Des lieux à vivre pour se reconstruire

L’explosion de la précarité et de la grande pauvreté, liée à la remise en cause des politiques de solidarité, se traduit par un accroissement sans précédent  des personnes sans-logis, en détresse matérielle ou psychique, livrées à elles-mêmes et  stigmatisées. face à cette situation, qui s’aggrave même si elle n’est pas entièrement nouvelle, de multiples lieux à vivre se  sont créés  pour offrir à des personnes en difficulté  un logement, un accompagnement et une vie sociale et conviviale, les rendant à nouveau acteurs de leur propre vie.

 

Table des matières

En PACA, des lieux à vivre pour se remettre en selle

A l’initiative de Voisins et Citoyens en Méditerrannée, réseau aujourd’hui disparu, des « lieux à vivre » se sont multipliés en PACA et Languedoc entre 2010 et 2018. Après leur reconnaissance en 2005, ils ont constitués une Union interrégionale des Lieux à vivre (UILV) dont on trouvera ici la présentation très complète.  

Uniquement basées sur l’implication de ses bénévoles et résidents, toutes les activités sont possibles grâce à l’adhésion à l’éthique que propose la charte des lieux à vivre (voir ici le cahier de Voisins et Citoyens en Méditerrannée (VCM) où l’on trouvera une présentation de différents lieux à vivre, une réflexion approfondie et la charte commune)

L’arche d’Alice à Fréjus, espace communautaire et fraternel

Depuis 2013, l’Arche d’Alice (association pour le logement, l’insertion, la citoyenneté et l’entraide) est un accueille des personnes en situation précaire dans un lieu à vivre, sans aucune aide financière. C’est un espace communautaire et fraternel, dont la base est le vivre et le faire ensemble. L’association effectue des maraudes (2 fois par semaine) et distribue des repas. Il est composé d’un hébergement sur place, avec quatre mobile-homes aménagés pour une famille ou pour deux personnes et 4 caravanes, d’une aire de sanitaires avec des douches, une buanderie et une cuisine collective, ouverte également à des personnes précaires non résidentes (ouvriers agricoles, squatters),  un jardin potager biologique, un atelier de réparation d’objets divers et hétéroclites, véritable défi au génie du bricoleur éclairé. 

En 4 ans, en janvier 2018, 28 sans domicile avaient intégré le lieu à vivre pour quelques jours, quelques mois, d’autres pour une année voire plus. Rares sont ceux qui étaient retournés à la rue (5 en tout). Les uns avaient acquis un certificat professionnel et avaient pu intégrer le monde du travail, trouver un logement, d’autres encore avaient été orientés vers des structures sociales partenaires où nous ils résident encore. Voir ici la page facebook de l’Arche d’Alice

N° 228 – 83600 FREJUS  –  2018

Le Mas de Carles, à Villeneuve-lès-Avignon, géré de A à Z par les 45 résidents.

Des chèvres, des poulets, des lapins, des serres, des oliviers…Tous les produits de l’exploitation sont labellisés bio. Ils sont vendus en direct à la ferme, dans plusieurs magasins spécialisés et sur différents marchés de Villeneuve-lès-Avignon et d’Avignon. En apparence c’est une ferme comme les autres. Pourtant, ici, pas d’agriculteurs. Les 45 résidents du mas assurent le fonctionnement de l’exploitation en échange d’un logement gratuit. Certains étaient sans abri, d’autres en errance ou en marge de la société. Tous cohabitent et gèrent la ferme de A à Z. Les uns cherchent simplement à retrouver de la quiétude, d’autres veulent se réinsérer dans la société. La durée des séjours est parfois de vingt ans mais la durée moyenne est autour de deux ans. 

Le bonheur des permanents de l’association est de voir les résidents changer pendant leur séjour, grâce aux  responsabilités qu’ils prennent. « L’accueil est également central, quand  il rend à l’autre sa qualité de sujet. Il n’est pas d’abord une technique, mais une spiritualité ». 

Voir ici le site

30400 VILLENEUVE-LES-AVIGNON – N°112 – 2020

Karibu (92), un lieu de vie partagé avec des personnes en grande précarité

Depuis 1975, Olivier accueille des personnes d’origine africaine, en grande précarité et marginalité dans le pavillon qu’il habite à Meudon (92), avec la volonté de vivre simplement et fraternellement avec les exclus. En moyenne 12 personnes sont hébergées, enfants compris. Les familles hébergées sont totalement indépendantes, font courses, cuisine et ménage. Elles travaillent pour la plupart pendant que les enfants sont gardés en crèche ou à l’école.

L’association organise également des activités de loisirs, des sorties baignade à Fontainebleau, des fêtes de quartier. Elle soutient l’insertion des familles, la valorisation de la culture africaine. Elle maintient le lien avec les anciennes familles hébergées et leur parenté. Pour son promoteur,  « chacun à en lui les ressources pour accomplir sa vie et participer à la construction d’un monde plus humain ».

Pour en savoir plus ou prendre contact lire ici

N°77 – 92190 Meudon – 2020

La Demeure des 2 Ruisseaux (69), lieu de vie et d’entraide réciproque

L’association « la Demeure des Deux Ruisseaux » accueille et accompagne à Limas, dans l’agglo de Villefranche-sur-Saône, (69400), 7 résidents âgés de 50 à 75 ans, qui connaissent ou ont connu un handicap psychique.

Les résidents s’organisent librement, avec l’aide de la maîtresse de maison, pour effectuer par eux-mêmes leur ménage et celui des parties communes, faire leurs courses et préparer les repas. On constate à travers 30 ans d’expérience que la mise en œuvre par les résidents d’un véritable projet de vie autonome et responsable est porteuse de responsabilité, d’entraide et de sécurité, tant pour les personnes elles-mêmes que pour les familles. 

La plupart des résidents qui étaient considérés comme des malades vivent en autonomie dans une structure non médicalisée, et s’en trouvent plutôt mieux. il existe entre les résidents une grande tolérance et une entraide réciproque, en même temps qu’une connaissance mutuelle et une grande fraternité. Lire  l’article et prendre  contact

69400 Limas – N°54 –  2020

La Maison des Thermopyles  à Paris, un lieu de vie stable et chaleureux ouvert sur le quartier

La Pension de famille les Thermopyles dans le 14ème arrondissement de Paris, a été créé grâce au soutien actif des habitants et des associations du quartier Pernety et de la Mairie de Paris et de la Fondation Abbé Pierre.

Elle propose un logement durable, un cadre de socialisation et un cadre chaleureux et convivial  à des personnes n’ayant pas accès à un logement classique. Y vivent des personnes adultes, seules ou en couple, aux parcours de vie souvent  chaotiques, de tous âges, en situation de précarité. Les résidents participent aux tâches, comme ils le feraient chez eux, avec leur créativité : cuisine, couture, bricolage, rénovation, jardinage, entretien etc.. avec l’appui d’un couple d’hôtes gère la maison au quotidien.

 

De nombreuses activités collectives sont organisées (soirées conviviales, débats, ateliers de théâtre, cinéma ou peinture, séjours de vacances, visites d’expositions, etc. Elles permettent de tisser du lien entre les résidents et avec les voisins du quartier. Des liens sont aussi développés avec les autres pensions de famille de Paris ou de proche banlieue.

Voir la vidéo

75014 –  PARIS – N°284 – 2020