Lieux et initiatives de mobilisation citoyenne auto-organisés

La Maison de la Citoyenneté Mondiale : lieu de démocratie directe depuis 2002

Elle se veut un lieu qui favorise l’expression, libère les énergies, contribue à l’émergence d’un nouvel imaginaire collectif. Son principe est de lier la réflexion à l’expérimentation, et de démontrer au quotidien que des militants, à première vue sans pouvoir réel, peuvent constituer des contre-pouvoirs, de nous enrichir de nos diversités et à découvrir nos ressemblances. Son activité repose sur cinq axes :

la citoyenneté, en organisant des forums citoyens et de multiples débats, en prenant position avec la participation de tous sur des questions de fond , en popularisant les valeurs et les initiatives des Citoyens du Monde. Les nombreux projets  découlent des initiatives citoyennes actions de solidarité, cyber-projets, banque du rêve, etc.

l’auto-organisation, en particulier en regroupant les chômeurs et précaires autour d’actions concrètes : constitution de groupes de chômeurs et de bénévoles pour assurer la défense individuelle et collective des chômeurs et précaires, accompagnement des démarches de recherches d’emploi et de logement, accès gratuit à Internet, comité de jeunes privés d’emploi. La MCM accueille le MNCP (mouvement national des chômeurs et précaires ) du Haut-Rhin.

l’économie solidaire : De multiples actions sont menées pour démontrer que l’économie doit être au service de l’Homme et que la monnaie doit retrouver sa fonction d’échange et ne pas devenir un moyen spéculatif. Les actions sont fondées sur l’entraide, le don et la réciprocité : SOS meubles, magasin pour rien, mutuelle de prêts solidaires, mise en réseau des expérimentations de monnaies complémentaires dans l’espace transfrontalier.

La société multiculturelle : Il s’agit de relier les solidarités d’ici aux solidarités de là bas : la MCM est un centre de ressources relais du réseau RITIMO ; ainsi la fonction d’écrivain public, ou le suivi des dossiers de demandeur d’asile. L’Écho des Alternatives est un média participatif : chacun(une) est invité(e) à envoyer les informations pertinentes : des annonces jusqu’au lundi soir pour une publication le mercredi matin (si possible avec une photographie ).

La solidarité internationale : LES CARAVANES DE L’ESPOIR    

La Maison de la Citoyenneté Mondiale (MCM) a lancé les « Caravanes de l’Espoir », périples « apprenants » à la découverte d’initiatives en Europe notamment  les   VOYAGES DE L’ESPOIR entre l’Allemagne  et la France.

STUTTGART–juillet 21

La Conférence contre la pauvreté de Baden-Württemberg (LAK) a invité les membres du groupe transfrontalier de la MCM à des rencontres autour du projet de lutte contre la précarité du Paulinen Brücke (pont séparant 2 quartiers de Stuttgart sous lequel se réfugient une centaine de précaires, dont beaucoup dépendent de la drogue ) ; Sous le pont, les SDF qui vivent là se sont exprimés, en étant, pour la première fois, après des années dans la rue sans droits, respectés, écoutés, dans des échanges d’égal à égal.

– MULHOUSE-septembre 21

Pour ce voyage en France, la MCM a réalisé un programme de visites et échanges en 3 endroits:

1) Wittenheim = Territoire zéro chômeur de longue durée, un projet décidé par le conseil municipal en 2018. Il s’agit d’inviter tou(te)s les chômeurs depuis plus de 6 mois à venir présenter leur demande, afin de leur proposer un emploi qui corresponde à leurs compétences et à leurs souhaits en les accompagnant , voire avec une formation. Il ne s’agit pas d’une concurrence aux entreprises locales : celles-ci sont bienvenues pour participer au projet. Mais là où  il n’y a pas d’offre, une entreprise À BUT D’EMPLOI (EBE) est créée, qui offrira des emplois sans valeur marchande, mais répondant aux besoins de la population. Une cheffe de projet mène les démarches, L’agrément pour cette EBE pourrait advenir début 2023.(Cf la présentation du projet par la mairie) 

2) Mulhouse = Table de la Fonderie Ce restaurant solidaire offre à tous des repas sains et goûteux, préparés par des bénévoles, à prix variables selon les revenus et livre les crèches de Mulhouse (600 repas). La monnaie locale, la Cigogne, que soutient et utilise la MCM, nous est présentée, ainsi que celle de Bâle, le BNB.

