En cette fin d’été, la mobilisation fond comme neige au soleil. Cependant, beaucoup s’investissent dans de nouvelles actions . De nouvelles perspectives s’ouvrent avec un certain nombre de municipalités citoyennes. La multiplication des actions porteuses d’alternatives  est un puissant encouragement à se mobiliser, retrouver l’espoir et se soutenir mutuellement dans un esprit de fraternité.

Après un repos bien nécessaire, nous avons repris les contacts avec les correspondants locaux du collectif.

Même si c’est la pause de l’été, on constate un certain épuisement. Partout la mobilisation fond comme le neige au soleil. Certains groupes de gilets jaunes ont disparu, parfois minés par des conflits de personnes. Les plus actifs se regroupent au niveau départemental. Certains militants sont perdus, ne savent pas quoi faire ni où se tourner faute de perspectives stratégiques.

Cela reflète l’abstention massive des classes populaires lors des municipales, danger majeur pour la démocratie. La perte de confiance et le désespoir rendent à nouveau certains citoyens réceptifs à tous les discours de gourous, démagogues ou délirants comme de l’extrême droite.

Cependant, beaucoup s’investissent dans de nouvelles actions (médias citoyens, panneaux photovoltaïques, circuits courts, etc.). Les groupes d’entraide nés pendant le confinement n’ont pas disparu. Les initiatives citoyennes, les circuits courts qui se sont développés tendent à se pérenniser. La mobilisation est moins visible, mais elle devient plus organisée.

Un certain nombre de collectifs locaux préparent la rentrée, et la mobilisation peut repartir, car la colère est toujours là. Les manifestations vont reprendre contre les fermetures d’entreprises, les décisions iniques, l’absence de véritable plan santé, etc.. Mais il n’est pas sûr que que cette mobilisation soit massive, car beaucoup sont menacés par le chômage et la précarité, et la reprise du COVID 19, bien que réelle, est une aubaine pour interdire les manifestations, remettre en cause les acquis sociaux, cultiver la peur.

Par ailleurs, après les élections municipales, de nombreux groupes continuent de se situer dans l’opposition et la construction d’actions autonomes, mais un certain nombre de municipalités citoyennes ont été élues, regroupant à des degrés variables des forces politiques, des membres d’associations, syndicats, des gilets jaunes, etc. autour d’un programme écologique et social de rupture. Certaines mettent souvent en place des conseils de citoyens, s’appuient sur leurs propositions, élergissent les commissions municipales. Cela ouvre de nouvelles perspectives d’action.

Enfin, dans la période qui s’ouvre, les difficultés vont se multiplier pour les précaires, les étrangers, les personnes isolées, les habitants des quartiers, etc. Il est possible que le gouvernement soit contraint à un reconfinement partiel. L’entraide et la solidarité au quotidien restent essentielles pour briser la solitude où nous enferme ce système et pour nous affirmer comme un peuple solidaire.

Face à cette situation, que peut faire le collectif ?

Le premier besoin est de retrouver l’espoir, de se soutenir mutuellement dans un esprit de fraternité. La perte d’espoir est aussi liée à l’illusion qu’avaient certains de pouvoir renverser le cours des choses par la seule force des marches pour le climat ou d’un soulèvement populaire,. Beaucoup de militants prennent conscience aujourd’hui de la nécessité de passer par les urnes pour rompre avec le capitalisme financier, lutter contre le réchauffement climatique, reconstruire un monde vivable et solidaire, refonder la démocratie, c’est-à-dire changer le système. Maiis cela suppose de convaincre les classes populaires d’aller voter.

Mais il faut pour cela des perspectives claires, des engagements communs, une crédibilité. La convergence sociale mais aussi politique est plus que jamais nécessaire. Elle est en train de s’amorcer à travers le développement de multiples collectifs nationaux (Plus jamais çà, CNNR, Se fédérer, PEPS, Tous ensemble, etc.) qui pour le moment travaillent parallèlement, mais qu’il est essentiel de faire converger.

Pour y contribuer, nous avons inventorié les multiples propositions formulées depuis le mois de juin pour « changer de cap ». L’objectif n’est pas de définir un programme à la manière d’un parti mais de faire ressortir les débats déterminants pour que chacun s’en saisisse et se fasse une opinion. Il est essentiel de les approfondir sur le terrain au sein de groupes citoyens, et pas seulement dans des négociations d’appareils.

Ce numéro met l’accent sur les expériences porteuses d’alternatives, avec l’objectif de vous faire découvrir la richesse et la diversité des actions menées sur le terrain et de constituer une boîte à idées pour agir localement. Ces multiples actions communes : solidarités de voisinage, luttes pour l’emploi et les droits, coopératives, jardins partagés, etc. montrent qu’il est possible par soi-même de changer les choses. Elles constituent un puissant facteur d’espoir et d’éducation populaire, à condition de bien expliciter leur sens.

Toutes ces questions vont être débattues aux rencontres qui vont se dérouler à Montceau-les-Mines à la fin de la semaine prochaine, du 28 au 30 août. Qu’entend-on par changer de cap ? Quelles actions prioritaires ? Comment mettre en relation toutes les initiatives locales, les luttes et les réflexions ? L’objectif est de mieux se mettre au service des différentes initiatives. On vous attend !

Didier Minot

Président de « Changer de cap »