Monnaies locales et finances solidaires

La pêche à Montreuil, outil de transformation sociale, expérience d’économie humaine

Plusieurs dizaines de monnaies locales et complémentaires citoyennes développent aujourd’hui en France, sur des bases communes, des solutions alternatives au désordre global constituent la crise écologique, économique, politique et sanitaire. À travers des formes d’échanges reposant sur les choix démocratiques, les citoyens peuvent se réapproprient l’économie et la rendre plus humaine. Voir ici la carte interactive

La Pêche, monnaie locale née à Montreuil, a été créé en 2012 par l’association Montreuil en transition. Elle est utilisable, à la manière dont pour restaurant, par les citoyens, les associations, les institutions et collectivités, des entreprises avec pour objectif d’encourager l’économie réelle et locale, de réduire notre empreinte écologique, de combattre la spéculation les paradis fiscaux.

On trouvera ici sur le site de la Pêche des explications détaillées sur la façon dont ça marche, le circuit monétaire avec ou sans monnaies locales, des informations actualités sur l’aventure démocratique que représente ce projet

La Peche eventail

Terre de Liens collecte l’épargne solidaire pour une gestion écologique du foncier

Terre de Liens est né en 2003 de la convergence de plusieurs mouvements liant l’éducation populaire, l’agriculture biologique et biodynamique, la finance éthique, l’économie solidaire et le développement rural.

L’originalité de Terre de Liens vient d’une triple articulation, entre un réseau associatif, la foncière Terre de liens, entreprise d’investissement solidaire ouverte aux citoyens, et une fondation d’utilité publique. La Foncière Terre de Liens émet des actions afin de recueillir de l’épargne citoyenne. Celle-ci est utilisée pour acquérir des fermes en vue de l’installation de paysans pratiquant l’agriculture paysanne, biologique ou biodynamique. Ces agriculteurs louent les terres à Terre de Liens selon les principes du fermage. Terre de Liens signe avec ses fermiers des baux ruraux environnementaux, qui possèdent des clauses obligeant le fermier à respecter des règles environnementales (agriculture biologique, préservation de haies, mares, zones humides, etc.) En 2016, la Foncière Terre de Liens comptait 11 460 actionnaires, 50 M€ de capital, 202 fermiers installés pour 122 fermes acquises. L’association nationale fédère les associations régionales, présentes dans toutes les régions.

L’association Terre de liens Bourgogne Franche-Comté est impliquée dans 10 projets en agriculture biologique et biodynamique : maraîchage, viticulture, brebis, chèvres, vaches, cochons, transformation laitière, viande, forêt. Près de 500 sympathisants mobilisent temps et/ou finances pour les actions de Terre de liens en Bourgogne-Franche-Comté. Les bénévoles s’investissent dans des groupes locaux ou sur des actions très précises (tenue de stand, rédaction d’articles et d’outils de communication, gestion du bâti, chantiers participatifs…).

http://www.terredeliens.org

39800 POLIGNY, N°166, 2017

La  Cigogne

organise une monnaie locale en sud Alsace.

Une monnaie locale (Monnaie locale complémentaire et citoyenne MLCC ) est un levier de mobilisation qui défend une certaine éthique. Fonctionnant sur une petite zone géographique, une monnaie locale incite les consommateurs et les commerçants à se fournir auprès d’entreprises ou de prestataires régionaux, ce qui dynamise l’économie locale. Ainsi, elle permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre car les produits achetés n’auront pas fait le tour de monde depuis leur lieu de fabrication !Grâce au réseau de l’association, les commerçants partenaires peuvent plus facilement se mettre en relation pour bénéficier des produits ou services créés sur le territoire.

Ainsi un commerçant qui fait partie du réseau de La Cigogne doit produire ou se fournir au maximum auprès de prestataires locaux. Donc le fait de voir l’autocollant “Ici on paye avec La Cigogne sur la façade d’une boutique est un gage de l’engagement du commerçant dans l’économie locale.

EXEMPLE :Après avoir dépensé des Cigognes auprès d’un salon de thé, celui-ci les dépensera à son tour auprès d’un petit producteur de confitures locales, qui lui-même tombera sous le charme d’une peinture d’un artiste local, qui lui-même ira prendre un petit-déjeuner au salon de thé. La boucle est bouclée !

Voir le site

N°297 – 68100 – 2020

CHIEMGAUER

 monnaie locale en Haute Bavière
  ( Prononcez : Kimgaoeur ) ,   

Chiemgau est une superbe région de la Haute Bavière, autour du lac Chiemsee. En 2002, lors d’une conférence de Christian Gelleri, jeune économiste et pédagogue, dans une école Steiner, 6 élèves ont l’idée de fonder une monnaie locale, dans le but de faire quelque chose de bien pour leur commune  ;  ils  développent ce projet durant  plusieurs  mois. Le Chimgauer naît en2003.

Le but initial est de promouvoir  producteurs et échanges  locaux : il faut pour cela encourager la circulation de la monnaie, donc éviter la thésaurisation qui caractérise l’Euro (90% selon C Gelli). Pour cela, la monnaie est «fondante » :il faut acquérir tous les 3 mois un timbre équivalent à 2% ; ainsi, elle perd de sa valeur si elle n’est pas mise en circulation. Cette monnaie se matérialise en bons  (billets), mais il est aussi possible de payer avec sa carte : la Regiocard, qui correspond au compte de chaque associé.