3) Les Voivres = Développement socio-écologique d’un village. . En 2000, le village allait perdre son école… il y manquait 11 enfants!

Le maire a décidé de rénover les maisons vides, de les racheter, et de les offrir en contrat location-vente à des familles ; ce fut le début d’une aventure qui se poursuit ; de jeunes familles arrivèrent, purent rénover leur maison par des chantiers d’insertion (600 embauchés depuis), puis il fallut construire une nouvelle école en créant des emplois d’ouvriers et d’enseignants ; le maire eut l’idée d’aménager une zone de pêche dans l’étang et de vacances autour, de miser sur les ressources en bois de la commune pour créer une couveuse d’ingénieurs du bois, dont 2 ont créé une entreprise qui s’agrandit et embauche, d’où la création d’une zone artisanale.

– En 2022, un nouveau voyage de l’espoir est prévu aux Pays-Bas.

68100 – Mulhouse – N°396 – 2022

L’écume du jour, un bistrot associatif, support d’activités multiples

A Beauvais, dans le faubourg Saint-Jacques, L’Écume du jour est à la fois un bistrot associatif ouvert à tous les publics, où chacun peut prendre une place en participant à une action collective, un réseau d’échanges réciproque de savoirs, un lieu de discussion, de restauration, d’apprentissages mutuels, d’expositions avec des résidences d’artistes, un centre de débats, la base pour des groupes de discussion ou d’échanges de parole

C’est un lieu de création de lien social et de solidarité permettant à des personnes d’horizons divers d’échanger, d’apprendre, de mieux se connaître et donc de faire des projets ensemble. Environ 500 personnes s’impliquent dans les différents groupes. Le point commun des groupes c’est l’importance du vécu, de l’histoire de vie, de l’expérience de chacun et des savoirs qui en découlent. Chaque personne a une place à prendre à part entière avec son histoire, ses émotions, ses sentiments, en tant que personne ressource. L’enjeu de ces actions est bel et bien la recherche et la construction d’un art de vivre, pour continuer à grandir ensemble.

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60000 BEAUVAIS ; N°120 ; 2020

La Maison de l’Amitié La Défense : la MDA

RENCONTRER ET ACCOMPAGNER LES PERSONNES DE LA RUE, A PARIS LA DEFENSE

Paris. Parvis de la Défense.  Au-dessus, les multinationales. En dessous, il existe un monde souterrain dans les parkings et les espaces de ventilation, sans aucune hygiène ni reconnaissance, habité par plusieurs dizaines de sans-logis, parfois des familles, venant de tous les pays qui sont souvent pourchassés par les vigiles. La MDA est un lieu fraternel, convivial, où les gens apparaissent et disparaissent sans qu’on leur demande des explications . Ele est aussi un témoignage de solidarité et de réciprocité dans un monde impitoyable. A la MDA, le climat aide à rompre avec l’isolement, à reprendre confiance et participer, à tenir debout.La MDA est ouverte dans la mesure de ses capacités d’accueil (jusqu’à 50 personnes ). Elle offre accueil et écoute ainsi qu’un accompagnement éducatif personnalisé à la demande de l’accueilli. Elle offre aussi des services de jour (se laver, laver son linge, se reposer) et un accueil de nuit  avec le SAMU social lors des grands froids. Le café  et les collations du matin se veulent des moments d’échanges et de partage pour chaque personne accueillie .

 La MDA vit  par la confiance qu’elle fait à chaque personne qui franchit sa porte. Cette confiance nécessite que chacun soit respectueux de lui-même et des autres (pas de violence physique ou d’agression verbale, respect des nationalités et des croyances, pas de vol), et respectueux des lieux (propreté de la Maison et de ses abords, participation au nettoyage et au rangement).

