1.2. Garantir un emploi à tous ceux qui souhaitent travailler, revoir la hiérarchie des métiers

Prétendre faire une pause écologique pour « sauver l’économie, donc garantir l’emploi » est une imposture. La rigueur subie depuis 10 ans entretient un chômage permanent, conçue comme un outil de pression sur les salariés pour contenir l’inflation. De plus, une partie du sous-emploi français est dissimulée par le temps partiel subi, notamment par des femmes. La politique d’austérité budgétaire que le gouvernement français s’apprête à imposer à la population va encore aggraver le problème.

Au contraire, la reconstruction écologique crée énormément d’emplois, qu’il s’agisse de la rénovation thermique des bâtiments ou de la mise en place d’une agriculture intensive et biologique. De même, la reconstruction des services publics, les services à la personne, etc. sont également fortement créateurs d’emplois. La reconstruction écologique nous ouvre un monde de la surabondance (Gaël Giraud, A lire ici))

Il est nécessaire d’aller vers une garantie d’emploi, que l’État lui-même a expérimenté à chaud en se substituant aux employeurs pour assurer pendant 3 mois un salaire de subsistance à 10 millions de salariés.

Garantir un emploi à tous ceux qui souhaitent travailler, ou un revenu de base (débat)

La mise en place à une vaste échelle du chômage partiel montre qu’il est possible que le salaire soit considéré comme un droit, assuré par l’État. Il est proposé ici de pérenniser ce principe de sécurité sociale professionnelle (voir ici), qui est déjà celui des grandes entreprises publiques et des corps de l’État, et que l’État garantisse un emploi à tous ceux qui souhaitent travailler. Le travail cesse alors d’être une marchandise, car son existence et son utilité ne sont plus déterminés par le marché. Cela permettra de développer des emplois écologiquement ou socialement nécessaires, dans des secteurs que le capitalisme considère comme non rentables, mais qui apportent une forte valeur ajoutée sociale et écologique : entretien des ressources naturelles, services à la personne, réparations, etc. (Durand et Keucheyan). Mais le choix de l’emploi ne peut être entièrement libre car il faut des soignants, des ouvriers, des agriculteurs, des ingénieurs et pas forcément des traders. Et beaucoup devront se former aux nouveaux métiers. Dans une société où le temps de travail marchand est réduit chacun doit pouvoir être artiste, écrivain ou historien à temps partiel . (Sterdyniak A lire ici). Plusieurs positions font débat :

Position 1 Garantie d’un emploi à tous ceux qui souhaitent travailler, au salaire de base du secteur public ou davantage, avec des contreparties à mettre au point à travers un vaste débat public, en s’inspirant du régime des fonctionnaires ou des entreprises publiques

L’heure de la planification écologique, Cédric Durand et Ramzig Keucheyan, A lire ici

Position 2. Mise en place d’un Revenu de transition écologique. Le RTE s’adresse à des personnes physiques, en contrepartie d’activités orientées vers l’écologie ou le lien social, dans le cadre de coopératives de transition écologique (Dominique Bourg) / ou d’une formation professionnelle pendant le temps de cette formation (Gaël Giraud)

Dominique Bourg et alt. Propositions pour un retour sur Terre. A lire ici

Voir ici l’exemple de la première expérimentation de revenu de transition écologique à Grande-Synthe

Gaël Giraud, A lire ici

Position 3 Versement d’un salaire à vie, versé par la Sécurité sociale, considéré comme un droit politique, dès 18 ans, jusqu’à la fin de la retraite et  fonction d’une qualification attachée à la personne. Cette qualification reconnaissant chacun comme producteur de valeur.

Ce mécanisme doit être intégré dans un système socio-économique plus vaste, alternatif au capitalisme, qui promeut une vision anthropologique du travail plus libre et démocratique.

Vidéo du réseau salariat A voir ici

Article du Diplo Bernard Friot et Nicolas Castel A lire ici

Appel collectif : Revenu de base, l’urgence d’une société plus solidaire, A lire ici

NB. Ces 3 positions diffèrent des différents projets de revenu de subsistance, qui consistent à fondre l’ensemble des allocations de survie (RSA, AH, etc.) dans une allocation unique du même ordre de grandeur (450 à 500 euros/mois) avec des économies budgétaires, projet auquel les syndicats et les associations de chômeurs sont à juste titre fortement opposés

 

Développer la formation professionnelle aux métiers de la reconstruction écologique et sociale

Position 1 Lancer dès maintenant le chantier de la formation professionnelle. Pour amorcer la bifurcation énergétique et mener à bien la reconstruction écologique, il faut permettre à ceux qui acceptent de s’engager dans une reconversion professionnelle d’acquérir les compétences nécessaires, car il n’y a pas assez de professionnels avec les compétences adéquates.

Gaël Giraud La reconstruction écologique ouvre un monde de surabondance, A lire ici

Position 2 Le revenu de transition écologique a pour fonction (entre autres) d’outiller des porteurs de projet en termes de formation et d’accompagnement, pour franchir progressivement les étapes de la transition

Propositions pour un retour sur Terre, Dominique Bourg A lire ici

Revaloriser fortement les métiers nécessaires au fonctionnement de la société

On découvre que la survie des populations dépend du travail des « premiers de corvée », peu valorisés symboliquement et financièrement. Les métiers de la reconstruction écologique doivent faire l’objet de la même revalorisation, symbolique et matérielle.

Revaloriser fortement les métiers nécessaires au fonctionnement de la société et à la reconstruction écologique, que le capitalisme considère comme non rentables mais qui apportent une sorte forte valeur ajoutée sociale et écologique : entretien des ressources naturelles, prise en charge du grand âge et de la petite enfance, réparation, etc.

La crise du coronavirus nous oblige à réévaluer l’utilité sociale des métiers, Dominique Méda, A lire ici .

Instaurer une société de la reconnaissance, qui sache valoriser celles et ceux sans lesquels elle ne tiendrait pas : amélioration significative et sans délai des conditions d’emploi et le salaire, à commencer par le SMIC. Prise en charge des frais de garde par les employeurs, organisation de nouveaux centres de vacances dès 2020.

L’initiative commune. Appel de 150 élus et militants A lire ici

  

Une réponse

Les commentaires sont fermés.