Changer de cap

Pistes d’actions

porteuses d’alternatives

Actualité

Ressources

 

Résister, s’autonomiser et construire

face à l’émergence d’un régime hyper-capitaliste, libertarien-autoritaire

 

La crise économique et sanitaire qui se prolonge est en train de bouleverser l’économie, les relations sociales, les rapports de force politiques. En France, elle se traduit déjà par la précarité et le chômage de millions de personnes supplémentaires.

En même temps, le néolibéralisme, qui s’appuyait sur la démocratie libérale pour canaliser les mécontentements populaires, est en train d’effectuer une mutation vers un régime qu’on peut qualifier d’hypercapitaliste, ou de libertarien-autoritaire. Comme le disent Marlène Benquet et Théo Bourgeon[1] « celui-ci repose sur la défense radicale de la propriété privée comme unique règle de la vie sociale, sans considération pour ses effets collectifs, et la généralisation du numérique pour « construire un homme nouveau » et instaurer une surveillance généralisée. Ce régime limite le rôle de l’État, y compris dans ses fonctions régaliennes. Hostile à tout mécanisme redistributif, il fait de la répression des mouvements sociaux et de la réduction des libertés publiques, du contrôle des manifestations et de l’expression la modalité privilégiée du maintien de l’ordre social. Il est autoritaire sur le plan politique ». Ce régime est apparu au grand jour aux États-Unis, avec Trump, au Royaume-Uni, au Brésil. La France d’Emmanuel Macron semble s’y engager à son tour.

Mais il est en émergence depuis longtemps, avec les thèses libertariennes développées dans la Silicon Valley autour des géants du net. On peut aussi le voir comme un retour au XIXe siècle quand le capitalisme régnait sans partage, avant que les luttes sociales n’imposent différentes formes de compromis.[2]

Le gouvernement, agent actif de cette mutation, utilise la soi-disant dette publique (voir ici l’exposé d’Anice Lajnef) pour instaurer une austérité perpétuelle, couplée à la remise en cause des libertés et à une surveillance généralisée. Services publics, eau, espaces naturels, santé, école, associations, économie solidaire, tout doit être intégralement privatisé, même si cela suscite l’exclusion et la pauvreté d’une part croissante de la population. Il accélère, comme si le temps lui était compté avant la crise financière qui s’annonce ….

Ces orientations préfigurent les réponses qui seront apportées aux grandes crises à venir écologiques, géopolitiques ou démographiques. C’est pourquoi il est décisif d’inventer dès à présent des réponses appropriées pour résister et construire, à travers des formes d’actions nouvelles.

Beaucoup de militants sont désarçonnés par ce changement de stratégie de l’adversaire. Ils n’arrivent plus à identifier leur adversaire. Alors qu’ils étaient habitués à l’ouverture de négociations après de grandes manifestations, ils ne voient plus comment agir face à un gouvernement brutal, autiste, mais pratiquant le double langage et maîtrisant les moyens de communication. Les situations manifestes d’injustice et de non-droit ne sont plus reprises par les médias. Le cynisme s’étale au grand jour.

Mais en même temps des fronts de résistance s’organisent, de nouvelles formes d’action se développent. Les initiatives se multiplient pour adopter d’autres modes de vie, résister au chacun pour soi ou au tout numérique. Face à une mutation du capitalisme, les formes de lutte mutent elles aussi et inventent des formes virales de diffusion.

Le Collectif « Changer de cap » se définit comme un espace-ressources au service des citoyens pour résister, s’autonomiser et construire, à travers un appui aux luttes de résistance, à la multiplication des actions porteuses d’alternatives locales, à l’éducation, la culture, l’entraide et la fraternité partagée.

Dans ce but, plusieurs temps de rencontres et d’échanges d’expériences permettront de nous retrouver à distance, notamment autour de l’agriculture et du droit à l’alimentation, des réseaux et groupes d’entraide et du numérique.

Nous espérons pouvoir tenir un séminaire à la Toussaint, du 29 au 31 octobre,  pour nous retrouver et donner un nouvel élan à cette lutte, dans une période décisive. Réservez dès à présent la date. Mais vous nous reverrez bien entendu entre temps.

 

[1] Marlène Benquet et Théo Bourgeon, 22 février 2021, Du néolibéralisme au libertarianisme autoritaire, à lire ici

[2] Robert Castel, Les Métamorphoses de la question sociale, Fayard, 1996, p. 268

Justice sociale et fiscale, égalité

Plan d’urgence pour les précaires

Garantir un emploi à tous, revoir la hiérarchie des métiers

Egalité entre les femmes et les hommes

Écarts de salaires, fiscalité des entreprises, taxation des patrimoines

une nouvelle politique migratoire

Contrôler le crédit, la dette, l’investissement

Création monétaire par la BCE ou souveraineté monétaire ?

Mettre le crédit au service de la reconstruction écologique

remettre en cause le libre-échange

Restaurer les équilibres écologiques

Sortir du productivisme, réorienter l’économie vers les Communs

Rendre les entreprises responsables des conséquences de leur action

Une planification écologique, sociale, démocratique

Relocaliser, reconquérir l’autonomie

Un aménagement du territoire équilibré, un urbanisme en archipel

Développer l’agriculture paysanne, une alimentation de qualité pour tou.tes

Refonder la démocratie, transformer les institutions

Une constituante pour une VIe République

Développer la démocratie directe

Reconstruire un État régulateur et opérateur

Repenser la décentralisation et la déconcentration

Restaurer l’état de droit, y compris numérique

Libérer la culture et les médias des puissances d’argent

Reconstruire les services publics comme des Communs

Reconstruire les services publics et la fonction publique

Une éducation émancipatrice à tous les âges de la vie

Faire de la recherche publique une priorité

Reconstruire la santé comme un Commun

une sécurité sociale pour le XXIe siècle

Principes et valeurs d’une société solidaire et émancipatrice

Partage et responsabilité dans l’organisation collective

Restaurer la confiance, l’honnêteté et la dignité

Sobriété, autonomie, nouvel art de vivre

Un autre rapport à la nature et au vivant

Agir au niveau européen et mondial

Dès maintenant, amorcer une rupture avec la ligne ordolibérale

Reconstruire une Europe solidaire et responsable

Un nouvel ordre mondial, des droits humains universels

Des communs mondiaux pour répondre aux enjeux climatiques et sociaux

Refonder l’ONU et la doter de moyens d’agir

Contenu de va-et-vient