Lettre N°31 14 décembre 2021

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Résister au nom de nos convictions, c’est possible !

Pour sortir du grand cyclone actuel qui détruit tout ce qui fait société, nous avons lancé un appel à multiplier les groupes d’entraide et de coopération pour s’entraider, résister, débattre d’un socle commun de convictions. Vous pouvez encore le signer ici. Un réseau d’une soixantaine de groupes s’est constitué sur ces bases.

Il constitue une infime partie des groupes et des collectifs qui foisonnent aujourd’hui. Ces actions montrent que résister, c’est possible, sous des formes très diverses : collectifs citoyens et syndicats d’habitants, solidarité avec les précaires, les sans-voix, les isolés et les plus fragiles, petits groupes d’échanges pour agir selon ses convictions, lieux à vivre autogérés où chacun est reconnu…

Les milliers d’actions d’entraide menés sur le terrain sont porteuses de sauvegarde ou de reconstruction écologique, de dons et de partage, d’économie solidaire, de droits à l’alimentation, à des papiers ou à des services de base.

Ces actions sont aussi sources de créativité dans l’invention de nouveaux modèles économiques, sociaux, démocratiques et culturels et en préparent la mise en application au niveau politique. Elles indiquent des voies nouvelles de reconstruction du combat politique et institutionnel, qui reste bien sûr indispensable pour le respect des droits.

Derrière ces multiples initiatives apparaissent des principes éthiques, une recherche de sens. Elles sont toutes porteuses de la règle d’or qui consiste à faire passer le bien commun avant son seul intérêt particulier. Elles mobilisent non seulement nos capacités rationnelles d’organisation et d’ingénierie, mais nos ressources symboliques, relationnelles et imaginaires.

Nous avons tous un langage du sens, différents selon convictions, notre histoire, nos appartenances sociales ou religieuses. Face à un système qui tend à effacer cet enracinement et prétend fabriquer un « homme nouveau » uniformisé, nos diverses convictions ne sont pas des obstacles à combattre. Elles constituent le socle indispensable au renouvellement de notre engagement citoyen.

Ces exigences morales nous aident à retrouver un socle de principes intangibles qui en toutes occasions devraient nous guider. Au premier rang desquels le respect de la vérité, la dignité, le droit de chacun à une existence digne. Elles nous somment de faire physiquement intellectuellement et barrage à des décisions qui nous sont imposées de façon unilatérale. Il est temps de se mobiliser pour faire front, en exigeant que ces principes soient respectés de façon inconditionnelle.

Le projet politique de la reconstruction écologique et sociale est celui du développement d’une humanité reconnue comme une, dans un monde soutenable, orientée vers les besoins fondamentaux, intimement unie au cosmos et au vivant.

Cette dimension éthique et spirituelle (au sens d’ouverture à l’altérité et d’union au vivant) sera également nécessaire pour tenir dans la durée face au décalage entre les perspectives sombres des évolutions en cours, l’ampleur et l’urgence des changements à opérer et l’immense résistance du vieux monde face aux transformations nécessaires. Il s’agit de constituer des cellules permettant une résistance de longue durée.

Ces milliers d’actions sont d’ores et déjà expérimentés et commencent à essaimer. Il s’agit donc à la fois de cultiver un « imaginaire » qui nous nourrit et de reconnaître dès à présent la portée des innombrables gestes concrets qui permettent de dessiner les contours d’un monde à finalité humaine, déjà là et à construire. Le combat essentiel, de nature culturelle, est de faire prendre conscience de cette réalité, afin que chacun puisse être acteur de sa propre vie et citoyen d’un monde solidaire.

Un débat autour de ces questions aura lieu mercredi 15 décembre de 18 heures à 20 heures

avec les signataires de l’appel et tous ceux et celles qui se sentent concernées par ces questions.

Vous êtes tou.te.s les bienvenu.e.s !