A l’intérieur de la MDA, chaque personne accueillie apporte d’elle-même pour le bénéfice de tous : soit par le partage de son expérience de vie ou de ses connaissances, soit en offrant son temps et ses capacités pour l’entretien des lieux ou l’entraide matérielle ou morale. Les bénévoles et les salariés, quand ils agissent au sein des locaux de la MDA, s’attachent à respecter une neutralité religieuse, politique et syndicale. L’objectif de l’action de l’association est de répondre aux besoins des personnes qui vivent dans la rue ou dans une très grande précarité et de les remettre en route, en les accompagnant dans la construction d’un projet de vie individuel.

 La rencontre est au coeur de la relation avec les personnes accueillies. Dans cette relation, la finalité est de rompre l’isolement dans lequel ces personnes sont, répondre à leurs besoins matériels, affectifs, spirituels, relationnels, leur permettre de retrouver une forme de dignité et d’identité.Il ne s’agit pas de s’imposer mais de se rendre présent aux personnes de la rue, et de se laisser soi-même rencontrer . Cette forme de présence peut demander quelques jours, plusieurs mois ou des années pour porter du fruit. Ce type d’intervention doit nécessairement s’inscrire dans la durée. Elle ne relève pas d’abord de l’urgence sociale, mais de l’accompagnement gratuit et inconditionnel de la personne. Les membres de l’association tissent avec les personnes qu’ils rencontrent une relation de confiance par une écoute attentive, dans un engagement personnel fort. A partir de cette relation de confiance et de fidélité peut naître un désir de se reconstruire et d’entamer un chemin personnel de réinsertion.

Voir le site 

Puteaux ; La Défense ; N°389 ;  2021

C.H.O.3.  – Collectif d’habitants organisés du 3ème, Marseille

Créé par une trentaine d’habitant.es suite à l’impulsion de l’association L’An 02 et de l’animateur local des compagnons bâtisseurs en 2019,  le Collectif des Habitant.es Organisé.Es du 3éme arrondissement de Marseille (C.H.O.3) est un syndicat qui se bat contre les injustices vécues par les habitants et défend leurs intérêts. Il est composé des premier.es concerné.es  qui subissent une précarité structurelle. La situation socio-économique est critique. Le taux de pauvreté atteint 75%, le taux de chômage monte jusqu’à 31,3%. Sur 45 000 habitants, 25 000 sont considérés comme pauvre par l’observatoire des inégalités. Le C.H.O.3 est indépendant des pouvoirs publics et de tout parti politique.

Les membres du C.H.O 3 sont à l’intersection de différentes oppressions : de classe, de race et de sexe.  La majorité ont peu d’ expérience militante. Dès qu’un.e habitant.e exprime une colère ou une injustice, les membres essayent de réunir le plus grand nombre de voisin.es concernés.es par cette dernière. A partir de là, ils et elles  se réunissent identifient les responsables, construisent des revendications et une stratégie pour créer le rapport de forces nécessaire pour être entendus. Le collectif cherche d’abord de petites victoires ( ex : obtenir des réductions dans les transport en communs)  pour donner de la confiance et de la puissance au groupe avant de s’attaquer  à des cibles plus grandes ( gratuité des transport).

Le C.H.O3 structure son fonctionnement avec la construction de groupe thématiques autogérés et autonomes animés par des membres – référent.es formé.es à l’animation et aux dynamiques collectives. Au sein de chaque groupe thématique (Mal logement, Accès aux droits, etc.) sont menés des campagnes collectives sur les thèmes choisis par les membres

Cependant, en raison de l’urgence sociale du territoire, aggravé par la crise sanitaire, le collectif ne peut se concentrer uniquement sur cette pratique de démocratie d’interpellation. Il est aussi un groupe d’entraide.Les deux confinements ont vu des formes spécifique d’entraide se mettre en place pour développer la solidarité entre les habitant.es, notamment par un système de compagnonnage lors du premier confinement où un.e habitant.e ( compagnon.nes) en aide un.e autre (voisin.es) logeant à proximité. Les participant.es sont souvent aidants et aidés.

Les problématiques sont débattus lors de réunions par campagne ( = luttes).

A  partir du groupe d’entraide du premier confinement les membres ont identifié les manquements des institutions et construisent des revendications et des actions afin que les pouvoirs publics répondent à l’urgence sociale.

