Propositions logement et hébergement du DAL. 8 mai 2020
Recueillies par Evelyne Perrin (Stop Précarité)

Situation actuelle et à venir

Hébergement :

Si 170 000 sans abris sont hébergés en accueil général et 100 000 comme demandeurs d’asile, il reste sous confinement environ 100 000 personnes dehors, en bidonville, en squat ou à la rue, dont de grands marginaux sans accompagnement social. Le tribunal administratif de Paris a du ordonner à la Ville de Paris d’héberger et accompagner les mineurs étrangers isolés. La situation sanitaire en foyer de travailleurs migrants est très grave.

Logement social :

Il y avait déjà avant le confinement 1,2 millions de locataires en situation d’impayés de loyer. Depuis la mi-mars, plus de 4 millions de ménages locataires ont vu leur revenu baisser ou disparaître. Il faut éviter une grosse vague d’expulsions locatives dans les mois qui suivront la levée du confinement, car 2,5 millions de ménages, soit 6 à 7 millions de personnes vont avoir du mal à payer leur loyer selon une étude de Pierre Concialdi (IRES).*
Le gouvernement n’a débloqué aucune aide aux locataires en difficulté de paiement.

Revendications/propositions

Si la trêve hivernale et les hébergements hivernaux ont été prolongés jusqu’à fin mai, c’est insuffisant car il faut les prolonger sur toute l’année, comme le demandent la FNARS et le DAL.
Il faut une année blanche des expulsions locatives, réclame le DAL.
Il faut aussi pour le DAL mettre en place un moratoire des loyers pour les locataires en difficulté, comme l’ont fait l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Suisse., ainsi qu’un moratoire des traites des petits propriétaires dont les revenus ont chuté.
Le DAL a lancé un appel à la suspension des loyers, au moins temporaire, pour les locataires en difficulté et aussi des locataires ou propriétaires accédants solidaires : www.loyersuspendu.org 
Il faut ouvrir des places supplémentaires en centres d’hébergement, pour la FNARS, la Fondation Abbé Pierre et le DAL.
Il faut construire des logements très sociaux en plus grand nombre : doubler la production actuelle qui n’est que de 35 000 PLAI par an
Il faut réquisitionner les logements vides mais la loi de réquisition doit être modifiée pour ne pas permettre qu’ils soient récupérés au bout de 5 ans avec une plus-value.
La FNARS et la Fondation Abbé Pierre demandent à l’Etat de créer un Fonds de solidarité logement de 200 millions d’euros. Le DAL estime le besoin à 500 millions d’euros par mois afin de soutenir les locataires en difficulté et permettre aux bailleurs très sociaux et petits bailleurs d’effacer des dettes de loyers.

Confinement, récession et baisse des revenus : Quel impact des charges fixes de logement sur les contraintes budgétaires des ménages ?

IRES, avril 2020