Lettre N°18  24 octobre 2020

Face aux logiques de haine et  de repli, développons la fraternité

L’assassinat barbare d’un enseignant par un jeune réfugié, fanatisé à travers les réseaux sociaux, suscite à juste titre une immense réprobation dans le pays. Ce terrorisme islamiste, qui n’a rien à voir avec la pratique religieuse de nos concitoyens musulmans, a un objectif : répandre la terreur sur toutes et tous, s’attaquer à la démocratie et à l’école publique, séparer les citoyens en prétendant initier une nouvelle guerre de religion.

L’émotion suscitée par l’assassinat de Samuel Paty se traduit par une surenchère entre l’extrême droite, la droite et le gouvernement. Celui-ci, tout à son projet de siphonner l’extrême droite, multiplie les atteintes aux libertés et dresse en filigrane une sorte de responsabilité collective des musulmans.

Nous sommes encore dans ce temps du deuil et de l’émotion. L’important est de ne pas céder au découragement et à une solidarité négative de la haine de la vengeance. C’est exactement ce que souhaitent les terroristes.

« Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance » : nous préférons la position du Premier ministre norvégien, après le massacre d’Utoya, en 2011, aux discours guerriers d’Emmanuel Macron et de beaucoup de responsables politiques.

Cet événement sans précédent ajoute une dimension supplémentaire à plusieurs mois de campagne anxiogène autour de l’aggravation du COVID, bien réelle mais instrumentalisée, une intervention du Président de la République sur le thème du séparatisme, suivi de la restauration d’un couvre-feu dans les métropoles.

On ne parle plus dans les médias ni de la gestion à nouveau calamiteuse de la pandémie et des moyens accordés parcimonieusement aux hôpitaux, ni des licenciements qui pourtant se multiplient, ni du million de nouveaux pauvres recensés par le Secours Catholique, ni des atteintes aux libertés. Mais ces questions vont bien vite revenir.

Urgence sanitaire, menace terroriste, couvre-feu, interdiction de manifester, crise du Covid : tout cela ne favorise pas la riposte nécessaire à la dégradation de la situation sociale. Ni celle non moins nécessaire à la reconstruction de notre écosystème face à la crise écologique et à l’inaction du gouvernement, quand ce n’est pas pire avec la réintroduction des néonicotinoïdes. Nous ne doutons pas que face aux urgences sociales, écologiques et démocratiques, le mouvement citoyen trouvera les moyens de se faire entendre.

C’est pourquoi nous avons choisi dans ce numéro d’insister sur le positif, sur la fraternité et la solidarité qui anime des centaines de milliers d’actions sur le terrain.

Didier Minot

De multiples actions porteuses de fraternité et de solidarité

Ces actions figurent sur le site www.changerdecap  avec beaucoup d’autres.

Les Gilets jaunes de Mirepoix organisent des journées du don en tout genre, y compris de conserves avec les invendus du marché

A Mirepoix, une équipe active de gilets jaunes se réunit chaque samedi sur le coté du rond-point et organise des rencontres, des discussions, accueille les paroles. 

« Tous les lundis, nous récupérons des invendus à la fin du marché, pour les redistribuer gratuitement à qui veut. Les commerçants nous connaissent. Deux gilets jaunes cuisinent ce qui reste, font des conserves et une fois par mois nous faisons une journée du don ».

« Avec ces actions, nous revenons à une solidarité à travers des dons en tout genre : partage et échange des idées, des savoirs, des astuces, des savoirs-faire et de produits. Et nous reprenons aussi la place publique ».

GJ Mirepoix

Terre d’errance, une solidarité active avec les migrants en zone rurale

Terre d’Errance, est une petite association de « chtis » née spontanément au vu de la détresse de celles et ceux qu’on appelle « les migrants », ces personnes exilées en transit qui traversent la France à la recherche d’un endroit où trouver refuge.

Depuis la fin des années 90, des exilés sans refuge survivent dans les villages proches de l’aire de services de Saint-Hilaire-Cottes sur l’A26, pour tenter d’entrer dans les camions en partance de Calais, à 60 km, vers la Grande-Bretagne. En février 2007, un collectif d’aide est créé, qui s’organise pour apporter de l’eau, des vêtements et de la nourriture, amener des tentes.

Terre d’Errance défend les droits des personnes migrantes et de leurs soutiens, informe et sensibilise l’opinion publique sur les migrations internationales, vient en aide aux exilé.e.s en transit, sur le plan humanitaire et social.  

