10 mars 2020

Autonomie et mobilisation face à la crise climatique, financière et sanitaire

 

Depuis 2 mois, les mobilisations se sont multipliées contre la réforme des retraites, la casse de l’hôpital public, la loi Blanquer, etc. Le gouvernement a décidé de passer en force pour imposer la réforme des retraites en utilisant le 49-3, mais cette victoire à la Pyrrhus n’est que provisoire, car la détermination du peuple est intacte. Cette décision a été prise en même temps que des mesures spectaculaires contre l’épidémie de coronavirus : fermeture du Salon de l’agriculture, des écoles les plus touchés, incitation à ne plus se faire la bise, etc. L’art de la dissimulation fait partie de la panoplie d’un gouvernement incapable d’argumenter sur le fond.

Pour autant, l’épidémie du coronavirus constitue un phénomène de première importance. Elle met en évidence la fragilisation de notre système de santé par les gouvernements successifs, et au niveau mondial, l’impasse où se trouve une économie-monde totalement interconnectée, gouvernée par les multinationales. Au cours de la semaine dernière, les bourses mondiales se sont effondrées de plus de 11 %. Tout indique un début de krach financier.

Dans ce contexte, il est essentiel de renforcer l’autonomie des territoires, d’une économie solidaire et de chacun d’entre nous. De multiples actions sur le terrain vont déjà dans ce sens, que nous devons mutualiser et renforcer. Mais l’autonomie que nous voulons n’est pas celle des ghettos de riches : elle va de pair avec le renforcement de la justice sociale, des solidarités et un changement de système.

On sait aussi que les protections sociales jouent un rôle d’amortisseur. Il est donc plus que jamais nécessaire de se battre pour retarder la destruction de l’État social. Une action publique de grande envergure est nécessaire. Mais elle doit se conjuguer avec la mobilisation des citoyens pour réinventer la démocratie.

D’innombrables collectifs citoyens se sont constitués au cours des derniers mois, incluant le plus souvent des membres d’associations, de syndicats, de partis politiques. Ces collectifs mettent oeuvre une éducation populaire sur le tas, des actions concrètes pour améliorer la vie dès à présent et renforcer l’autonomie des territoires.

Ces collectifs citoyens ont généré de nombreuses listes citoyennes pour les municipales dans les villes, mais aussi dans des bourgs centres et de tout petits villages, avec des démarches de démocratie directe : assemblées citoyennes pour co-décider du programme et des listes, ateliers participatifs, charte de principes et charte éthique, transparence de l’information, esprit de dialogue et de recherche commune.