16 mai 2020

ATTAC Commission santé protection sociale

Revendications des chômeurs et précaires face à la crise économique

 

Situation actuelle et à venir

La situation des chômeurs et précaires était déjà très dégradée avant la crise sanitaire.

On comptait entre 6 et 9 millions de chômeurs, mais sur 5,4 millions inscrits à Pôle emploi en catégories A, B et C, moins de 3 millions étaient indemnisés par l’Unedic, soit 42 % des demandeurs d’emploi inscrits, avec une indemnité moyenne brute de 1187 euros par mois mais 1051 pour les femmes. Une majorité de personnes sans emploi étaient donc privées de revenu de substitution.

La précarité des emplois ne cessait de se développer sous de multiples formes, plus de 80 % des embauches étant des CDD ou des missions d’intérim.

La réforme de l’assurance chômage imposée par décret l’été 2019 s’est appliquée le 1/11/2019 pour son premier volet allongeant de 4 à 6 mois ( sur 24 mois et non plus 28) la durée de travail pour ouvrir des droits et rendant impossible le rechargement , avec pour effet l’exclusion d’environ un demi million de chômeurs. Le second volet instaurant un nouveau mode de calcul et une baisse très importante des allocations, prévu le 1er avril et reporté au 1er septembre 2020, amputerait ou supprimerait les indemnités de 850 000  chômeurs.

Or la crise économique entraînée par la pandémie va faire exploser le nombre de chômeurs et précaires, le nombre d’inscrits ayant déjà bondi de 7% en mars. Des milliers de CDD, de vacataires et intérimaires ne  verront pas renouveler leurs missions et contrats. Si les droits aux allocations ARE et ASS ont été prolongés jusqu’à fin mai, une majorité de chômeurs et précaires ne percevront aucune aide, l’aide d’urgence de 150 euros par ménage plus 100 euros par enfant mise en place en avril étant réservée aux allocataires RSA et ASS.

Quant aux jeunes de moins de 25 ans, l’aide exceptionnelle de 200 euros annoncée début mai est réservée aux étudiants ayant perdu leur travail ou stage, aux ultramarins

n’ayant pu rentrer chez eux et aux jeunes touchant l’APL.

Les intermittents du spectacle ont obtenu le 6 mai une prolongation de leurs droits jusqu’au 31 août 2021; mais cette mesure ne touche pas les autres intermittents et précaires ou permittents notamment de l’hôtellerie- restauration et de la culture.

Revendications des chômeurs et précaires

Plusieurs revendications sont portées par l’ensemble du mouvement social, des associations de chômeurs et précaires et des syndicats de chômeurs et de Pôle emploi, :

– Le retrait de la réforme de l’assurance chômage, soit l’abrogation des décrets du 28 décembre 2018 et du 26 juillet 2019, et l’arrêt des contrôles, radiations et sanctions frappant les demandeurs d’emploi (annulation des trop-perçus).

– La prolongation des droits ouverts à l’assurance-chômage sur un an et l’ouverture de droits pour tous les sans emploi du fait de la crise sanitaire

– L’indemnisation décente de toutes les formes de chômage et précarité par la création immédiate d’un revenu garanti inconditionnel à hauteur du Smic

– L’ouverture des agences Pôle emploi à temps plein et l’embauche d’agents assurant le suivi personnalisé des demandeurs d’emploi

– La création d’un Fonds social d’urgence de 10 milliards minimum pour l’aide aux chômeurs et précaires impactés par la crise sanitaire.

– Un financement de l’assurance-chômage basé sur la cotisation sociale et intégrant les profits des entreprises et dividendes versés, et la suppression de toutes les exonérations de charges sociales accordées aux entreprises

– La transformation en CDI des CDD et vacations à répétition et un plan de titularisation des contractuels du secteur public

– L’accès de tou-te-s à une formation professionnelle librement choisie et correctement rémunérée et le retour au compte personnel de formation en heures

– Une augmentation de tous les minima sociaux ( RSA, ASS, AAH, AER, ASPA) à hauteur de 1000 euros pour une personne seule (seuil de pauvreté) et l’extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans.

– La réduction du temps de travail comme base d’une politique de l’emploi, avec le retrait des ordonnances du 25 mars 2020 allongeant la durée du travail, le retour immédiat à 32H par semaine.

– L’accès à une retraite décente à taux plein par validation des trimestres non travaillés ou au RSA

– La gratuité des transports pour les chômeurs et précaires.

– La réquisition des logements vacants, un moratoire des loyers et une interdiction des expulsions locatives pour les ménages en difficulté jusqu’à fin 2020