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15 exemples de groupes d’entraide et de résistance

Nous  présentons ici 15 exemples de groupes d’entraide, collectifs citoyens ou associations. Ils  montrent qu’il est possible de résister et d’agir avec ses propres forces pour s’entraider, répondre aux besoins de première nécessité, (re)construire des espaces de confiance et de solidarité, retrouver le sens de notre action, face à l’urgence climatique, à l’explosion de la misère et de la précarité, à la déshumanisation imposée et au recul des libertés publiques.

Sommaire : 


Accès aux droits et fraternité

E-Cnou (eux c’est nous !)  Les ruraux de Montreuil-sur-Mer accueillent les exilés de passageUne centaine d’habitants de l’arrondissement de Montreuil sur Mer, face aux côtes anglaises, ont créé l’association « E-C-Nou » (« Eux c’est nous ! ») pour venir en aide aux exilés passant par là. Ils montrent que dans leur longue marche vers l’exil les migrants peuvent trouver en rural des habitants mobilisés, prêts à leur offrir un chemin digne dans l’exode qu’ils vivent, et qu’ils n’ont pas perdu le sens de l’hospitalité. Les migrants sont hébergés gratuitement chez l’habitant. L’association a réalisé l’an dernier 12 000 nuitées, sans aucune subvention. Avec Terre d’errance, Ecnou participe aux douches, au tri du linge, à la fête de Noël, à l’opération « Bienvenue chez nous » et à différentes actions proposées par le Secours Catholique (visite à l’hôpital, groupe de paroles de femmes…) et achemine régulièrement des vélos. 62170 ECUIRE Voir le site

L’Arche d’Alice à Fréjus combat toutes les précarités. En 2013, L’association investit les ruines de la Maison jaune, tout près de la rivière Argens, à Fréjus, après les terribles inondations de 2011, 2013 et 2014. « Donnez-nous des ruines, avec peu de moyens financiers et de bonnes doses d’huile de coude jointes au savoir-faire et au goût artistique de quelques bénévoles, nous en ferons des lieux à vivre accueillants et parfaitement intégrés ! ». Aujourd’hui, l’Arche d’Alice, sans aucune aide financière, a réalisé un lieu à vivre qui propose un hébergement sur place de trois mobile-homes, une cuisine collective ; un jardin potager biologique, un atelier de réparation d’électroménager et d’objets divers, une boutique solidaire, des maraudes (2 fois par semaine) et la distribution de repas. Uniquement basées sur l’implication de ses bénévoles et résidents, toutes ces activités ne sont possibles que par leur adhésion à l’éthique que propose la charte des lieux à vivre, élaborée en collectif avec les autres lieux à vivre de l’Union Interrégionale. 83600 FREJUS (voir ici)

Des petits groupes pour se retrouver, échanger, agir en cohérence

Groupe solidaire Feuquières en Vimeu « Avec quelques voisins, nous fonctionnons déjà dans la bienveillance et la solidarité : partage des récoltes du jardin (avec ceux qui n’ont pas de jardin), partage de lectures….mais nous voulons étendre à d’autres petit à petit, autour de discussions et d’entraide plus large. Aussi, il est bienvenu d’échanger autour de ces pratiques, d’avoir de nouvelles idées, de voir comment sortir de l’entre-soi paralysant ». 80 FEUQUIERES EN VIMEU

Résistance citoyenne à Avignon. Le groupe des gilets jaunes d’Avignon a regroupé beaucoup de monde, jusqu’à Cavaillon et Orange. Mais avec le COVID il y a Il y a an écrasement de toute la vie sociale nous empêche de nous retrouver, d’être en réseau. La société est fragmentée et ça en décourage beaucoup. Pour tenir le coup, nous avons créé Résistance citoyenne, un groupe d’une dizaine de personnes qui continue de se réunir. Pour entretenir la mobilisation, nous nous retrouvons chanque semaine pour des journées de fraternisation avec pique-nique, randonnée, concours de pétanque, petite présentation au début, discussions. Il y a des actions d’entraide avec les étudiants en difficulté nous proposons des repas à emporter. Nous participons aussi aux manifestations qui redémarrent. 84130 LE PONTET

