1.5. Engager une nouvelle politique migratoire

Les politiques migratoires européennes visent avant tout à empêcher l’arrivée de personnes étrangères sur le territoire européen : politiques de visas restrictives, accords avec les pays tiers pour sous-traiter le contrôle des personnes en exil vers l’Europe, centres de « tri humain » (hotspots) dans les premiers pays d’entrée….

Cette gestion répressive et contraire aux droits fondamentaux constitue un échec effroyable, payé par des milliers de vies en Méditerranée, et la multiplication, année après année, de drames, de morts et d’insupportables souffrances humaines, encore aggravée par le Covid 19.

Face à une situation qui ne fait qu’empirer, il est nécessaire à court terme d’ouvrir davantage de voies légales d’accès au territoire européen, permettre un accès inconditionnel pour les personnes bloquées aux frontières extérieures et de faire cesser le non-respect du droit d’asile en Europe et en France.

À moyen terme, cependant, une politique d’accueil ne peut être que le complément d’une politique radicalement nouvelle de codéveloppement, réellement tournée vers un développement autocentré des pays les plus fragiles, vers la paix des pays en guerre, des relations commerciales équitables. Cependant, ce sont les misères, les guerres et le pillage des ressources qui conduisent un nombre sans cesse croissant d’habitants des pays dominés à prendre le chemin de l’exil, n’ayant plus rien à perdre (voir chapitre 7 : international)

À court terme, Régulariser massivement les travailleurs étrangers en situation irrégulière, qui constituent des soutiers anonymes indispensables à nos économies, exploités du fait d’une précarité entretenue.

L’initiative commune. Appel de 150 élus et militants A lire ici

34 mesures pour un plan de sortie de crise A lire ici

Abroger le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile législation d’exception de plus en plus complexe et répressive, discriminatoire, qui pousse à l’illégalité et organise racisme institutionnel

Pourquoi faut-il abroger le CESEDA ? FASTI, à voir ici

Au niveau européen, élargir les critères qui ouvrent droit au statut de réfugié pour prendre en compte les nouvelles causes d’exil forcé, et mettre en place un système d’asile européen commun qui garantisse le plein respect de la Convention de Genève et le libre choix de destination pour les personnes en quête d’asile.

La Cimade, Engager un changement des politiques migratoires, avril 2017, Voir ici

Au niveau national, refondre la politique migratoire en organisant une vaste concertation citoyenne, pour faire émerger des politiques alternatives d’accueil, comme l’ont demandé les États généraux des migrations.

Créer un titre de séjour unique autorisant à travailler, en abandonnant la logique de l’immigration sélective pour favoriser un droit au séjour fondé sur le respect des droits fondamentaux. Mettre fin aux situations où les personnes étrangères sont maintenues dans la précarité avec des titres de séjour sans droit au travail.

Supprimer toutes les formes d’enfermement spécifiques aux personnes étrangères. Aucune personne étrangère ne doit être privée de liberté au seul motif qu’elle ne dispose pas des bons papiers administratifs.

Cesser les violences policières à l’encontre des migrants et des réfugiés. Juger les bavures. Mettre un terme à l’intimidation des associations et des militants.

Mettre en application le principe de fraternité dans les pratiques administratives et policières en appliquant pleinement l’arrêt du Conseil Constitutionnel du 17 juillet 2017

La Cimade, Engager un changement des politiques migratoires, avril 2017, Voir ici

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