 En quelques années, 600 entreprises et magasins alentour acceptent les paiements en Chiemgauer, avec lesquels ils paient leurs achats locaux, ou qu’ils changent en Euros. Ils voient là l’avantage de fidéliser la clientèle. C’est un succès, les habitants  sont enthousiasmés de contribuer lors de leurs achats au développement durable de l’économie locale et aux circuits courts. Il déborde les frontières, Arte en parle, la TV japonaise envoie une équipe pour un reportage !

Voir l’explication en francais

Voir le site en allemand            qui diffuse nombre d’informations et une liste de lectures,

En savoir plus

 Bavière, Allemagne ; N°294  ;  2020   

 

 

La ville grecque de Volos met en pratique un système économique alternatif

Dans la ville grecque de Volos (une petite localité de 100 000 habitants), la mise en pratique d’un « Réseau d’échange et de solidarité » depuis maintenant 2010 ne procéde pas tant de la situation économique que de la nécessité de constituer une alternative faisant face à l’actuel système capitaliste.

 

L’idée de base est partie des multiples expériences de communauté de troc, qui échangeaient produits et services sans utiliser de monnaie. Dans le cas de Volos, l’idée fut perfectionnée avec la création d’une plate-forme d’échanges, le TEM (Unité alternative locale) adossé à un système informatique au fonctionnement aussi simple qu’efficace dans ses résultats. Les mouvements entre vendeurs et acheteurs sont inscrits immédiatement sur un compte grâce à Internet, sans commission ni intérêts. « ce qui est important c’est que les gens se connaissent et qu’il existe une confiance mutuelle. Notre initiative est motivée d’abord par la nécessité de mettre en application nos valeurs et de changer le système économique actuel. Le réseau a été pensé contre lui, en tant forme alternative d’échanges économiques.

La monnaie locale Palmas au Brésil

La Banque Palmas fonctionne à partir d’un fonds monétaire en réals (monnaie en vigueur au Brésil) qui est transformé en un fonds équivalent en Palmas (monnaie du quartier). Pour chaque palmas émis, un réal est gardé à la banque. La banque accorde alors, sur ce fonds :e- Des crédits à la production, délivrés en reals (jusqu’à 10 000 reals, environ 3850€). La banque privilégie le soutien à la création et le développement d’activités qui répondent aux besoins du quartier, identifiés grâce à une cartographie de la consommation et de la production locale, établie par enquêtes.

Des crédits à la consommation, délivrés en Palmas : Des micro-crédits à la production ou à la consommation, basés sur la gestion et la diffusion d’une monnaie locale : le Palmas, indexé sur le Real (1 palmas = 1 real) et ne circulant que dans un quartier spécifique.

En matière de  de démocratie économique, la banque est une propriété des habitants.

Un forum socio économique local permet le contrôle social dans la communauté et le choix des produits à mettre en avant. Les prêts pour la consommation et la production sont accordés après un entretien avec un agent de crédit qui écoute et analyse le projet, puis donne l’accord avec l’aval du voisinage. Le taux de non recouvrement des crédits à la production est d’environ 2,5% et le taux de non recouvrement des crédits à la consommation est de 1 à 1,5%.

Chaque mercredi les habitants sont invités à venir débattre sur les problèmes rencontrés dans le cadre du « Forum économique local », où ils peuvent aussi exprimer questions et propositions sur l’activité de la banque et la vie du quartier.

Banco Palmas a été fondée en 1998 par Joaquim Melo, ancien séminariste arrivé dans la favela « Conjunto Palmeiras » en 1984 et qui ne l’a plus quittée. Il gère actuellement le réseau des banques communautaires.

En savoir plus

Video

Partenariat CCFD

N°262 ; Fortaleza , Nordeste, Brésil ; 2017

 L’institut Palmas  fédère aussi des programmes :

– d’insertion professionnelle pour les jeunes et les femmes en situation de risque social, d’accompagnement vers le retour à l’emploi, de chômeurs , de sensibilisation et de mobilisation des habitants par des campagnes pédagogiques sur les fondamentaux de l’économie solidaire, ainsi que de formation dans le cadre d’une école de formation aux économies solidaires.

– de renforcement du réseau des commerçants et des producteurs locaux et de développement de coopératives locales.

N°262 ; 2017

Le trèfle, monnaie locale  citoyenne à Périgueux

La plupart des monnaies locales se revendiquent d’une intention écologique ; elles sont donc d’emblée des exemples de « monnaie verte ». La crise du confinement et du déconfinement pourrait-elle donc être l’occasion d’un second souffle pour les MLC ? Contrairement à ce que  constatent Jérôme Blanc, Marie Fare et Oriane Lafuente-Sampietro, dans l’enquête 2019-2020 sur les ML « on peut raisonnablement supposer que l’extension rapide du nombre de ML constatée durant la décennie 2010 ne se poursuivra pas dans les quelques années qui viennent » (2). Mais c’était avant !

 la crise CoVid a provoqué dans le réseau d’intenses réflexions sur la place des MLCC dans le monde d’après : https://mypads.framapad.org/p/04les-mlc-une-reponse-a-la-crise-3m16sp7sp, réflexion qui devra sans nul doute se poursuivre

 

Voir le site « le trèfle » membre des MCC

N°293 – 2020