Agriculture paysanne et reconstruction écologique

Comment l’ADEAR aide à la reconstitution d’une ceinture  maraîchère autour de Saint-Etienne

« De la ferme au quartier » est une plate-forme territorialisée qui met en place des circuits courts à une grande échelle sur Saint-Étienne, avec 80 paysans, 11 salariés et 1 million de chiffre d’affaires pour les paysans. Pendant le COVID l’activité a explosé, augmentant de 30 %. Les paysans sont répartis à 80 km alentour. On commence à structurer des filières pour maîtriser les prix, la qualité.

Comme les paysans ne peuvent plus fournir, il faut en installer de nouveaux, notamment en maraîchage. Il faut donc les former.

Pour cela, un travail en commun a été entrepris avec l’ADEAR pour trouver des agriculteurs susceptibles de s’installer, les former et les accompagner pendant leurs premières années de pratique.

Une ADEAR (Association pour le développement de l’emploi agricole et rural) regroupe des paysannes et des paysans, pour majorité membres de la Confédération Paysanne, et d’autres acteurs du monde rural réunis par l’envie de partager leur expérience et leurs savoirs faire pour permettre de maintenir et d’installer des paysans nombreux et de faire vivre les valeurs de l’agriculture paysanne. Les ADEAR sont regroupées dans la FADEAR

Voir ici le site de la FADEAR-agriculture paysanne

BEDE aide à reconquérir les semences paysannes

Redonner aux paysans la maîtrise de leurs semences et plus largement de la biodiversité : c’est dans ce sens qu’agit BEDE (biodiversité, échanges et diffusion d’expériences) depuis 30 ans. En effet, aucune transformation écologique de l’agriculture n’est envisageable sans la maîtrise locale, par les paysans, de la sélection des semencesBEDE a développé de nombreuses expériences de recherche collaborative pour  la biodiversité agricole à travers des Laboratoires hors murs, testés en France, en Algérie et au Bénin.

Plusieurs expériences à signaler, sur les palmiers-dattiers en Algérie ou avec la résurrection de l’oignon de Tarassac, histoire d’une prise de conscience et du cheminement d’un agriculteur biologique vers l’autoproduction des semences, un plaidoyer sur l’importance cruciale des semences paysannes pour l’agroécologie et notre alimentation.

Voir l’article de Reporterre « Il a sauvé l’oignon de Tarassac« 

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34000 Montpellier ; N°186 ; 2020

La Convergence des Femmes Rurales pour la Souveraineté Alimentaire COFERSA au Mali

la COFERSA replace la biodiversité agricole, les savoirs et savoirs faire des paysannes au cœur de la souveraineté alimentaire :les initiatrices de la COFERSA ne voulaient plus se contenter de faire la figuration dans les organisations paysannes qui devaient respecter les quotas de genre ; elles se sont organisées pour s’engager dans son projet de société, en donnant la parole aux femmes rurales et en les plaçant au cœur de la prise de décision. Elle réunit 36 coopératives de femmes rurales

La priorité de la COFERSA est de faciliter l’accès à la terre pour les femmes à travers des plaidoyers auprès des chefs de village et des propriétaires terriens. Il s’agit obtenir des champs collectifs qu’elles cultivent en agroforesterie (avec replantation d’arbres d’essences locales tel le karité ou le néré). Ensuite, la COFERSA organise la formation et l’appui en petit équipement (mutualisation et mise à disposition d’outils tels que charrette, âne, paire de bœufs). Par exemple un champ collectif sur lequel ont été plantés 800 arbres. En saison des pluies, elles y cultivent des variétés locales (mil, sorgho, arachide, tubercules…). Le combat de la COFERSA est de promouvoir la consommation de produits tels que le fonio précuit, le riz étuvé, le gombo séché, la poudre de fruits de baobab, le jus de zaban, le beurre de karité. Elle en organise la commercialisation locale. Elle mène aussi des plaidoyers auprès du Comité Ouest Africain des Semences Paysannes (COASP), de la Convergence Globale des Luttes pour l’Eau, de la Terre et les Semences paysannes (CGLTE-AO), du Comité de Planification de la Souveraineté Alimentaire (CIP).

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Voir le livret « consommer la biodiversité locale pour mieux se nourrir »

Lire l’article “Des femmes championnes de la préservation des semences locales” de Nourou-Dhine Salouka dans Caravane ouest africaine.

