Solidarité et fraternité

Créer un réseau d’échanges de savoirs

Un réseau d’échanges de savoirs repose sur la conviction que chacun a quelque chose à apprendre des autres, et que chacun peut apprendre des choses à d’autres. Sur ces principes se développement des échanges de dons gratuits, réciproques et conviviaux (sans comptabilité ni monnaie virtuelle) au sein de groupes de 20 à 100 personnes. Plusieurs centaines de groupes sont rassembles dans FORESCO, qui propose des méthodes, des échanges d’expériences et réflexions. Les échanges au sein d’un réseau montrent que la gratuité et le désintéressement sont des valeurs fortes de notre société, quoi qu’on dise. Le besoin de lien fraternel et de convivialité est aussi fort que le besoin d’apprendre ou de transmettre.

Voir le site  https://www.rers-asso.org/ 91000  EVRY

n°89 ; 2010

Faire un système d’échanges local, lieu d’échanges et de convivialité (exemple de Villeneuve-d’Ascq parmi bcp d’autres)

L’ARBRE » le S.E.L. de Villeneuve d’Ascq, constitue depuis 20 ans un lieu d’échanges et de convivialité. Un groupe de personnes échangent des biens, des savoirs et/ou services (hébergement ponctuels, covoiturage), sans argent, mais avec une monnaie virtuelle. Lieu de convivialité, le SEL est aussi une école de la démocratie participative, et de consommation responsable et d’éducation populaire. C’est une alternative à la consommation à tout va (prêt, recyclage, réparation), à l’isolement (lieu de convivialité et d’échanges), une réflexion sur nos compétences qui ont toutes de la valeur dans un SEL, une incitation à la prise de responsabilités (les SEL sont autogérés, les tâches sont réparties), une valorisation du bénévolat et de l’échange (je donne, je reçois) et enfin une réflexion sur l’argent (création de monnaie au moment de l’échange. Un cadre est nécessaire pour empêcher les abus, réguler les conflits et de prendre des décisions collectives. Des permanences hebdomadaires, chaque samedi, se tiennent au centre social du centre-ville de Villeneuve-d’Ascq. Elles sont ouvertes à toute personne qui souhaite avoir des renseignements ou participer à des échanges. L’association est également en lien avec de multiples « bonnes adresses » qui favorisent la participation de ses membres à de multiples actions porteuses d’alternatives.

Voir ici l’exemple de Villeneuve d’Asq 

N°56 ; 2017

Créer un lieu de vie dans un quartier ou un village autour d’un café associatif 

Plusieurs exemples de cafés associatifs autogérés montrent qu’il est possible de créer un lieu de vie dans un village ou dans un quartier, à l’initiative des habitants.  En 2018, un café associatif à direction collégiale, la Brass’VIE s’est créé à Jupilles (Sarthe), village de 600 habitants, à 35km du Mans. L’existence d’un lieu a permis la multiplication d’un grand nombre d’activités : un service de bar et de restauration associative favorisant les produits locaux, cohérents avec les enjeux écologiques actuels quelques chambre(s) d’hôte(s) à prix réduits, un service de dépôt vente de produits locaux, une bibliothèque associative

Une salle de rencontre avec du matériel permet de faire revivre l’éducation populaire à travers des événements artistiques, éducatifs, culturels, ludiques, musicaux, cinématographiques, historiques, scientifiques, écologiques, artisanal, touristique, informatique, ou tout autre thème permettant de pratiquer et de faire vivre l’éducation populaire, Des chantiers participatifs et un jardin collectif complètent ce tableau d’activités très variées, qui se multiplient à l’initiative des habitants, sous leur responsabilité. Voir ici la présentation Pour prendre contact c’est le 06 11 61 93 95

