Agriculture paysanne et reconstruction écologique

TREMARGAT : laboratoire de projets alternatifs

Trémargat, dans les Côtes d’Armor, est  un laboratoire à ciel ouvert de projets alternatifs. Ses habitants soutiennent l’installation de paysans, s’approvisionnent dans une épicerie de produits bio et locaux, se retrouvent au café associatif, délibèrent au sein d’un conseil municipal qui applique des principes de démocratie participative.

« On fait plein de métiers à la fois: éleveurs, paysans parce qu’on travaille la terre, fromagers, commerçants. Je fais aussi partie de l’épicerie associative« , énumère l’ancienne restauratrice francilienne, arrivée il y a 12 ans. Dans cette commune moins peuplée qu’une rame de métro, on  compte  16 associations et 33 entreprises d’agriculteurs, potier, ébéniste, fleuriste, infirmiers, coutelier…

La formule fonctionne : le village qui se mourait il y a 30 ans  est en pleine renaissance. A la mairie, il n’y a pas de chef charismatique. Le maire ne fait qu’un seul mandat. Trémargat ne prétend pas être un modèle.  Si un film l’a mis en scène, c’est parce que les habitants ont « forcé leur nature » et considéré de leur devoir de témoigner de leur expérience . Ce film « Les pionniers de Tremargat » a été montré sur france 3 et France 2 en 2018.    

 voir l’article  ( Bastamag )

22 Tremargat – n° 172 – 2020

Au village d’Upie céréales bio pour un paysan-boulanger, avec un bail environnemental

Le statut de paysan-boulanger est réservé aux boulangers qui produisent eux-mêmes une partie des céréales utiles à la fabrication de leur pain. Le petit bourg d’Upie, près de Crest dans la Drôme, compte parmi ses habitants un paysan-boulanger. A cette fin, Michel louait dans le village 2,6 ha de terres agricoles. En 2009, le propriétaire de ces parcelles décida de les vendre. Pour maintenir son statut de paysan-boulanger, l’artisan devait les acheter et s’endetter lourdement.

Il fait alors appel à la Foncière, filiale de l’association Terre de liens. Celle-ci a pour objectif de changer le rapport à la terre, à l’agriculture, à l’alimentation et à la nature, en faisant évoluer les modalités de la propriété foncière afin de préserver les terres de la spéculation immobilière et de la concentration foncière, et en garantir sur le long terme un usage écologique et responsable. La Foncière Terre de liens lancé un appel local à l’épargne qui a permis de récolter en quelques semaines 23 000 €, avec lesquels elle a pu acheter 6 ha, pour les louer ensuite à l’artisan. Un bail rural environnemental a été conclu avec la paysan-boulanger, incluant l’obligation de produire en respectant les préceptes de l’agriculture biologique.

Michel cultive aujourd’hui 14 hectares, dont 8,5 hectares appartenant à Terre de Liens. Le blé est transformé à la ferme en farine et sert à fabriquer du pain au levain naturel, travaillé à la main, cuit dans un four à bois, vendu en direct aux adhérents d’une AMAP et dans un magasin de producteurs. Grâce a cette coopération exemplaire, un outil intégré de production de céréales bio, de fabrication de pain bio et de vente directe aux consommateurs a pu être mis en place et sauvegardé durablement.

26120 UPIE, N° 22 2019

L’atelier paysan, une coopérative d’autoconstruction pour reconquérir son autonomie

Alors que le système agro-industrielles a éjecté les paysans de la conception des machines agricoles, l’Atelier paysan, à Renage (Isère) milite pour l’y ré-réintégrer. Depuis la fin des années 2000, des formations permettent à chacun de s’approprier le savoir-faire pour construire soi-même son matériel agricole. Chacun repart avec les outils qu’il ou elle a fabriqué. Personne ne dépose de brevets, plus de 80 tutoriels ont été créés comme des Communs. L’enjeu, c’est l’autonomie, la simplicité et l’adaptation aux besoins de chacun.. L’atelier paysan est une SCIC dans laquelle la gouvernance est partagée entre salariés et paysans. Pour en savoir plus et prendre contact c’est ici

Solidarité Paysans 72 défend les paysans en difficulté et combat pour l’évolution du droit

L’association Solidarité Paysans 72, créée en 1989, accompagne une soixantaine de familles par an dont 25 nouvelles. Son but est de défendre les familles, aider les agriculteurs à faire valoir leurs droits en justice, préserver l’emploi. Cet accompagnement se réalise toujours en binôme (salarié + un bénévole agriculteur ou retraité agricole). L’association intervient auprès de chaque famille qui fait la demande. Elle s’engage à accompagner les personnes en envisageant la globalité de la situation (professionnelle et privée). La nouvelle équipe est formée à l’écoute. La relation est basée sur la confiance, la discrétion absolue et le respect des souhaits de chacun sur son exploitation. Au niveau national Solidarité Paysans regroupe plusieurs dizaines d’associations départementales similaires qui accompagnent localement les agriculteurs en difficulté, dont le nombre s’est multiplié depuis la fin des années 70. Les associations agissent pour l’accès aux droits sociaux, pas toujours assurées faute d’information, négocier les dettes et protéger le patrimoine personnel. L’accompagnement devant les tribunaux permet le plus souvent d’éviter la liquidation et d’aboutir à un redressement. L’association est à l’origine de l’extension aux agriculteurs de la loi instaurant les procédures judiciaires (redressement et liquidation) en décembre 1988. Solidarité Paysans, à partir de son expertise de terrain a pu proposer des amendements à la loi, dont certains ont été pris en compte en 1994 et d’autres en 2004.

Agriculture paysanne + accès aux droits = Personnes en difficulté

http://www.solidaritepaysans.org/

93190 BAGNOLET N°164, 2017

Terre de Liens collecte l’épargne solidaire pour une gestion écologique du foncier

Terre de Liens est né en 2003 de la convergence de plusieurs mouvements liant l’éducation populaire, l’agriculture biologique et biodynamique, la finance éthique, l’économie solidaire et le développement rural.

L’originalité de Terre de Liens vient d’une triple articulation, entre un réseau associatif, la foncière Terre de liens, entreprise d’investissement solidaire ouverte aux citoyens, et une fondation d’utilité publique. La Foncière Terre de Liens émet des actions afin de recueillir de l’épargne citoyenne. Celle-ci est utilisée pour acquérir des fermes en vue de l’installation de paysans pratiquant l’agriculture paysanne, biologique ou biodynamique. Ces agriculteurs louent les terres à Terre de Liens selon les principes du fermage. Terre de Liens signe avec ses fermiers des baux ruraux environnementaux, qui possèdent des clauses obligeant le fermier à respecter des règles environnementales (agriculture biologique, préservation de haies, mares, zones humides, etc.) En 2016, la Foncière Terre de Liens comptait 11 460 actionnaires, 50 M€ de capital, 202 fermiers installés pour 122 fermes acquises. L’association nationale fédère les associations régionales, présentes dans toutes les régions.

L’association Terre de liens Bourgogne Franche-Comté est impliquée dans 10 projets en agriculture biologique et biodynamique : maraîchage, viticulture, brebis, chèvres, vaches, cochons, transformation laitière, viande, forêt. Près de 500 sympathisants mobilisent temps et/ou finances pour les actions de Terre de liens en Bourgogne-Franche-Comté. Les bénévoles s’investissent dans des groupes locaux ou sur des actions très précises (tenue de stand, rédaction d’articles et d’outils de communication, gestion du bâti, chantiers participatifs…).

http://www.terredeliens.org

39800 POLIGNY, N°166, 2017