De même, le groupe entame une réflexion sur la construction d’une autonomie alimentaire et d’une économie alternative.

Voir la page Facebook              Voir l’article de Mediapart 

Contexte COVID : Un organisation spécifique du C.H.O3 : le GROUPE D’ENTRAIDE entre Habitant.es du 13003 . Faisant le lien avec d’autres  associations du quartier et les institutions adéquates, elle accompagne diverses problématiques ; surtout alimentaires, mais aussi touchant aux loyers,  expulsions,  factures impayées (EDF, gaz….) ; au terme du premier mois de confinement les membres de la coordination ont compté 250 familles de plus en grandes difficultés,

N°368 ; 13003  MARSEILLE – 2021

Archipel citoyen à Toulouse

Archipel Citoyen porte et défend un renouveau politique pour la métropole toulousaine. Par l’information, la formation, le débat, l’éducation populaire et les actions de terrain, l’association a pour objectif de redonner aux habitantes et habitants le pouvoir d’agir sur leur ville en les plaçant au centre des décisions politiques. 

Le collectif Archipel Citoyen est né en 2017, fondé sur les notions de démocratie vivante et participative. En 2019 et 2020, dans le cadre des élections municipales, l’Archipel Citoyen a animé un appel à soutenir ses valeurs humaines, sociétales et environnementales tout en respectant son code éthique. Un processus de désignation inédit a abouti à une une liste citoyenne rejointe par des membres d’organisations politiques ; 14 de ses candidats sont élus d’opposition et  continuent à défendre son programme dans l’opposition municipale et métropolitaine.

En 2022, l’association Archipel Citoyen a retrouvé son indépendance face aux stratégies politiques institutionnelles. Elle poursuit son engagement et invite quiconque partageant ses à construire les alternatives toulousaines de demain.

L’association s’exprime notamment dans son journal « le pastèke » : Le Pastèke est porté bénévolement par les membres de l’association Archipel Citoyen et distribué en participation libre sur les marchés de la ville. Le Pastèke est :

  • Un trimestriel papier et  une version numérique actualisée et dynamique

  • Un observatoire des promesses et décisions politiques locales

  • Un œil attentif sur des luttes et initiatives individuelles ou collectives à Toulouse et sa métropole

  • Un décryptage de sujets de société et leurs impacts à venir sur la vie locale

  • Un objet de débat visant à instaurer un dialogue avec ses lecteurs.

 la Maison des Citoyens (N°300) offre un espace bienveillant où l’on écoute tous ceux que l’on n’entend pas habituellement.
Chacun-e  peut y retrouver un esprit positif, tisser des liens et libérer sa créativité.
C’est aussi Agir : chacun-e fait sa part à sa mesure, sur la base du volontariat, chacun-e offre de son temps pour co-construire des projetscollectifs.
C’est enfin Unir : c’est l’action porteuse de sens qui fédère et relie les personnes, au-delà des discours.

Consulter la charte des valeurs et principes d’Archipel citoyen

Voir le site

31000 – Toulouse – N°443 – 2022

 

Chômeurs de Saint Girons ( Ariège )

Cette association  fait partie du Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP).

Les missions du MNCP et des associations qu’il regroupe sont plurielles : de l’écoute, à l’appui moral et administratif, en passant par la défense des droits des demandeurs d’emploi ou encore à l’organisation de groupes de réflexion, ces structures sont souvent le lien entre les demandeurs d’emploi et Pôle Emploi. Leur rôle d’interlocuteur auprès des pouvoirs publics est primordial et l’expertise qu’elles tirent du terrain non négligeable.

L’association est ancrée dans le territoire ; elle  se développe et remplit un rôle essentiel dans l’accompagnement des précaires et des chômeurs ainsi que dans la création du lien social.

 09200 – Saint Girons ; N°388 ;  2020

Les mécanos du cœur, un garage solidaire dans la métropole marseillaise

Les mécanos du cœur se sont structurés en association 1901 il y a plus de 20 ans pour permettre à des personnes en difficulté d’entretenir et réparer leur voiture, outil indispensable pour avoir une vie familiale et un emploi. Elle rassemble à Marseille près de 200 adhérents. Il faut être adhérent pour bénéficier des divers services du garage. L’association emploie un aide-mécanicien et un responsable d’atelier, tous deux en contrat d’insertion à 26h / semaine.