Une solidarité active avec les migrants en zone rurale

Norrent-Fontès est une petite commune traversée par l’autoroute qui mène à Calais, à 60km.  Terre d’Errance, est une petite association de « chtis » née spontanément au vu de la détresse de celles et ceux qu’on appelle « les migrants », ces personnes exilées en transit qui traversent la France à la recherche d’un endroit où trouver refuge. L’association intervient plus particulièrement dans les campements de Norrent-Fontes et de Chocques, deux villages situés le long de l’A26, entre Béthune et Saint-Omer, dans les Hauts de France. Depuis la fin des années 90, des exilés sans refuge survivent dans les villages proches de l’aire de services de Saint-Hilaire-Cottes sur l’A26, pour tenter d’entrer dans les camions en partance de Calais, vers la Grande-Bretagne. En février 2007, un collectif d’aide est créé, qui s’organise pour apporter de l’eau, des vêtements et de la nourriture, amener des tentes. Terre d’Errance a trois objectifs : défendre les droits des personnes migrantes et de celles qui les soutiennent, informer et sensibiliser l’opinion publique sur le sujet des migrations internationales, venir en aide aux exilé.e.s en transit, sur le plan humanitaire et social. Étant données les carences des autorités en la matière, c’est cet objectif qui prend le plus de temps. Les quatre activités principales d’urgence humanitaires sont la récupération de dons, le tri, la distribution, le ramassage et la lessive de vêtements, la récupération de nourriture et la distribution au camp, les soins, dispensés quasi quotidiennement par un médecins et trois infirmièr.e.s bénévoles, les douches hebdomadaires à Lillers et à Isbergues, la cons duite des exilé.e.s du camp à la gare (7km), au supermarché (6km), à la laverie (6km) ou à l’hôpital (25km).

Voir ici la présentation

62120 Norrent-Fontes ; n° 168 ; 2017

Karibu (92), un lieu de vie partagé avec des personnes en grande précarité

Depuis 1975, Olivier accueille des personnes d’origine africaine, en grande précarité et marginalité dans le pavillon qu’il habite à Meudon (92), avec la volonté de vivre simplement et fraternellement avec les exclus. En moyenne 12 personnes sont hébergées, enfants compris. Les familles hébergées sont totalement indépendantes, font courses, cuisine et ménage. Elles travaillent pour la plupart pendant que les enfants sont gardés en crèche ou à l’école. L’association organise également des activités de loisirs, des sorties baignade à Fontainebleau, des fêtes de quartier. Elle soutient l’insertion des familles, la valorisation de la culture africaine. Elle maintient le lien avec les anciennes familles hébergées et leur parenté. Pour son promoteur,  « chacun à en lui les ressources pour accomplir sa vie et participer à la construction d’un monde plus humain ».

Pour en savoir plus ou prendre contact lire ici

92190 MEUDON; n° ; 2019

La Demeure des 2 Ruisseaux, lieu de vie et d’entraide réciproque

L’association « la Demeure des Deux Ruisseaux » accueille et accompagne à Arnas, dans l’agglo de Villefranche-sur-Saône, (69400), 7 résidents âgés de 50 à 75 ans, qui connaissent ou ont connu un handicap psychique. Les résidents s’organisent librement, avec l’aide de la maîtresse de maison, pour effectuer par eux-mêmes leur ménage et celui des parties communes, faire leurs courses et préparer les repas. On constate à travers 30 ans d’expérience que la mise en œuvre par les résidents d’un véritable projet de vie autonome et responsable est porteuse de responsabilité, d’entraide et de sécurité, tant pour les personnes elles-mêmes que pour les familles. La plupart des résidents qui étaient considérés comme des malades vivent en autonomie dans une structure non médicalisée, et s’en trouvent plutôt mieux. il existe entre les résidents une grande tolérance et une entraide réciproque, en même temps qu’une connaissance mutuelle et une grande fraternité. Lire  l’article et prendre  contact

 

GEM : Des échanges d’expériences pour lutter contre l’isolement des personnes affectées par un handicap psychique

