Territoires de  transition écologique

Dans le Trièves (Isère), 40 ans de participation citoyenne

Dans le Trièves, le principe de participation des habitants à la définition d’un projet de territoire a guidé la démarche. Le projet retenu émane en grande partie des propositions des habitants ; dès 1952 , il s’est fédéré autour de la modernisation et de la mécanisation. Les programmes entrepris dans les années 1970 ont par la suite ouvert leurs champs d’investigation au tourisme, au logement, à la culture, à l’environnement.

Plusieurs lieux d’échanges et de travail ont permis que les habitants, les associations, les élus et les techniciens des collectivités locales réfléchissent et fassent des propositions :

– Les forums 21 : réunions publiques où  sont validées collectivement les propositions issues des ateliers, à soumettre aux élus.

– Les ateliers :  élaborent des propositions concrètes. Les citoyens et les associations sont associés .

– La cellule opérationnelle : composée des principaux techniciens des structures intercommunales : donne son avis sur la faisabilité économique, technique et juridique des actions proposées.

– Le conseil syndical : les élus examinent les propositions, font leurs propres propositions et prennent les décisions .

La concertation ne remet pas en cause le rôle décisionnel des élus, garants de l’intérêt général. Mais elle permet de garantir davantage l’efficacité des actions en impliquant les habitants. Les élus du Syndicat d’Aménagement du Trièves (les trois communautés de communes), initiateur et porteur de l’Agenda 21 du Trièves, constituent l’instance décisionnelle pour le programme d’action définitif.

Une charte de la participation a été définie le au sein d’un groupe d’habitants pour clarifier le rôle de chacun : habitants, élus, techniciens, associations…
 

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38650 ; N°232 ; Monestier de Clermont 2020

La participation des habitants à Loos-en-Gohelle (Pas de Calais)

Depuis 2001, Loos-en-Gohelle a engagé une approche systématiquement participative.  « Avec la participation des habitants, l’élu reste le décideur final, mais un décideur qui écoute, s’informe de la manière la plus large possible, essaie de comprendre, aide à construire la synthèse la plus élevée et met à profit l’expertise des citoyens pour construire un projet correspondant à leurs besoins réels. Un décideur qui cherche à faire adhérer, approfondit ses positions, développe son argumentation et explique ses convictions ».

Progressivement, les participants à ces dispositifs sont devenus acteurs, se forment et deviennent autant de relais de terrain. Même si ce n’est pas le but recherché, c’est en commençant à s’intéresser à la vie citoyenne de cette manière que des personnes ont ensuite souhaité prendre des responsabilités et sont devenus élus municipaux ou présidents d’associations…Voici quelques réalisations.

Le Forum local loossois : les habitants au cœur de la décision. La commune a mis en place une démarche de concertation  systématique, quel que soit le thème ou le projet traité (jeunesse, sécurité routière, Charte du Cadre de vie…). La population   participe à l’élaboration des projets communaux (comités de pilotage). Le « forum local » rassemble les dispositifs de concertation-participation. Au cours du mandat , environ 200 réunions publiques et de concertation ont été tenues, avec un objectif d’égalité d’accès des citoyens, y compris les plus démunis, à la discussion démocratique.

Le programme « Fifty-fifty » : Lorsqu’ un groupe d’habitants, une association, une école saisit la commune pour une action d’amélioration du cadre de vie , la commune soutient financièrement et techniquement le projet, mais la réalisation ou la gestion est effectuée par (ou avec) les demandeurs. Il s’agit de reconnaître le droit à l’initiative des associations ou des habitants, mais aussi de les responsabiliser. Ce système permet de mettre en œuvre davantage de projets. Par exemple, pour le trail des terrils loossois, une course organisée par la commune qui réunit des centaines de participants, chaque association peut présenter un projet en mairie qui en financera une partie. En revanche, les bénévoles de l’association s’engagent à donner un coup de main sur la manifestation.

Un PLU participatif. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) traduit l’engagement de la collectivité en faveur d’un développement urbain durable dans ses documents d’urbanisme, sur des thématiques telles que la mixité sociale et intergénérationnelle, la densité urbaine, l’écoconstruction, l’accessibilité… Il constitue l’un des outils de la définition de l’identité que les élus et la population souhaitent donner au territoire (dimension paysagère, vocation des espaces). Les habitants sont fortement associés au débat sur l’avenir de la ville via des ateliers participatifs. Les ateliers ont eu lieu en deux temps : par groupes (quartiers, jeunes, acteurs économiques et sociaux) puis tous ensemble avec les élus. Il s’agissait dans cette première phase d’apprendre à travailler ensemble et de sensibiliser les participants (une quarantaine) aux questions posées. Pour en savoir plus 

Ecoquartier Ouest : les leviers d’une participation dynamique.  Il s’agit de créer un écoquartier englobant trois cités excentrées  (Cinq, Belgique et Bellevue) et une ancienne friche minière (35 hectares, situés entre les cités). Une « gestion de proximité » par les habitants du quartier est en place depuis 2009. Un travail sur l’utilité sociale des associations a été engagé. Il a permis aux habitants de faire l’inventaire des forces et faiblesses du quartier et de se réapproprier le territoire. Ce travail avait aussi pour objectif d’affiner les thèmes des réunions de concertation et ateliers urbains organisés ensuite. Le site  de la ville

Voir aussi l’action menée en matière d’Eco construction

62750  Loos en Gohelle ; N°256 ; 2020

Non aux pesticides à Langouet

Ce village de 600 habitants a notamment fait l’actualité en mai 2020, à la suite d’un arrêté municipal limitant l’épandage de pesticides sur sa commune. Langouët avait entamé sa transition écologique bien avant cette attention médiatique !

 Tout a commencé  en 2000 à l’école maternelle et primaire,  avec ses panneaux photovoltaïques, son système de récupération d’eau de pluie pour la chasse d’eau des toilettes, son intérieur tout en bois, son potager et surtout, la première cantine de France à passer au bio il y a 15 ans.

Un nouveau projet de lotissement est en construction tout près du centre du village. Huit maisons en bois avec une très faible consommation énergétique, des panneaux solaires, un jardin partagé, pas d’éclairage public pour préserver la biodiversité. Pour les transports, la commune teste plusieurs solutions : une flotte de voitures en auto-partage dont une voiture électrique que les habitants peuvent louer à l’heure ou à la journée. La commune encourage également le co-voiturage ; un groupe de travail réunissant citoyens et institutionnels planche sur un  système de location de voitures entre voisins.

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35630 – n° 273 ; 2020