RECIT Viroflay (Yvelines). Depuis 2010, un groupe de partage s’est constitué avec une douzaine de personnes, sur Viroflay Chaville pour s’écouter mutuellement, aider chacun à mieux faire le lien entre ses convictions et son action. Les membres du groupe sont différents dans leurs activités, leurs options. Le groupe se réunit en soirée tous les 2 mois, chez l’un ou chez l’autre. Pour chaque séance, on choisit un thème ou on écoute l’expérience de l’un ou l’autre. Chacun parle à tour de rôle en essayant de s’impliquer personnellement.. Au début, un débat d’une demi-heure sur l’actualité est organisé. Ces temps réguliers d’écoute réciproque et d’échanges développent une confiance et une fraternité entre les membres. Ils ont permis à chacun de rendre plus objectif son engagement ou sa vie. L’entraide est une aide réciproque au discernement. Il s’agit plus d’un groupe de parole que d’un groupe d’entraide matérielle. 78220 VIROFLAY

Des collectifs citoyens ou syndicats d’habitants

C.H.O.3 est un syndicat d’habitants tous terrains, né en 2019 dans le 3ème arrondissement de Marseille pendant le premier confinement, alors que beaucoup d’habitants du 3e arrondissement de Marseille vivant du travail informel avaient perdu toute ressource et que les organismes caritatifs étaient désorganisés. CHO3 se bat contre les injustices vécues par les habitants, développe l’entraide, notamment par un système de parrainage (compagnonnage) où un habitant en aide un autre logeant à proximité : beaucoup d’aidés deviennent ainsi aidants. Il informe les habitants de leurs droits, transmet les demandes aux institutions, débat de  certains problèmes lors de réunions, auxquelles sont parfois invités des élus ou fonctionnaires pour que les institutions se mobilisent. Pour construire des alternatives au système dominant, les membres construisent collectivement des réponses à leurs besoins urgents (trouver un travailleur social, organiser des distributions – couches, alimentation -, trouver des ressources, etc.), limitant ainsi les effets de la crise alimentaire et sociale. Ils définissent des stratégies d’actions pour accéder à leurs droits. Voir la page facebook

En particulier, CHO3 vient d’obtenir 50% de réduction sur les transports marseillais pour les 13 000 personnes bénéficiaires de l’aide médicale d’état. Voir ici le communiqué de victoire  

La Maison de la Citoyenneté Mondiale, un espace de fraternité source de multiples projetsLa MCM est une association citoyenne qui œuvre  pour  la paix et la fraternité universelle. Depuis 2002, elle favorise l’expression, libère les énergies, contribue à l’émergence d’un nouvel imaginaire collectif. Son principe est de lier la réflexion à l’expérimentation, de démontrer au quotidien que des militants à première vue sans pouvoir réel peuvent constituer des contre-pouvoirs, s’enrichir de leurs diversités et découvrir leurs ressemblances.  Son activité repose sur quatre 4 axes : la citoyenneté, en organisant des forums citoyens et de multiples débats, en prenant position avec la participation de tous sur des questions de fond ou d’actualité. Les solidarités internationales et la société multiculturelle. Il s’agit de relier les solidarités d’ici (avec celles et ceux qui nous sont proches) aux solidarités de là-bas (avec celles et ceux qui sont lointains). Les solidarités. De multiples initiatives ont été prises dans ce sens : fonctions d’écrivain public, suivi des dossiers des demandeurs d’asile, débats multiples. La MCM est relais du réseau RITIMO. L’auto-organisation, en constituant des groupes de chômeurs et un comité de jeunes privés d’emploi, de prêter et de bénévoles pour assurer la défense individuelle et collective des chômeurs et précaires, accompagner des démarches de recherches d’emploi et de logement. La MCM accueille le MNCP du Haut-Rhin.  L’économie solidaire. A travers de multiples actions basées sur l’entraide, le don et la réciprocité : SOS meubles, Magasin pour rien, monnaies complémentaires. 68100 MULHOUSE voir le site 