Des Groupes d’Entraide Mutuelle se sont mis en place depuis 2005 pour créer des liens et lutter contre l’isolement des personnes affectées par un handicap psychique ou souffrant de lésions cérébrales, leurs amis et leurs familles. Ils permettent de prendre du recul grâce à des échanges d’expérience bienveillants. A partir de connaissances partagées, ces groupes se ré-interrogent sur les valeurs à promouvoir, y compris en termes de citoyenneté. Le handicap psychique pouvant avoir pour conséquence l’incapacité à élaborer des demandes et projets personnalisés, il s’agit de rechercher avec tous les partenaires de la cité les moyens de permettre aux handicapés psychiques de développer des liens durables et d’acquérir une place dans la cité. Par ex. ici les GEM mis en place avec l’UNAFAM de l’Aveyron voir ici le site . Vous pouvez contacter Jacqueline, déléguée départementale  12@unafam.org

Mais il existe plusieurs centaines de GEM en France Voir ici la carte avec les coordonnées

n°67 ; 2014

Médiation, accompagnement des immigrés retraités seuls

De nombreux migrants, principalement des hommes algériens, restent en France lorsqu’ils arrivent à la retraite. Souvent isolés, ignorant leurs droits, ils vivent difficilement dans des foyers de travailleurs. L’association « Médiation, Accompagnement des VIeux immigrés Seuls » (MAVIS), créée depuis 2006, leur offre une grande bouffée d’air à travers diverses activités : sorties au cinéma, promenades, cours de remise à niveau en arabe et en français, jardinage… Grâce à une vingtaine de bénévoles motivés, MAVIS répond également à des appels d’urgence, pour un problème administratif ou un accident. Le Conseil Général apporte à l’association un soutien qui permet de rémunérer un directeur et monter de nouveaux projets. Un groupe de travail a été constitué au niveau départemental pour impulser l’adaptation des logements en foyer aux problèmes liés au vieillissement (accessibilité, aide sociale, intervention des services de maintien à domicile …).

Voir ici l’article

54000  NANCY

N°136 ; 2009

Des lieux à vivre pour se remettre en selle

Depuis 2013, l’Arche d’Alice (association pour le logement, l’insertion, la citoyenneté et l’entraide) est un accueille des personnes en situation précaire dans un lieu à vivre, sans aucune aide financière. Il est composé d’un hébergement sur place, avec quatre mobile-homes aménagés pour une famille ou pour deux personnes et 4 caravanes, d’une aire de sanitaires avec des douches, une buanderie et une cuisine collective, ouverte également à des personnes précaires non résidentes (ouvriers agricoles, squatters),  un jardin potager biologique, un atelier de réparation d’objets divers et hétéroclites, véritable défi au génie du bricoleur éclairé. 

C’est un espace communautaire et fraternel, dont la base est le vivre et le faire ensemble. L’association effectue des maraudes (2 fois par semaine) et distribe des repas. En 4 ans, en janvier 2018, 28 sans domicile avaient intégré le lieu à vivre pour quelques jours, quelques mois, d’autres pour une année voire plus. Rares sont ceux qui étaient retournés à la rue (5 en tout). Les uns avaient acquis un certificat professionnel et avaient pu intégrer le monde du travail, trouver un logement, d’autres encore avaient été orientés vers des structures sociales partenaires où nous ils résident encore. Voir ici la page facebook de l’Arche d’Alice

Il existe dans le sud de la France 8 autres lieux à vivre similaires. Uniquement basées sur l’implication de ses bénévoles et résidents, toutes les activités sont possibles grâce à l’adhésion à l’éthique que propose la charte des lieux à vivre (voir le cahier de Voisins et Citoyens en Méditerrannée (VCM) Les Lieux à vivre, où l’on trouvera une présentation de différents lieux à vivre, une réflexion approfondie et la charte commune)