Cela se traduit par la récupération, le tri et la distribution des dons alimentaires, la lessive de vêtements. Des soins sont dispensés quasi quotidiennement par un médecin et trois infirmièr.e.s bénévoles.

Face à une violation permanente des droits fondamentaux et du droit tout court par les autorités, cette initiative traduit la volonté irrépressible des citoyens et des citoyennes de faire respecter le droit et la dignité humaine.  Voir le site

Les écouteurs de rue d’Accueil Goutte d’Or

Le projet des « écouteurs de rues » est porté par Accueil goutte d’Or et l’association GRANDIOSE, association de professionnels formés à l’écoute (psychologues, psycho praticiens, gestalt praticiens et thérapeutes, psychothérapeutes).

Il consiste à aborder des sujets qui sont de l’ordre de l’intime, de la sphère privée dans l’espace public. Toutes les personnes qui le veulent ont la possibilité de s’entretenir avec une personne bienveillante et exercée, sans jugement sur sa situation, en toute  confidentialité.

C’est la possibilité pour chacun de ceux se confier ou de demander conseil. Ce travail d’écoute contribue à leur donner conscience que s’occuper de soi, parler de soi, rentrer en relation et exister en face de l’autre est une dynamique positive et constructive.

Tous les mois, à l’angle de la rue Polonceau et  de la rue des Poissonniers Voir ici la page web

Ecouteurs de rue

Les mécanos du cœur, un garage solidaire dans la métropole marseillaise

Les mécanos du cœur se sont structurés en association 1901 il y a 18 ans pour permettre à des personnes en difficulté d’entretenir leur voiture. Si Elle rassemble à Marseille prés de 250 adhérents à jour de leur adhésion. La cotisation est de 5 €. Il faut être adhérent pour bénéficier des divers services du garage. 

Le garage est ouvert aux adhérents qui désirent auto-réparer leur voiture pendant une semaine, tous les deux mois. L’association emploie une mécanicienne en contrat de droit commun. 

Il est demandé à tous les adhérents de participer activement à la gestion et à l’animation du garage et des actions collectives (repas, fêtes, cours de mécanique…). Voir ici le site des Mécanos du coeur

Confiance et écoute autour de la naissance

CALIN, Centre Associatif Lorrain pour l’Innovation autour de la naissance, informe, conseille et soutient les futurs parents. C’est dans cette période d’hypersensibilité qu’est la grossesse que la femme qui attend un enfant a besoin d’être en accord avec son corps et sa tête, d’être confiante en ses capacités à faire naître.

Des réunions mensuelles de parents, constituent des moments de partage, d’échange autour de la grossesse, de l’accouchement, de l’allaitement et du parentage, CALIN propose un soutien et une information objective basée sur l’expérience des parents et des intervenants bénévoles. CALIN c’est aussi le soutien à la création de Maisons de Naissance.

Une Maison de naissance est un lieu d’accueil des femmes enceintes et de leur famille, un lieu convivial qui respecte la liberté et le besoin d’intimité des parents. C’est une structure autonome, située en dehors des établissements hospitaliers, mais qui travaille en réseau avec l’ensemble du système et des praticiens de santé … Lire la suite.

Voir le site

Télé Millevaches, la radio qui créé des liens

Télé Millevaches est une télévision locale qui réalise de nombreux reportages et autres objets audiovisuels non identifiés sur la montagne limousine. Son objectif est de faire  vivre le territoire en rendant visible les liens et les inititiatives des habitants et de contribuer au lieu au bouillonnement culturel et politique du pays.

Soyons francs. Télé Millevaches n’est pas une télé, car elle n’a pas de canal attribué. Mais elle diffuse ses films au bout de ses petits bras musclés sur le Web, en projection publique, par le biais de DVD en prêts gratuits que l’on trouve dans toutes les mairies et médiathèques du plateau. Plus de 350 reportages sont en libre accès, depuis 1986 ! Voir ici le site

Fichés F comme fraternité, comment un village accueille un ami soudanais

Cette vidéo de Télémillevaches raconte comment, suite aux efforts pour éviter l’éloignement de leur ami soudanais en exil, les habitants de Faux-la-montagne proposent une conférence de presse à la mairie. Ils décrivent son parcours depuis le Soudan et sa situation actuelle en France puis contredisent point par point, documents officiels à l’appui, les affirmations de la préfète de la Creuse.