Économie solidaire

La Coopérative d’Achats Groupés Ethique & Territoriale (CAGET) regroupe 300 familles sur un territoire 300 000 habitants du Nord-Isère, répartis en 10 groupes. « Nous redonnons vie et résilience au territoire dans un contexte de crises imbriquées, alors que la nouvelle crise (alimentaire) s’approche. L’objectif est de permettre à tous les citoyens une alimentation saine, gustative et nutritive avec des produits locaux à des prix concurrentiels, face à la grande distribution menteuse et tricheuse ». En court-circuitant le commerce mondialisé CAGET redonne vie et résilience au territoire. Un projet de monnaie locale sera opérationnel début 2022. 38290 LA VERPILLIERE (voir ici)

Epicerie collaborative de Lavilledieu. Nature et partage, association de protection des équilibres fondamentaux de la biosphère, a mis en place l’épicerie Monépi, qui fait partie du réseau des Épis. Les Épis sont des épiceries participatives créées et gérées par leurs adhérents. Leur fonctionnement est facilité par une plateforme informatique qui sert à la fois de boutique en ligne et d’outil de gestion. Les Épis combinent les avantages des circuits alternatifs (produits locaux et de qualité, prix de gros sans marge ajoutée) et la réduction de l’impact sur l’environnement. L’épicerie organise aussi des échanges de pratiques sociales et culinaires 07170 LAVILLEDIEU Voir le site

Magasin pour rien. Le magasin pour rien, lancé en 2010 par la Maison de la Citoyenneté Mondiale de Mulhouse, accueille à la fois des personnes qui viennent donner des objets en bon état dont elles n’ont plus l’usage (vêtements, vaisselle, jeux, etc.) et des personnes qui viennent y faire leurs emplettes sans débourser un centime : ici, chacun est libre de prendre gratuitement cinq objets, 15 vêtements adultes, 10 vêtements enfants, un sac à main, des bijoux, trois CD ou une paire de chaussures. C’est un espace de solidarité et de partage ouvert à tous et à toutes.  Le magasin pour rien de Mulhouse a été le premier à voir le jour en France. Depuis, il a fait de nombreuses émules. Il fonctionne avec des bénévoles, réunis autour de Mireille Gigante, la cheffe de projet. 68100 MULHOUSE voir la page Facebook 

Education, culture, santé

L’écume du jour, réseau d’échange de savoirs et un bistrot associatif à Beauvais, dans le quartier populaire du faubourg Saint-Jacques, C’est aussi un lieu de discussion, d’apprentissages mutuels, d’expositions avec des résidences d’artistes, un centre de débats, une base pour des groupes de discussion. Son rôle est de créer du lien social et de la solidarité en permettant à des personnes d’horizons divers d’échanger, d’apprendre, de mieux se connaître et donc de faire des projets ensemble. Environ 500 personnes s’impliquent dans les différents groupes. Chaque personne a une place à prendre à part entière avec son histoire, ses émotions, ses sentiments, en tant que personne ressource. Le point commun est l’importance du vécu, des histoires de vie, de l’expérience de chacun et des savoirs qui en découlent. L’enjeu de ces actions est la recherche et la construction d’un art de vivre pour continuer à grandir ensemble. 60000 BEAUVAIS Voir le site