Il faut être adhérent pour bénéficier des divers services du garage. L’association emploie un aide-mécanicien et un responsable d’atelier, tous deux en contrat d’insertion à 26h / semaine.

Des bénévoles assurent l’accueil au secrétariat et participent activement à l’animation du garage et des actions collectives (repas, fêtes, cours de mécanique…). 

Voir ici le site des Mécanos du coeur

13000. MARSEILLE ; N° 132 ;  2020

189 Vivre à Aniane, une initiative citoyenne auto organisée

Vivre à Aniane est née en 1995 d’un groupe Culture et Liberté local et de la lutte contre la mise en place d’un centre de rétention, qui avait généré la question « comment bien vivre à Aniane ? »

L’association « Vivre à Aniane » fait vivre un grand « jardin partagé », qui constitue la base de multiples initiatives pour renforcer les liens sociaux entre les habitants du village. L’espace dévolu aux jardins reste en partie collectif, lieu de rencontre entre jardiniers, adhérents sans jardin et amis. Une serre est construite pour élever les plants. Un fond documentaire a été constitué.

Plusieurs activités se sont greffées sur cette activité : production collective de plants, échange de recettes de cuisine, de graines, de conseils sur les pratiques respectueuses de l’environnement.

Vivre à Aniane, c’est aussi des fêtes, des soirées jeux, des, avec un grand abri central ouvert…. Fait remarquable : la gestion associative de cet « espace public » est entièrement assurée depuis 25 ans par une démarche participative des habitants du village autour de différents espaces qui naissent en fonction des initiatives : jardins pédagogiques, espace de pique-nique, groupes de musique, échanges culturels. Le maître mot est celui de partage.

Voir le site  http://vivreaaniane.org/lassociation

                       en savoir plus

N°189 – 34150 – ANIANE 6 2020

Les Lentillères, un quartier libre autoproclamé

Les Lentillères sont un « quartier libre », autoproclamé, au sud de Dijon, le long d’une voie ferrée, qui s’étend sur environ huit hectares. Cette ancienne friche a été reprise en main depuis dix ans par des jardiniers et des jardinières, et des occupant·e·s sans droit ni titre, venu·e·s d’horizons politiques, de milieux sociaux et appartenant à des générations différentes.

Longtemps la ville bourguignonne a voulu y construire un écoquartier, finalement abandonné n novembre 2019. Dans ce petit triangle urbain se fabriquent des agencements qui amorcent des antidotes au marasme politique ambiant : du jardin  dans la ville, des légumes et des luttes, des militant·e·s qui s’organisent avec des voisin·ne·s, des ancré·e·s dans le territoire avec des exilé·e·s, des retraité·e·s ,avec des jeunes qui refusent le monde du travail.

L’existence des Lentillères ouvre une brèche dans l’aménagement des villes et la logique marchande des métropoles « attractives ». C’est un miroir inversé renvoyé aux centres-ville vidés de leurs habitant·e·s populaires et de leurs petits commerces par les grandes enseignes et le tourisme mondialisé.

Voir ici l’article de Mediapart

21000 ; DIJON ; N°329 ; 2020

Accueil Goutte d’Or : justice, solidarité et égalité, pour construire ensemble la vie du quartier

A l’origine, Accueil Goutte d’Or (Paris 18ème) est une initiative des habitants du quartier. Le projet social de l’association se fonde sur les principes de l’éducation populaire : reconnaître la dignité de toute personne humaine, œuvrer pour faciliter le « vivre ensemble », faire vivre la démocratie au plan local. C’est un lieu où se rencontrent les habitants d’un quartier, des usagers, des adhérents, des bénévoles, des salariés, divers partenaires. Les projets de l’association se construisent dans ces échanges, avec des valeurs de justice, de solidarité et d’égalité. Le quartier « Goutte d’or » dans le 18ème à Paris se caractérise par une forte proportion d’émigrés et de jeunes, un faible niveau de formation, une précarité et un taux de chômage élevés. AGO touche plus de 2000 habitants sur les 22 000 habitants du quartier.