Elle relate l’accueil organisé à Faux-la-Montagne et les intentions qui la motivent. Cette vidéo d’une durée de 1h30 est souvent technique, mais chargée d’émotions. Pour voir la vidéo cliquez ici 

Télémillevaches 1

Vitruve, l’école de la coopération et de la citoyenneté

L’école Vitruve est une école publique axée sur les projets, la coopération et la mise en place d’une vie démocratique pour les élèves et pour les enseignants. C’est une école hors normes qui dépasse le cloisonnement par classes. L’école elle-même est un projet. Elle a été fondée en 1962 avec un double objectif : lutter contre l’échec scolaire important dans cet arrondissement et créer un lieu de formation des enseignants.

Les projets sont constants, sous toutes les formes possibles et à tous les niveaux. Ils organisent les apprentissages. Certains  sont récurrents, comme la braderie ou les classes vertes pour tous les élèves.

C’est avant tout la volonté de travailler la coopération qui guide l’école : coopération entre enseignants, coopération élève-enseignants, entre élèves, avec les parents, avec les intervenants extérieurs, le personnel communal…

Depuis le début de l’expérimentation, les évaluations convergent. Les élèves de Vitruve vivent la citoyenneté ici et maintenant. Les apprentissages purement scolaires sont au moins identiques aux autres écoles. Là où les résultats sont nettement meilleurs, c’est au niveau des compétences psycho-sociales et de citoyenneté. On prépare les futurs citoyens, on en fait les citoyens de l’école. Les élèves de Vitruve ont développé toute une série de compétences qui leur permettent toute leur vie de s’adapter plus rapidement. Voir le site

Des milliers d’actions similaires

Des actions similaires sont repérables partout en France et dans le monde. Comme on l’a vu pendant le confinement, la solidarité fleurit au cœur de l’épreuve comme une réciprocité et une co-responsabilité de chacun envers tous, et non comme une assistance.

Nous avons recensé sur le site du collectif près de 200 actions de cette nature. (voir ici). Ces actions font grandir une culture de la confiance de la fraternité qui rassemble, au lieu de développer une « culture de l’anxiété » qui divise. Elles montrent que l’égalité et la liberté ne trouvent leur sens que dans un contexte de fraternité.

Echos des luttes

La Confédération paysanne interpelle les députés européens : la PAC doit devenir l’outil de la transition agro écologique

Tout laisse à penser que le projet de nouvelle PAC ne sera pas à la hauteur des enjeux agricoles, alimentaires et environnementaux, pourtant connus de tous. Les ministres de l’Agriculture de l’Union européenne se sont réunis le 19 octobre pour débattre de la réforme de politique agricole commune (PAC). De ce Conseil doit émerger une orientation générale commune sur les trois règlements prévus dans le cadre de la nouvelle PAC. Mercredi 21 octobre a débuté l’examen du projet au Parlement européen.

La Confédération paysanne lance un appel aux députés européens pour que la future PAC devienne PAAC (politique agricole et alimentaire commune) et soit l’outil de la transition agroécologique, avec un plafonnement des aides, une redistribution en faveur des petites fermes, et des aides obligatoires aux pratiques environnementales vertueuses. Voir ici sa position.

La marche des sans-papiers est arrivée à Paris samedi 17 octobre.

Après vingt-sept jours de marche à travers la France pour réclamer davantage de droits, les sans-papiers et leurs soutiens ont achevé leur parcours à Paris hier, samedi 17 octobre, en passant par Phalsbourg, Sarrebourg, Nancy, Metz, Verdun…

Cette marche à donné une importante visibilité à leur mouvement, à travers une lettre ouverte au chef de l’État signée par près de 300 organisations. Mais les marcheurs n’ont obtenu aucune réponse d’Emmanuel Macron

Voir ici l’article de Médiapart

Marche sans papiers

La marche lente de XR contre l’immobilisme climatique et  le retour des néonicotinoïdes

Les militants d’Extinction Rebellion ont organisé le mardi 13 octobre une série d’actions à Paris. L’objectif : faire une marche lente et occuper un lieu central dans la capitale – le ministère de la Transition écologique.

Marche lente, à l’image des scandaleux trois pas en arrière du gouvernement sur la restauration les néonicotinoïdes, ce puissant pesticid, tueur d’abeilles, pollueur des cours d’eau, destructeur de notre écosystème, pour préserver la rentabilité des industries de la betterave victime de la jaunisse.

A l’image aussi de son immobilisme face à l’urgence écologique parallèle à sa nocivité face à l’urgence sociale « Nous ne sommes pas les extrémistes, les extrémistes sont ceux qui défendent le culte d’une croissance infinie de ce qui nous détruit ! Cette première tentative a toute la solidarité du collectif Changer de cap . Voir ici l’article de Reporterre

XR 13 oct

Les associations citoyennes reprennent le combat contre les contrats à impact social

En 2015, le collectif des associations citoyennes avait dénoncé avec succès la volonté du gouvernement de mettre en place des contrats à impact social, véritables partenariats public-privé mettant sous tutelle le monde associatif (voir ici).