Les Psys du Cœur sont une association de bénévoles, thérapeutes et accueillants qui apportent un soutien thérapeutique aux personnes défavorisées ou éloignées de la démarche psycho-thérapeutique, répondant aux situations de détresse. Des permanences se sont ouvertes à Paris en 2009, puis à Annecy, en 2013, Rennes en 2015, Grenoble, Suresnes et Valence en 2016. L’action prend une ampleur nouvelle dans la période actuelle où les souffrances psychiques se multiplient et où les inégalités explosent. En 2019, plus de 1000 séances de soutien thérapeutique ont été réalisées en France. Depuis le confinement, l’association a développé un accompagnement par téléphone par vidéo par des entretiens anonymes et confidentiels (en français et en anglais). « Au cœur des villes, au plus proche des citoyens, nous nous positionnons comme un des acteurs de la santé mentale, en lien avec les institutions et tous les acteurs des champs médico-psycho-sociaux, éducatifs et économiques » 75019 PARIS Voir le site

Caves à Musique : la musique pour tous dans un territoire désindustrialisé A Tergnier, dans l’Aisne, autrefois grande gare de triage, Caves à musique contribue à promouvoir la musique vivante par l’enseignement et la diffusion auprès de l’ensemble de la population,  en premier lieu auprès de ceux qui y ont difficilement accès. C’est le seul lieu convivial, de rencontres, de création, de vie et d’expression dans un territoire marqué par la désindustrialisation. Il donne le goût de la curiosité, permettre de se découvrir et découvrir les autres. Caves à musique cultive avec succès un esprit de partage des connaissances, de   rencontre et d’échange entre générations et entre communautés différentes. Ce qui rassemble et entretient la mobilisation aux Caves à Musique, c’est l’épanouissement de la personne, l’humanisme, l’utilité sociale, le développement local, la laïcité, la démocratisation de l’accès de toutes et tous aux connaissances. 02700 TERGNIER Voir le site

 

Victoires et bonnes nouvelles

En Inde, les paysans obtiennent le retrait de la « réforme » agricole

Ils protestaient depuis un an. Les manifestations massives de centaines de milliers de paysans indiens et les campements aux portes de New-Delhi ont finalement obtenu l’abrogation des trois lois de réforme agricole. Celles ci prévoyaient de grandes dérèglementations, la suppression des tarifs minimums d’achat et l’accroissement de la mainmise des grandes firmes sur les terres. Voir ici L’article de Reporterre 

Le nouveau revers d’Amazon à Fournès dans le Gard le prouve : Contenir Amazone, c’est possible !

Depuis plus de deux ans Attac, les Amis de la Terre, la Confédération paysanne, Solidaires ou la CGT et des collectifs locaux luttent contre Amazon et son monde.

Après des mobilisations d’ampleur contre le Black Friday partout en France en 2019 puis en 2020, plusieurs décisions de justice ont obligé Amazon a fermé des entrepôts pour non-respect des obligations de santé et de sécurité, abandonné des projets d’entrepôts géants à d’Ensisheim en novembre 2020 et de Montbert en octobre 1921. Voir ici

Le nouveau revers d’Amazone à Fournès dans le Gard montre que ces les mobilisations portent des fruits. Le 12 novembre, le tribunal administratif de Nîmes a annulé l’autorisation environnementale du projet d’entrepôts d’Amazon au pont du Gard.

Ces victoires pour la protection des terres, le climat et les emplois locaux montrent qu’il est possible de contenir Amlazon. Elles interrogent sur la légalité de l’expansion d’Amazon à marche forcée avec le soutien du gouvernement et parfois celui d’élu·e·s locaux ne voyant que leur intérêt immédiat.

Pour saluer ces deux ans de mobilisation, Attac et les Amis de la Terre ont initié et produit un clip de HK & Juga « À ma zone » que nous vous offrons et vous invitons à diffuser sans modération.

