune élévation ; où l’impuissance syndicale hoquette en invectives ; où l’activité culturelle, la survivance intellectuelle, désertent l’inouïe complexité du monde ; où misère précarité rancœur sont aggravées par des réseaux sociaux dans lesquels aucun rêve n’est à vivre, pièce idéale affectée à l’agir, nulle espérance dégagée pour l’envol… — en pays trop longtemps dominés, rien ne s’oppose à la nuit !

 Elle grandit en France, elle grandit dans le monde, elle œuvre en chacun de nous.

 À charge pour ceux qui la refusent encore de réinventer l’aube. »