Sikasso ; Mali ; N°393 ; 2020

Au village d’Upie céréales bio pour un paysan-boulanger, avec un bail environnemental

Le statut de paysan-boulanger est réservé aux boulangers qui produisent eux-mêmes une partie des céréales utiles à la fabrication de leur pain. Le petit bourg d’Upie, près de Crest dans la Drôme, compte parmi ses habitants un paysan-boulanger. A cette fin, Michel louait dans le village 2,6 ha de terres agricoles. En 2009, le propriétaire de ces parcelles décida de les vendre. Pour maintenir son statut de paysan-boulanger, l’artisan devait les acheter et s’endetter lourdement.

Il fait alors appel à la Foncière, filiale de l’association Terre de liens. Celle-ci a pour objectif de changer le rapport à la terre, à l’agriculture, à l’alimentation et à la nature, en faisant évoluer les modalités de la propriété foncière afin de préserver les terres de la spéculation immobilière et de la concentration foncière, et en garantir sur le long terme un usage écologique et responsable. La Foncière Terre de liens lancé un appel local à l’épargne qui a permis de récolter en quelques semaines 23 000 €, avec lesquels elle a pu acheter 6 ha, pour les louer ensuite à l’artisan. Un bail rural environnemental a été conclu avec la paysan-boulanger, incluant l’obligation de produire en respectant les préceptes de l’agriculture biologique.

Michel cultive aujourd’hui 14 hectares, dont 8,5 hectares appartenant à Terre de Liens. Le blé est transformé à la ferme en farine et sert à fabriquer du pain au levain naturel, travaillé à la main, cuit dans un four à bois, vendu en direct aux adhérents d’une AMAP et dans un magasin de producteurs. Grâce a cette coopération exemplaire, un outil intégré de production de céréales bio, de fabrication de pain bio et de vente directe aux consommateurs a pu être mis en place et sauvegardé durablement.

26120 UPIE ; N° 22 ; 2019

L’atelier paysan, une coopérative d’autoconstruction pour reconquérir son autonomie

L’Atelier paysan est une coopérative d’intérêt collectif à but non lucratif (SCIC SARL), appartenant à ses sociétaires paysans. Il s’agit d’accompagner les agriculteurs et agricultrices dans une conception des matériels, machines agricoles et des bâtiments adaptée à leurs besoins. En organisant des formations et en diffusant des informations, l’atelier paysan leur permet d’acquérir la capacité de pouvoir réparer eux-mêmes leurs moyens de production. Des groupes de maraîchers, éleveurs, paysans-boulangers, viticulteurs peuvent alors réaliser des outils adaptés à leurs besoins, être formés à la construction de bâtiments en bois. Par exemple : Sur 3 jours en atelier ou sur une ferme, sont proposés des « chantiers ouverts » encadrés. Les participants sont invités à apporter des outils à réparer ou à modifier pour servir de support à l’initiation ou au perfectionnement du travail du métal. Du petit outillage ou des triangles d’attelage femelle peuvent aussi être construits pour compléter les apprentissages du perçage, de la découpe ou de la soudure.

Il importe aussi de mener la bataille culturelle par une approche d’éducation populaire : en organisant des moments d’échange, d’apprentissage et de questionnement pour repérer et mesurer l’incidence des technologies sur les systèmes de production et la viabilité des fermes. La coopérative développe des partenariats sur les questions techniques et politiques avec des organisations locales, nationales et internationales notamment dans le champ du développement agricole, de la recherche et de l’expérimentation, avec des universités et des structures de l’ESS.

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N°413 ; 38140 – Renage ; 2021 

Le convertisseur alimentaire : comment évoluer vers le bio

Le « Convertisseur alimentaire » est un outil de simulation des impacts agricoles et écologiques de l’alimentation, développé par Terre de Liens, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) et le Bureau d’analyses sociétales pour une information citoyenne (BASIC), afin d’aider les citoyens et les élus d’une commune, d’un territoire à répondre aux questions suivantes :

Combien d’hectares de terres agricoles seraient utilisés en relocalisant notre consommation alimentaire ? Combien d’agriculteurs pourrions-nous installer en bio ? Quels seraient les impacts d’un changement de notre alimentation ?