Aux actions « socles » (permanence sociale, actions de formation et de socialisation dirigées essentiellement vers les femmes, accompagnement à la scolarité, activités d’expression, sorties culturelles et loisirs pendant les vacances, activités collectives et conviviales à destination des familles) s’ajoutent suivant les années des activités selon la demande des habitants. Toutes ces activités forment un tout qui permet au Centre d’être un repère et une ressource pour les familles du quartier, un lieu où se côtoient des générations et des situations de vie différentes, un lieu en lien avec les services administratifs auxquels ont affaire les habitants du quartier. L’association fonctionne avec 14 salariés et 80 bénévoles qui mettent en œuvre les activités, encadrés par les salariés. AGO est présent sur le quartier depuis 1979 avec une équipe très stable, d’où un climat de confiance avec les habitants, né du partage du vécu.

Voir ici le site, l’esprit et les actions

75018 PARIS ; N° 4  ; 2020

Demain Messimy (Ain) agit pour savoir comment vivre au quotidien écologiquement

Le collectif « Demain Messimy-sur-Saône » (1200 habitants) s’est constitué en mai 2019 pour servir de poil à gratter, sous forme d’association collégiale et sans président, avec une vingtaine de participants actifs Il a travaillé avant les municipales, avec un objectif de participation citoyenne, à un programme de transition écologique au niveau communal et intercommunal, en lien avec Alternatiba Beaujolais et les gilets jaunes de Villefranche, mais n’a pas pu constituer une liste.

L’association mène des actions pour savoir comment vivre au quotidien écologiquement, avec par exemple des idées de jardin collectif, de mise en place de panneaux voltaïques, …. Elle projette de monter un poulailler collectif construit et entretenu par les habitants. Elle fait également un travail de veille sur la cohérence écologique des projets communaux et intercommunaux pour faire des propositions complémentaires, par exemple sur le plan climat-airs-énergie-territorial (PCAET), désormais obligatoire au niveau intercommunal. Le nouveau maire, qui fait partie de l’association, se dit favorable à ces projets.

voir le site départemental

01480 ; MESSIMY ; N° 349 ;  2021

A Montréal, des « Tables de quartier » pour un développement social équitable

Les 29 tables de quartier de Montréal, créées entre 1970 et 1995, regroupent dans le cadre de « l’Initiative montréalaise de soutien au développement social local » les organismes communautaires agissant sur le logement, la petite enfance, l’emploi, les personnes âgées, les institutionnels comme les écoles du quartier, les centres locaux d’emploi (sortes de Pôles Emploi), la police de quartier, les centres de santé et de services sociaux, les citoyens et, la plupart du temps, les élus d’arrondissement. Les différents acteurs : élus, associations, institutions, citoyens ont tous le même poids.

Tous les trois à cinq ans, chaque Table de quartier élabore un plan d’action qui comporte des « petites » actions et des actions concertées de long terme comme la transformation d’un îlot de logements dégradés en un nouvel espace de vie avec services. Au-delà des politiques sectorielles, l’action collective concertée est désormais considérée comme un moyen d’intervention efficace

Au fil du temps, les Tables sont devenues à Montréal les principaux espaces consacrés à un développement social local équitable, pour répondre aux grands défis sociaux : pauvreté, exclusion sociale, vieillissement, où l’on prend des décisions collectives. Conséquence de ce succès : les initiatives se multiplient, la tâche est conséquente, et le travail de concertation prend de plus en plus de temps. En 2015, la Fédération des Centres Sociaux de France (FCSF) s’est emparée de cette idée pour lancer une expérimentation de Tables de Quartier en France. En collaboration avec le collectif Pas Sans Nous, 12 Tables ont été lancées. Un Kit d’appui au lancement d’une Table de Quartier est disponible ici

