Conséquences de la privatisation des barrages

Ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques : surcoûts , risques et mise à mal de la transition énergétique.

La directive européenne de 1996, appliquée progressivement dans le droit français depuis 2000, a imposé la mise en place d’un marché pour l’électricité et le gaz, en remplacement du monopole public qu’était EDF-GDF. EDF est donc passé sous statut privé et a dû céder progressivement des « parts de marché » à des acteurs privés. Ce marché de l’Énergie est aujourd’hui inscrit dans le Traité Constitutionnel Européen.

Dans ce contexte, la France est sommée par l’Europe d’ouvrir à la concurrence ses grands barrages hydroélectriques. Depuis plus de 10 ans, ce dossier piétine, ponctué par des mises en demeure de la Commission Européenne et des négociations opaques entre le gouvernement et Bruxelles, malgré une forte opposition des parlementaires. Aucun autre pays développé n’est allé dans cette voie, mais les choses pourraient s’accélérer : tous les outils législatifs sont déjà en place pour permettre cette mise en concurrence.

L’éclatement d’EDF en deux filiales distinctes est prévu, avec d’un côté une entreprise renationalisée comportant le parc nucléaire et peut-être les grands barrages, et de l’autre, une partie privatisée comprenant le reste des activités d’EDF (autres productions renouvelables, commercialisation, service, distribution), pourrait certes sauver les grands barrages, mais, en contrepartie, livrer les autres ouvrages hydrauliques au privé.

La mise en concurrence des barrages comporterait non seulement des risques similaires à toute délégation de service public, dont on constate les échecs (autoroutes, eau potable, rail, certains aéroports…), mais également des risques particuliers du fait de la complexité de gestion de cette ressource et de son caractère stratégique.

Voir le film de Nicoles Ubermann https://reporterre.net/Le-film-Barrages-l-eau-sous-haute-tension-en-acces-libre

Voir aussi ici le documentaire de France TV :