Cet outil permet de mesurer les changements induits par une modification des comportements alimentaires à différents niveaux géographiques (du niveau communal au niveau national). Il permet aussi de développer un dialogue entre les citoyen.ne.s des villes et des campagnes. L’outil est gratuit, simple et didactique ; il est mis à disposition des utilisateurs potentiels (collectivités, responsables d’analyses économiques, voire simples citoyens) afin de traduire les choix de chacun (régime alimentaire, parts de produits locaux et bio dans son assiette) en termes d’effets pour la société (surfaces et emplois agricoles, impacts écologiques associés). »

télécharger l’outil sur le site de M.A.R.S.          MARS signifie « Mouvement Agricole et Rural Solidaire ». Cette association  a été crée en 1983 par un petit groupe de militants d’origines diverses et de personnes qui par intérêt personnel ou (et) professionnel, sentaient la nécessité d’approfondir, d’enrichir et de confronter leurs analyses sur les questions agricoles, alimentaires, rurales et territoriales.

75012 PARIS. N°306. 2020

Solidarité Paysans 72 défend les paysans en difficulté et combat pour l’évolution du droit

L’association Solidarité Paysans 72, créée en 1989, accompagne une centaine  de familles  dont 40 nouvelles par an ces dernières années. Son but est de défendre les familles, aider les agriculteurs à faire valoir leurs droits en justice, préserver l’emploi.

Cet accompagnement se réalise toujours en binôme (salarié + un bénévole agriculteur ou retraité agricole).  Elle s’engage à accompagner les personnes en envisageant la globalité de la situation (professionnelle et privée). L’équipe est formée à l’écoute. La relation est basée sur la confiance, la discrétion absolue et le respect des souhaits de chacun sur son exploitation.

Au niveau national Solidarité Paysans regroupe plusieurs dizaines d’associations départementales similaires qui accompagnent localement les agriculteurs en difficulté, dont le nombre s’est multiplié depuis la fin des années 70. Les associations agissent pour l’accès aux droits sociaux, pas toujours assurées faute d’information, négocier les dettes et protéger le patrimoine personnel.

L’accompagnement devant les tribunaux permet le plus souvent d’éviter la liquidation et d’aboutir à un redressement. L’association est à l’origine de l’extension aux agriculteurs de la loi instaurant les procédures judiciaires (redressement et liquidation) en décembre 1988. Solidarité Paysans, à partir de son expertise de terrain a pu proposer des amendements à la loi, dont certains ont été pris en compte en 1994 et d’autres en 2004.

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72000 LE MANS ; N°164 ; 2020

Terre de Liens collecte l’épargne solidaire pour une gestion écologique du foncier

Terre de Liens est né en 2003 de la convergence de plusieurs mouvements liant l’éducation populaire, l’agriculture biologique et biodynamique, la finance éthique, l’économie solidaire et le développement rural.

L’originalité de Terre de Liens vient d’une triple articulation, entre un réseau associatif, la foncière Terre de liens, entreprise d’investissement solidaire ouverte aux citoyens, et une fondation d’utilité publique. La Foncière Terre de Liens émet des actions afin de recueillir de l’épargne citoyenne. Celle-ci est utilisée pour acquérir des fermes en vue de l’installation de paysans pratiquant l’agriculture paysanne, biologique ou biodynamique. Ces agriculteurs louent les terres à Terre de Liens selon les principes du fermage. Terre de Liens signe avec ses fermiers des baux ruraux environnementaux, qui possèdent des clauses obligeant le fermier à respecter des règles environnementales (agriculture biologique, préservation de haies, mares, zones humides, etc.) En 2016, la Foncière Terre de Liens comptait 11 460 actionnaires, 50 M€ de capital, 202 fermiers installés pour 122 fermes acquises. L’association nationale fédère les associations régionales, présentes dans toutes les régions.

L’association Terre de liens Bourgogne Franche-Comté est impliquée dans 10 projets en agriculture biologique et biodynamique : maraîchage, viticulture, brebis, chèvres, vaches, cochons, transformation laitière, viande, forêt. Près de 500 sympathisants mobilisent temps et/ou finances pour les actions de Terre de liens en Bourgogne-Franche-Comté. Les bénévoles s’investissent dans des groupes locaux ou sur des actions très précises (tenue de stand, rédaction d’articles et d’outils de communication, gestion du bâti, chantiers participatifs…).

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39800 POLIGNY, N°166, 2020