La nouvelle secrétaire d’État à l’ESS, Olivia Grégoire, a remis le couvert malgré l’échec de la première tentative. 10 millions d’euros sont dégagés pour un premier appel à projets. L’opération reste limitée au regard du montant des subventions aux associations, de l’ordre de 17 milliards d’euros, mais gageons que le groupe SOS, proche du Président, ne sera pas absent des réponses. Il avait largement bénéficié des premiers appels d’offres.  Voir ici le communiqué commun du CAC et du MES

21 octobre : pour protester contre la situation intenable des musiciens, les artistes du SNAM offrent un « Concert à Roselyne »

Les musiens ont donné concert sous les fenêtres de la ministre de la culture, le 21 octobre, pour revendiquer le maintien du lien social culturel pendant le couvre feu en demandant une exception pour les concerts comme pour les cinémas, les films et les théâtres. « Nous nous sommes tus, en essayant de sauver nos structures, en nous adaptant. Nous avons drastiquement adopté les mesures sanitaires demandées. Aucun foyer de contamination n’est parti d’une salle de spectacle »

Ils réclament que les billets de spectacle puissent servir de laisser-passer pour regagner son domicile à l’issue d’un spectacle, que l’année blanche décidée pour les intermittents du spectacle soit prolongée, que les ensembles musicaux soient refinancés et que les musiciens bénéficient du chômage partiel. Le gouvernement accepte déjà de nombreuses dérogations pour que les millions de salariés qui ne sont pas en télétravail soient autorisés à circuler librement. Deux poids, deux mesures. Voir ici pour en savoir plus

Quelques victoires

 

Pourquoi, dans ces temps moroses, ne pas se réjouir des bonnes nouvelles ? Il y en a plusieurs que la Lettre se faire plaisir de vous restituer, même si souvent vous les avez déjà lues.

Le parti d’Evo Morales reprend le pouvoir en Bolivie

Il y a un an, un coup d’État manipulé avait obligé Evo Morales à partir en exil, avec de nombreuses violences dans les mois qui ont suivi. Si le résultat définitif n’est pas encore connu, la victoire de Luis Arce, candidat du mouvement vers le socialisme ne fait aucun doute avec 52 % des voix contre 30 % à son adversaire.

C’est la forte participation, notamment celle des populations andines et du peuple des villes, qui a permis cette victoire, qui est d’abord victoire de la démocratie.

Rappelons que lors de la période précédente le gouvernement d’Evo Morales avait réussi à faire chuter le pourcentage de pauvres de 48 à 13 % dans les villes et de 80 à 55 % dans les campagnes.

Evo Morales a salué la victoire de son dauphin, a remercié le peuple bolivien. « Nous avons passé un cap important, nous avons récupéré la démocratie et l’espoir ». Mais beaucoup reste encore à faire. Voir ici l’article de La Croix

Bolivia's leftist presidential candidate Luis Arce (C), of the Movement for Socialism party, celebrates with running mate David Choquehuanca (R) early on October 19, 2020, in La Paz, Bolivia. - Bolivian presidential candidate Luis Arce, the leftist heir to former leader Evo Morales, appeared headed to a first-round election victory on October 18, 2020 with 52.4 percent of the vote, according to an authoritative exit poll from TV station Unitel. (Photo by RONALDO SCHEMIDT / AFP)

Retour sur une victoire écologique : le sauvetage de la Serre de la Fare

Dans une BD « L’eau vive — Un grand combat écologique aux sources de la Loire », Alain Bujak et Damien Roudeau racontent comment de simples citoyens ont fait face aux grands lobbies et à la puissance politique et publique pour préserver la Serre de la Fare site naturel, dans la vallée de la Haute-Loire.

Alain Bujak est allé à la rencontre des hommes et des femmes qui ont combattu ce projet de construction mais surtout qui ont su proposer d’autres solutions capables de se protéger des crues du fleuve tout en préservant cet espace naturel et ces paysages exceptionnels au sein de l’association Loire Vivante.

Voir ici la présentation et  l’article de Reporterre

Le Parlement européen donne un coup d’arrêt à l’accord UE-Mercosur

Une petite majorité de députés européens s’est prononcée contre la ratification, en l’état, de l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur, mardi 6 octobre. Le commissaire désigné au Commerce, Valdis Dombrovskis, a assuré que le processus de ratification de l’accord ne serait pas poursuivi tant que l’UE n’aurait pas obtenu des engagements du Mercosur, en particulier du Brésil, en matière de lutte contre la déforestation. Si ce vote introduit le début d’une remise en cause, ce n’est pas une victoire définitive.