H1V 2X2 Montréal (Québec) ; n°249 ; 2015

La Maison des alternatives solidaires de Bagnols-sur-Cèze

La Maison des alternatives solidaires de la région bagnolaise est un espace pluriel et diversifié qui cherche à bâtir un monde plus juste et plus solidaire. Depuis sa création, la MAS a toujours poursuivi ces mêmes objectifs, de mixité sociale, d’échanges et d’émancipation.  Elle constitue aussi un lieu de création, de recherche et d’alternatives, de mutualisation des moyens humains et matériels au service des mouvements et des associations. Ces objectifs se concrétisent par plusieurs activités pour favoriser l’expression culturelle de chacun, développer les initiatives des usagers et les échanges avec les autres associations, mettre en valeur toutes les compétences.  Elle était née en 2009 de la volonté de plusieurs associations fondatrices ( Peuples solidaires, Attac Gard rhodanien, Entraide protestante, Femmes solidaires, Ufal, Riposte ) de créer un lieu de partage au service des associations et des personnes . Elle comprend :

  – une table solidaire, lieu de rencontres et d’échanges, avec des repas à 3 ou 6 € avec un menu unique

– une épicerie solidaire, accessible sous condition de ressources, qui aide 50 familles et 160 personnes avec  un rayon bio, en partenariat avec Biocoop

  – un café solidaire 

– des ateliers d’échanges de savoirs sur la cuisine qui attirent des gens de l’extérieur et favorisent une grande mixité sociale.

Les impacts de ces activités sont nombreux longs termes de confiance, de plaisir retrouvé, de considération et d’engagements, de meilleure intégration citoyenne.

voir le site

30200 – Bagnols sur Cèze – N°486 – 2022

Terrain d’entente (42) construit avec les plus méprisés

Terrain d’entente est  présent dans le quartier le plus pauvre de St Etienne, s’ adressant à ceux qu’on ne voit nulle part dans les réseaux, qui ne poussent pas les portes des structures sensées accueillir tout le monde. De ce fait, leurs difficultés, leurs aspirations ne sont pas prises en compte. Il s’agit de comprendre comment le quotidien est vécu par ces familles :  des enfants trop souvent dans la  rue, des logements surpeuplés, des ressources insuffisantes, un travail indigne, des maladies invalidantes  à partir de 40 ans, peu de perspective d’avenir. La précarité est un vécu si contraignant que la tendance pour une personne qui la subit est de renoncer à des besoins fondamentaux comme l’alimentation de qualité, l’accès à la santé, à la culture… Cette situation, où les familles renoncent à leur propre devenir est de plus en plus répandue. Pour ce qui concerne  le fonctionnement des établissements  scolaires , il est est complètement étranger à la compréhension de certaines familles ; pour ce qui concerne des retards de prestations de différents services administratifs où les agents sont injoignables  ….

Il faut gérer ces galères ; Ces savoirs faire « galère » peuvent devenir une ressource pour tous nos collectifs.  Ce lien de proximité permet de s’engager dans des actions qui reposent sur des besoins réels, des aspirations manifestées.  Des actions qui se réalisent avec les personnes concernées, en lien avec d’autres collectifs.

Terrain d’Entente développe une démarche pédagogique originale : C’est une pratique qui interroge les formes conventionnelles de l’intervention sociale,  et remet en question les manières de faire et de penser . C’est une pédagogie de la proximité, de la réciprocité, de l’amitié. Il s’agit  de  mettre en évidence le profond délitement de notre organisation sociale qui ne sait plus prendre en compte les aspirations de tous ceux qui sont le plus impactés par ce système toujours plus inégalitaire, injuste, violent. Un système qui abandonne tous ceux qui souhaitent par dessus tout faire partie intégrante de la société et y apporter leur contribution.Comment sortir d’une situation de victimes de la violence sociale pour construire les solidarités concrètes, reprendre en main nos conditions de vie pour une vie plus digne, où chacun se sent partie prenante ?

A Terrain d’Entente, chaque fois que possible, on rend visible ce qui est caché pour que la situation telle qu’elle est vécue par les familles soit prise en compte.   

Chaque année,  des activités sont développées ; ellesi partent des aspirations, des envies, avec la participation active des enfants, des jeunes, des adultes.

Voir le site

Lire aussi Le Livre « la voix-e des femmes » (Ed. Le social en fabrique, Josiane Gunther) Voir ici

42000 SAINT-ETIENNE ; N°48 ; 2022