CHO3 obtient 50% de réduction sur les transports pour les bénéficiaires de l’AME

Le collectif des habitants de Marseille obtient 50% de réduction sur les transports pour les 13 000 personnes bénéficiaires de l’aide médicale d’état 

voir ici le Communiqué de presse du Collectif des Habitants Organisés du 3e arrondissement (CHO3) :

Luttes/solidarités/actions

Mobilisation massive des magistrats contre la politique du chiffre qui ruine l’idée même de justice

Plus de 6000 magistrats et greffiers (sur 9000 juges au total, du jamais vu) ont signé l’appel « Nous ne voulons plus d’une justice qui n’écoute pas et qui chronomètre tout », après le suicide d’une de leurs jeunes collègues le mois dernier. Ils se rassemblent mercredi 15 décembre dans toute la France pour dénoncer l’approche « gestionnaire » de la justice, la politique du chiffre qui ruine l’idée même de justice égale pour tous et soulignent la « discordance » entre la volonté de rendre une justice de qualité et la réalité du quotidien.

Aujourd’hui, la parole se libère sur la désespérance dans une profession à bout de souffle. La souffrance au travail s’expose désormais sur les réseaux sociaux avec le mot-clé #JusticeMalade. La Cour de Cassation elle-même a adopté une motion dénonçant, outre la pénurie chronique de ressources humaines et matérielles, les réformes multiples, conçue et menées. Voir ici pour en savoir plus

Stop Accord UE-Mercosur 

L’accord UE-Mercosurest largement rejeté par l’opinion publique encore loin d’être enterré, alors que les promesses de « relocalisation » sont progressivement mises en sourdine. Au moment où Emmanuel Macron prend la présidence de l’Union européenne le 1er janvier 2022, il convient d’augmenter la pression pour que l’accord UE-Mercosur soit abandonné, et qu’il ne revienne pas par la fenêtre une fois la présidentielle passée.

Le collectif Stop accords UE-Mercosur propose de contacter vos collectivités locales (communes, communauté de communes, départements, régions, etc) pour les inviter à voter un voeu « en faveur de l’abandon de l’accord UE-Mercosur et en faveur de la relocalisation écologique et solidaire ».

Site Stop TAFTA : https://www.collectifstoptafta.org/accord-ue-mercosur/article/stop-accord-ue-mercosur-demandons-aux-collectivites-territoriales-de-s-engager

19 décembre : les associations en lutte contre Tropicalia fêtent leur 1er anniversaire.

Depuis un an, le collectif « Non à Tropicalia » s’oppose à la construction de ce grand projet inutile, gigantesque serre chauffée à 28° toute l’année qui doit accueillir dans le Pas-de-Calais des espèces animales et végétales importées de régions tropicales. Artificiel à 100 %, gourmand en terres, énergie, matériaux et fonds publics, ce projet est une aberration alors que le 6e rapport du GIEC (août 2021) sonne le tocsin contre le réchauffement climatique. Le 19 décembre, le collectif  fête l’anniversaire de sa première manif ! Voir ici

Comprendre et s’informer

Les cinq principales associations dénoncent une grave dégradation du traitement des personnes exilées

Dans une déclaration solennelle, les responsables des cinq principales associations œuvrant auprès des personnes exilées (Amnesty, CIMADE, Secours Catholique, médecins du Maonde, médecins sans frontières), dénoncent une grave dégradation du traitement des personnes exilées, à travers une politique qui vise à dissuader ces personnes de faire valoir leurs droits et à les rendre invisibles, en les chassant du moindre campement constitué, en leur refusant les protections élémentaires, en renonçant à pourvoir à leurs besoins essentiels comme leur accès aux soins, à un hébergement, à l’hygiène, en les renvoyant illégalement de l’autre côté de la frontière, en les enfermant, en détruisant leurs affaires. Des pratiques désormais répandues, qui n’ont jamais apporté autre chose que des souffrances supplémentaires, la fracturation de nos sociétés, et l’affaiblissement du socle de nos valeurs communes.