Pour y voir clair, le collectif Stop TAFTA a fait un dossier en 10 questions 10 réponses. Voir ici le dossier

Livres, films, vidéos

Allô Bercy, le premier chapitre du Vrai bilan du CAC40, édition 2020

Si vous l’aviez manqué et pour vous faire patienter jusqu’à la parution complète du rapport Le vrai bilan du CAC 40, édition 2020, voici le premier chapitre, Allô Bercy ? Aides publiques : les corona-profiteurs du CAC40. Un travail de longue haleine qui a commencé en avril avec les signalements de Maxime Combes sur Twitter et qui a abouti à la publication d’un rapport de 16 pages, #AlloBercy, la semaine dernière. Allô Bercy : ces entreprises du CAC40 qui profitent sans contrepartie des aides publiques Covid

 Corona-profiteurs : ruissellement d’aides publiques à ceux qui continuent de carboniser le climat

Du cap aux grèves, par Barbara Stiegler

Malgré le naufrage et la multiplication des alertes, « le Cap est inchangé, et tout doit s’y adapter » Malgré les alertes, les évidences, c’est le leitmotiv du grand jeu de la mondialisation. Barbara Stiegler nous livre, entre réflexions théorique et récit personnel de son engagement, sa traversée du mouvement des Gilets jaunes et des grèves contre le projet Macron contre nos retraites.

Dans ce court ouvrage, Barbara Stiegler raconte la réalité physiques des luttes, des êtres et des lieux ainsi que la nécessité de réinventer notre mobilisation là où nous sommes, en commençant par transformer les endroits précis et concrets de nos vies. Voir ici la présentation par l’auteure

Editions Verdier, 7 euros

Ruses de riches, le dernier livre de Jean-François Draperi

Le sous-titre est explicite « Pourquoi les riches veulent maintenant aider les pauvres et sauver le monde ? »

Entre 5 000 et 13 000 milliards de dollars par an : bienvenue dans le monde très cynique du business social… Le business social c’est l’application des méthodes du capitalisme financier aux activités sociales. C’est l’action des des grandes fondations, les start-ups sociales et l’art de détourner le sens des mots qui ont un sens (émancipation, environnement, écosystème, coopération, intérêt général). Un risque ? : la mort du lien social. Une conséquence ? : l’augmentation de la fortune des plus riches et l’accroissement des inégalités (voir plus haut le retour des contrats  à impact social)

Ce livre ne critique évidemment pas la sincérité des projets des start-ups sociales, mais il nous alerte sur l’un des nouveaux visages du capitalisme pour que nous ne participions pas involontairement à une idéologie que nous réprouvons profondément. Exemples à l’appui, il rappelle qu’il existe depuis longtemps des alternatives efficaces, fondées sur un autre modèle que combattent les riches.

Essais Payot, 19 € . Voir ici

Un pays que se tient sage film de David Dufresne

De nombreuses manifestations citoyennes font l’objet d’une répression de plus en plus violente, alors que s’accroissent la colère et le mécontentement devant les injustices sociales. « Un pays que se tient sage »invite des citoyens à approfondir, interroger et confronter leurs points de vue sur l’ordre social et la légitimité de l’usage de la violence par l’État. Voir ici la présentation du film

Le film sera projeté le mardi 10 novembre à 18h  au cinéma Chaplin Saint Lambert à Paris 15 par la DDH du 15ème  Voir ici

Cinq mains coupées, un petit livre percutant de Sophie Divry donne la parole à 5 manifestants mutilés

A partir d’entretiens réalisés entre septembre 2019 et février 2020 avec cinq manifestants qui ont perdu leur main droite après avoir été atteints par des grenades lors du mouvement des gilets jaunes, l’auteure a composé, en s’en tenant à leurs seuls propos, un chœur qui raconte l’histoire de ces cinq Gilets Jaunes mutilés. Tous droitiers. Des grenades bourrées de TNT ont arrachées ces mains droites. Ils racontent leurs histoires. Leur histoire. En chœur tragique. Celle d’un pays qui est devenu une dictature (presque) réussie.

Sophie Divry, Cinq mains coupées, Editions du Seuil, octobre 2020, 122 pages, 14 euros Voir ici une présentation

Cette lettre ne dit pas tout : vous en trouverez beaucoup plus sur le site en allant ici

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