Après les déclarations d’Édouard Philippe :

Un enfumage qui renforce la mobilisation

Les annonces d’Edouard Philippe, « les yeux dans les yeux » ont commencé par surprendre par de belles références au Conseil National de la Résistance et au refus du chacun pour soi, avec l’affirmation que « nous ne voulons pas confier nos retraites à l’argent roi ». Les mots d’universalité, de justice, de responsabilité ont servi de fil conducteur

Quelle différence avec les discours d’Emmanuel Macron en 2017, quand il vantait la start-up nation, dans laquelle « chacun doit prendre des risques », affirmant que libéralisation généralisée de la société va libérer la capacité créatrice des individus, et que les protections accordées par la loi étaient des freins qu’il fallait dépasser. 1 500 000 manifestants plus loin, le discours a changé. Mais sur le fond Emmanuel Macron maintient le cap et n’a rien appris : la retraite à points est un fait irréversible, l’âge pivot

La retraite à points , l’âge pivot, etc., sont donc programmés, avec les conséquences que l’on connait. Ni la valeur du point ni le montant des pensions ne pourront être garantis par la loi, quoi qu’en dise Edouard Philippe, car ceux-ci peuvent être modifiés au gré des majorités. Emmanuel Macron déjà reçu le patron du fonds d’investissement Black Rock venu lui prodiguer ses conseils pour développer les retraites par capitalisation (voir ici)

Des assurances ponctuelles sont données aux enseignants, aux aides-soignantes, aux agriculteurs, aux artisans. Il y a certes quelques avancées, mais l’ensemble est très largement cosmétique. Par exemple la retraite minimum à 1000 € minimum ne vaut que pour une carrière complète au SMIC et à l’âge pivot. Or le minimum vieillesse est déjà à 980 €. Le Les premières réactions de toutes les catégories sociales sont unanimes : le pouvoir cherche à gagner du temps, mais l’opération de communication est flagrante.

Pour Laurent Berger, la ligne rouge est franchie, la CFDT rejoint le mouvement. D’ores et déjà, de nombreux syndicats ont voté la poursuite de la grève, des collectifs et des comités de grève se multiplient un peu partout.

Les 800 000 personnes « seulement » qui étaient hier dans la rue ont exigé le retrait pur et simple du projet, au nom de l’exigence d’une « une retraite digne pour nous et nos enfants ». Les slogans très offensifs s’élargissent, dénonçant la conversion forcée au néolibéralisme qui se traduit par la destruction des services publics, la criminalisation des chômeurs, la violence institutionnelle. Au-delà de Macron et de Blanquer, ce sont les banques et les milliardaires qui sont maintenant visés.

Ce combat historique pour notre avenir et celui de nos enfants est celui du renforcement d’une société solidaire, écologique et participative. Mais rapidement, pour que cet espoir se concrétise, il faudra aussi que la convergence des luttes s’élargisse à une convergence politique

Collectif « Changer de cap »

Le Collectif « Changer de cap » vient d’ouvrir sa page Facebook. Nous vous invitons à le rejoindre avec le lien ici  à rediffuser largement ce lien à tous vos amis, merci aussi de vos réactions, de vos informations et de vos propositions.

Vous y trouverez des informations au jour le jour sur les belles dynamiques citoyennes qui se multiplient partout sur le terrain, des actions qui construisent ici et maintenant des alternatives concrètes, des informations sur les luttes, etc. Toutes ces actions contribuent à remettre en cause la course du Titanic, à instaurer d’autres valeurs et autres raisons d’agir, à changer de système.