Ils appellent, dans une tribune au « Monde », à ouvrir un « vrai dialogue » sur la politique d’accueil de la France, « hors de toute caricature ou calcul électoraliste » impliquant tous les acteurs, y compris la société civile.  « Il est temps d’élever le débat et de changer de posture pour construire une politique respectueuse des droits fondamentaux » déclarent-ils. Voir ici

La transalpine Lyon-Turin, un vif débat entre défenseurs et opposants au projet

Nous avons répercuté dans la Lettre N°30, une information présentant la liaison ferroviaire Lyon-Turin comme un grand projet inutile, contesté par les populations, la Cour des Comptes, etc. Cet article nous a valu des commentaires critiques de la part de militants de Chambéry, nous montrant l’existence d’un vif débat régional. Les militants de diverses sensibilités sont d’accord sur la nécessité de faire transiter la majorité des marchandises par le train, de lutter contre le réchauffement climatique, la pollution et contre les nuisances du transport routier La question centrale est de savoir si la ligne actuelle a les capacités suffisantes pour absorber un report modal (de la route au train) supérieur à 50 % . Chambéry Cap à gauche  (voir ici) estime que la ligne actuelle n’a pas les capacités suffisantes pour absorber cet objectif. L’analyse de Daniel Ibanez (voir ici) estime que la ligne actuelle n’est pas à pleine capacité et peut absorber le surcroît de trafic. N’étant pas des spécialistes du transport ferroviaire, nous ne trancherons pas cette question, mais nous observons que l’interdiction aux camions du tunnel du Mont-Blanc fait l’objet d’une très forte mobilisation des habitants de la vallée de l’Arve et risque de reporter le trafic vers le Fréjus.

Il y a également débat sur le coût de l’investissement qui ne serait et que de 17 milliards et non 26. Nous nous garderons bien de prendre pour argent comptant les montants financiers annoncés, au vu des dépassements de coûts de la quasi-totalité des grands travaux. Les promoteurs du projet se placent également dans l’optique de la reconstruction d’un grand service public ferroviaire et d’une politique d’aménagement du territoire au niveau français et européen.  Cette polémique montre la difficulté de concilier une vision écologique locale, (qui insiste sur les pollutions liées au chantier et la destruction de nappes phréatiques et des écosystèmes) et une vision en termes de planification écologique, nationale et européenne (avec des enjeux de flux de transport, de santé, d’émissions de gaz à effet de serre, de pollution, de santé publique).

Agenda, vie du réseau, publications

Rencontres Écologie au quotidien de Die et de la Bio-vallée

Les 20èmes  rencontres Ecologie au quotidien de Die et de la Bio-vallée auront lieu du Vendredi 21 au Dimanche 30 Janvier 2022. Elles auront cette année pour thème « Solidaires…. pour une Terre Vivante ». 10 jours de débats, conférences, spectacles, anomations, ateliers, ciné-débats pour penser les enjeux écologiques d’aujourd’hui et ceux de la vallée de la Drôme et le Diois de demain. Voir ici

Education bien commun, par Raymond Millot, préface de Ludivine Bantigny

Dans un petit essai qui rassemble l’essentiel de 60 ans de parcours politique et d’expérience pédagogique, Raymond Millot, acteur historique de l’éducation émancipatrice, montre l’ardente nécessité de l’éducation émancipatrice comme un bien commun, nécessaire pour faire face au changement climatique et pour donner à nos enfants les outils pour faire face un avenir qui sera difficile. Ce livre tourné vers l’avenir montre que l’éducation doit être l’affaire de tous et non plus l’instrument du pouvoir politique.. L’éducation, un bien commun, par Raymond Millot, 5,80 euros, éditions Massot. Peut-être commandé en librairie

Coopérative Cocebi: 100% bio et coopératif. Nouveau livre des éditions REPAS

En Bourgogne, quelques agriculteurs passés à  l’agriculture biologique depuis les années 1980 ont développé depuis cette date une coopérative 100% bio pour pour commercialiser leurs céréales, en travaillant avec le mouvement des coopératives de consommateurs, en défendant leur vision de l’agriculture et de la bio au sein des structures professionnelles et gouvernementales, ces hommes et ces femmes répondent aux grands enjeux environnementaux. Par la Coopérative Cocebi 168 pages 15 euros, collection Pratiques Utopiques. Commander ici en ligne 

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