83600 FREJUS ; n°228 ; 2018

Les Alouettes, une maison pour se comprendre

Créée en 1965 par Marie-Jeanne Coloni, les Alouettes ont participé dans les Grands Ensemble bordant le Plateau de Saclay à l’éducation d’un millier et demi de jeunes. Moins d’une vingtaine semblent avoir raté l’accès à une vie normale, honnête et heureuse. Aujourd’hui beaucoup d’anciens jeunes sont ouvriers qualifiés, infirmières, éducateurs, professeurs. Outre leurs enfants, les Alouettes soutiennent les familles perturbées par un ensemble complexe de trop lourdes difficultés (voir ici le livre « les enfants seuls ») et étendent une influence amicale sur tout le quartier. Elles sont fixées depuis 1992 dans le quartier des Larris, à Palaiseau,  Les Alouettes, c’est  un laboratoire de convivialité, un lieu d’appartenance, un espace où des jeunes reconstruisent leurs liens avec la vie sociale. Ce petit pavillon constitue un havre de paix au milieu d’un quartier sur lequel les autorités ont peu de prise.  La maison, ouverte à tous, enfants, parents et, aînés, contribue à rompre l’isolement des enfants en réconciliant les différentes générations. Elle soutient l’adaptation des plus jeunes à l’école et au voisinage pour les rendre actifs dans la Cité et prépare la mise au travail des jeunes par des partenariats avec les entreprises. Le Conseil d’Administration est formé de membres ayant eu des contacts prolongés avec différents pays. Cet exemple montre comment il est possible d’établir des lieux de confiance et de d’émancipation malgré les difficultés accumulées.

Malheureusement, les Alouettes ont été mises en liquidation en mars 2019, alors que Marie-Jeanne Coloni disparaissait. Mais  l’enseignement des Alouettes reste transposable.

Voir et télécharger  la publication de RECIT  Les Alouettes, une maison pour se comprendre 2010, (95 pages) publié en 2010 (il reste quelques ex de la version imprimée. A commander sur contact@changerdecap.com )

n° 123 ; 2016

Comment le réseau La Cloche rend les personnes en situation d’exclusion actrices de la solidarité

Le réseau La Cloche organise le passage à l’action des personnes en situation d’exclusion afin de leur permettre d’être actrices de la solidarité, retrouver confiance en elles et dignité, exprimer leurs opinions, accéder à la culture, se sentir utile et renouer des liens avec la société. Ces actions sont menées main dans la main avec des citoyens engagés dans la lutte contre la grande exclusion, à travers le changement de regard et la création de lien social, en complément des pouvoirs publics et des professionnels de terrain et avec un travail d’information et de formation des citoyens bénévoles.

La Cloche a aujourd’hui ce sont 8 antennes locales : Paris, Lille , Strasbourg, Nantes, Lyon, Bordeaux , Toulouse, Marseille ; 8 lieux d’accueil et d’action fixes et réguliers. Voir le site pour en savoir plus rencontrer nos équipes, vous informer sur le réseau, obtenir des listes des commerçants solidaires, mais aussi pour discuter et échanger

Quelques exemples :

En 2008, à Nantes, Serge dit Le Gaulois, SDF depuis 10 ans, et Yannick, son ami, créent la première « chorale Au Clair de la Rue » afin d’accompagner les morts de la rue lors de leurs funérailles. A Paris, depuis  2017, les choristes avec et sans domicile se retrouvent une fois par semaine pour répéter, aux côtés d’une cheffe de chœur et d’une pianiste et se représentent en public plusieurs fois par mois. 

 

A Lille: depuis 2016 la Soupe Impopulaire, préparée par des personnes avec et sans domicile à base d’invendus du quartier, permet aux personnes sans domicile d’être actives et actrices de leur quartier.

Des services numériques sont proposés gratuitement aux SDF et publics précaires : se connecter au wifi, scanner des documents, recharger son smartphone, utiliser un ordinateur… avec un appui pour l’utilisation de ces services.