231 Maj juin 2019

 

Depuis 2009, le projet de la Biovallée est de mettre en œuvre en vraie grandeur une réelle transition écologique à l’échelle d’une portion du département de la Drôme, grâce à des moyens publics importants et un fort engagement de l’ensemble des acteurs et des habitants. Depuis 2014 (changement de contexte politique), le projet s’est recentré en misant bien davantage sur l’initiative et la mobilisation des habitants

Le territoire, plus rural qu’urbain, regroupe trois communautés de communes (Val de Drôme, Crestois-Pays de Saillans, Diois), avec une centaine de communes, La Biovallée compte un tissu associatif très important qui s’est historiquement impliqué dans la mise en place de projets de territoires, des démarches de développement local participatif, initiées dès les années 1990, associant l’ensemble des conseillers municipaux des petites communes et les citoyens volontaires, qui se poursuivent aujourd’hui. La Biovallée est aussi caractérisée par un très fort taux de terres en agriculture biologique (26% contre 2,5% en moyenne en France). Cette vallée est riche de ses ressources naturelles, sols, eau, vent, soleil et beaucoup d’habitants sont déjà convaincus des bienfaits de l’écologie. Elle se veut un territoire de référence en matière de développement durable.

  1. Le projet Biovallée a été rendu possible notamment par la volonté opiniatre de Didier Jouve, militant écologiste de la première heure, directeur adjoint de la communauté du Val de Drôme élu vice-président EELV de la région Rhône-Alpes de 2009 à 2014, qui avait la double approche d’une écologie appliquée et d’un aménagement du territoire participatif. Il est malheureusement brutalement en octobre 2018.

Un protocole d’accord Biovallée a été signé en octobre 2010 entre la Région Rhône-Alpes, le Conseil général de la Drôme et les 3 intercommunalités de la vallée de la Drôme (Val de Drôme, Diois, Saillans). Il prévoyait de faire de ce territoire une référence au niveau européen en matière de développement humain durable, avec des objectifs ambitieux pour 2020 : diminuer les consommations énergétiques de 20 %, diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 20 %, passer à 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation, diviser par quatre les consommations énergétiques de chaque habitant composter 100 % des déchets organiques, atteindre 50 % d’agriculteurs certifiés AB, développer des formations de haut niveau dans le domaine du développement durable. L’ambition de devenir le premier éco-territoire rural, par l’accueil d’activités de formation, de R&D, d’activités économiques dans les domaines du développement durable (agriculture biologique, énergies renouvelables, écomatériaux et écoconstruction etc.).

La Biovallée a bénéficié de 2009 à 2014 de financements publics conséquents : une dotation de 10 millions d’euros va permettre l’émergence de 191 projets de 2009 à 2014, financés à hauteur de 45 millions d’euros durant cette période. Au cours de cette période, des projets significatifs ont été réalisés : la réhabilitation thermique du centre de vacances du Martouret à Die, l’aménagement d’un éco-quartier de 80 logements à Loriol (voir ici) , la mise en place de l’écosite d’Eurre, sorte de campus bio géant avec salle de conférences et pépinière d’entreprises éco compatibles.

Une nouvelle étape : compter sur sur l’initiative et la mobilisation des habitants

Cependant, l’ambition de ce projet reposait sur une volonté commune des acteurs du territoire, de la région et du département. Les changements de majorité au niveau de la Région et du département se sont traduits par la suppression brutale des crédits qui permettaient d’atteindre rapidement ces objectifs. Le projet de la Biovallée a néanmoins survécu, avec des financements beaucoup moins importants. Des fondations comme la fondation Daniel et Nina Carasso ont partiellement pris le relais des financements publics (voir ici).

Le projet s’est recentré en misant bien davantage sur l’initiative et la mobilisation des habitants. En effet, même si des actions de sensibilisation avaient été menées en direction « du grand public », la plupart des 56 000 habitants de la vallée n’étaient pas conscients des enjeux de la transition écologique et encore moins du foisonnement d’initiatives et de la créativité des acteurs de leur territoire. La communauté de communes du Diois a pris beaucoup de recul par rapport au projet afin de préserver une identité plus participative. Paradoxalement, le nouveau contexte peut contribuer les promoteurs de la transition écologique à prendre davantage en compte l’expertise d’usage et la capacité de participation de tous les habitants.

Nous avons mentionné ici l’expérience de la Biovallée, car elle illustre bien l’écart entre la démarche de planification nécessaire à une réelle transition écologique, à l’échelle d’une centaine de communes, et la pratique du municipalisme au niveau d’une petite commune telle qu’elle est pratiquée à Saillans. Or, il sera indispensable de rapprocher les 2 points de vue. Il serait intéressant d’expliciter l’articulation entre l’expérience de la Biovallée est celle de Saillans, qui fait partie du territoire.

Pour en savoir plus : Voir le site http://www.biovallee.fr/

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